La mesure de la pression artérielle est un geste non invasif qui évalue la pression exercée par le sang sur la paroi des artères. Elle distingue la pression systolique, mesurée lors de la contraction du myocarde, et la pression diastolique, mesurée lors de son relâchement.

La prise de tension se réalise avec un tensiomètre électronique ou manuel validé (CE), un brassard gonflable adapté à la circonférence du bras et un patient au repos en position assise ou allongée. Le brassard est placé au-dessus du pli du coude, à hauteur du cœur.

Pour l’infirmier(e), une mesure fiable conditionne le suivi et le diagnostic de l’hypertension artérielle ou d’autres anomalies. Une erreur d’appareil de mesure, de position ou de méthode fausse le chiffre transmis.

Cet article détaille le tensiomètre recommandé, la technique pour mesurer la pression artérielle et les erreurs de mesure à éviter.

Tensiomètre et brassard pour mesurer la pression artérielle 

Pour mesurer la pression artérielle, l’appareil recommandé est un tensiomètre électronique à manchon gonflable huméral, validé et portant le marquage CE.1 Le brassard (ou manchon) doit être adapté à la circonférence du bras du patient : une mauvaise taille est une cause majeure d’erreur.1,2

Tensiomètre électronique au bras ou au poignet

Le tensiomètre électronique huméral est recommandé en première intention.1 Cet appareil utilise la méthode oscillométrique (basée sur les variations de pression du brassard), qui remplace progressivement la méthode auscultatoire manuelle. 

Le tensiomètre au poignet expose à plus d’erreurs d’utilisation, car le poignet doit être maintenu à hauteur du cœur pendant toute la durée de l’examen.1,2

Le tensiomètre manuel auscultatoire garde sa place en cas de doute sur la fiabilité du résultat, notamment en présence d’une arythmie, d’une prééclampsie et chez l’enfant.1 

En cas de fibrillation atriale par exemple, les appareils oscillométriques ne sont pas toujours adaptés et la méthode auscultatoire est préférée quand elle est réalisable.2 Elle est réalisée par le repérage des bruits de Korotkoff à l’aide d’un stéthoscope, technique détaillée dans la section dédiée « mesure manuelle de la pression artérielle au stéthoscope ». 

Bien choisir la taille du brassard

La circonférence du bras se mesure à mi-distance entre l’olécrane (pointe du coude) et l’acromion (épaule).2 Le manchon doit être choisi selon cette circonférence : la partie gonflable doit entourer presque tout le bras en longueur, sans être trop étroite ni trop large.2 

À titre de repère, l’European Society of Cardiology (ESC) recommande une longueur couvrant 75 à 100 % de la circonférence du bras et une largeur couvrant 35 à 50 % de cette circonférence.2 Un brassard trop petit surestime la pression sanguine, tandis qu’un manchon trop grand la sous-estime.2

Chaque service devrait disposer d’au moins trois tailles de brassard pour couvrir l’ensemble des morphologies rencontrées.1 L’American Heart Association (AHA) distingue quatre tailles adultes en fonction de la circonférence du bras : 3 

  • 22 à 26 cm.

  • 27 à 34 cm.

  • 35 à 44 cm.

  • 45 à 52 cm.

En France, ils sont généralement repérés par des tailles S (enfant), M, L et XL, mais les plages en centimètres varient selon les fabricants : il faut donc vérifier l’indication imprimée sur le dispositif et/ou consulter le mode d’emploi du fabricant. 

Point de vigilance :

Les brassards sont spécifiques à chaque tensiomètre oscillométrique : il faut utiliser uniquement ceux validés pour l’appareil, selon les recommandations du fabricant.1

Cas particulier : la mesure invasive par cathéter artériel

En réanimation, en soins continus ou au bloc opératoire, la pression artérielle peut être mesurée de façon invasive et continue à l’aide d’un cathéter artériel.4 Cette technique fournit une valeur continue et permet de surveiller plus étroitement les patients en état critique, notamment en cas d’instabilité hémodynamique ou d’utilisation de traitement vasoactif.4

Quel bras choisir pour prendre la tension ?

Avant l’examen, l’infirmier(e) vérifie si une contre-indication à la réalisation de l’examen est présente. Ces situations ne sont pas toutes des contre-indications absolues : certaines relèvent de la précaution clinique ou de l’impossibilité de poser correctement le brassard.

Choix du bras pour prendre la tension : fistule, lymphœdème, voie veineuse, plaie et douleur.

Chez un patient porteur d’une fistule artério-veineuse d’hémodialyse, la pression artérielle est mesurée sur l’autre bras.2 Cette précaution a pour but de préserver l’abord vasculaire et d’éviter les compressions inutiles.

De plus, il est préférable d’utiliser l’autre bras en présence :

  • D’une perfusion ou d’une voie veineuse en cours sur le bras.5

  • D’un lymphœdème du membre supérieur.6

  • D’une plaie, d’un pansement ou d’une douleur empêchant la pose correcte du brassard.

Mastectomie et curage axillaire : ce qu’il faut retenir

Après une chirurgie du sein, la prise de tension du côté opéré a longtemps été évitée par précaution. Les données récentes permettent de nuancer cette règle.

L’Institut national du cancer (INC) indique qu’il n’existe pas de contre-indication à réaliser une mesure de la tension sur le membre correspondant au sein opéré.7 La mastectomie seule ne doit donc pas être présentée comme une interdiction de prise de tension.

La prudence concerne les patients à risque de lymphœdème, c’est-à-dire ceux ayant eu un traitement pouvant altérer le drainage lymphatique, notamment un curage ganglionnaire axillaire ou une radiothérapie ganglionnaire.6

Chez ces patients, les données disponibles n’ont pas mis en évidence d’association entre les mesures de pression artérielle réalisées sur le bras à risque et l’apparition ou l’aggravation d’un lymphœdème.8 En revanche, lorsqu’un lymphœdème du membre supérieur est déjà présent, il reste préférable d’utiliser l’autre bras si possible.

En service, l’approche la plus juste est donc de ne pas interdire systématiquement le bras du côté opéré, mais de privilégier le membre controlatéral lorsqu’il est disponible, surtout en cas de lymphœdème constitué, de mesures répétées, et si le protocole local le prévoit.

Mesure de la pression artérielle à la cheville

L‘AHA décrit la mesure à la cheville comme une possibilité dans certaines situations où celle au bras n’est pas exploitable, notamment en cas d’absence de pouls brachial fiable ou de contres-indications.3

L’examen est réalisé chez une personne allongée et nécessite un brassard adapté à la taille de la cheville.3 Le résultat obtenu doit être interprété avec prudence, car la pression systolique mesurée à la cheville est habituellement plus élevée que celle mesurée au bras.3

Une étude menée aux urgences confirme que les mesures à la cheville et au bras ne sont pas interchangeables.9

Technique de mesure de la pression artérielle 

En service, le contrôle de la pression artérielle est le plus souvent ponctuel, dans le cadre de la surveillance des paramètres vitaux du patient. Une valeur inattendue ou incohérente avec l’état clinique du patient doit faire répéter l’examen avec une technique contrôlée.10

L’automesure de la tension à domicile, réalisée par le patient, suit des règles distinctes.

Étape 1 : hygiène des mains et préparation du matériel

  • Effectuer une hygiène des mains par friction hydroalcoolique (FHA) selon les 7 étapes recommandées, pendant 20 à 30 secondes.11

  • Préparer le tensiomètre validé et le brassard gonflable, à la taille adaptée à la circonférence du bras du patient.

  • Vérifier l’état de charge du tensiomètre et l’intégrité du dispositif et des tuyaux.

Étape 2 : information du patient et vérification des conditions

  • Expliquer la prise de tension et sa finalité et obtenir l’accord du patient.

  • Informer le patient qu’il ressentira une compression pendant quelques secondes, parfois inconfortable, mais habituellement indolore.

  • Vérifier l’absence de contre-indications sur le membre choisi.

  • Éviter la prise de caféine, le tabac et l’effort physique dans les 30 minutes précédant la mesure.2

Remarque :

Cette règle s’applique à la mesure standardisée en diagnostic ou suivi. En surveillance clinique, une mesure peut être réalisée en dehors de ces conditions (retour de rééducation, effort récent, contexte spécifique), à interpréter en tenant compte du contexte clinique. 
  • Demander au patient de vider sa vessie avant la prise si besoin.2 L’inconfort lié à une vessie pleine peut entraîner une élévation transitoire de la pression artérielle (non applicable aux patients sous sonde vésicale à demeure).

Étape 3 : installation du patient

  • Effectuer  une FHA.

  • Installer le patient au calme, assis dos droit et soutenu, jambes non croisées, pieds à plat sur le sol, ou en décubitus dorsal s’il est alité.1

  • Respecter un temps de repos d’au moins 5 minutes avant la première prise de tension.2

Étape 4 : positionnement du brassard

Positionnement du brassard : repère ARTERY, alignement sur l’artère brachiale, pli du coude et bras à hauteur du cœur.
  • Dénuder le bras sans retrousser une manche serrée, qui crée un effet garrot et fausse le résultat.2 Ne pas poser le brassard directement sur un vêtement.

  • Soutenir le bras sur une table (ou support), à hauteur du cœur (au niveau de l’oreillette droite).

  • Placer le brassard en positionnant son bord inférieur quelques centimètres au-dessus du pli du coude.2 

  • Aligner le centre du brassard sur la pulsation de l’artère brachiale, palpée au pli du coude. Certains dispositifs portent un repère (flèche ou mention « artery »)pour faciliter ce positionnement.3

Étape 5 : réalisation de la mesure

  • Lancer la mesure avec le tensiomètre et attendre que le brassard se gonfle complètement. Ne pas parler et informer le patient de ne pas parler pendant le gonflage et le dégonflage du dispositif.2 La parole et l’écoute active peuvent entraîner une élévation transitoire de la tension.

  • Lire les chiffres affichés : la pression artérielle systolique (PAS) qui correspond à la pression maximale et la pression artérielle diastolique (PAD) qui reflète la pression minimale, exprimées en mmHg. Certains tensiomètres affichent également la pression artérielle moyenne (PAM), qui représente la pression moyenne du sang dans les artères au cours d’un cycle cardiaque complet.
Pression artérielle sur un tensiomètre électronique : affichage des pressions systolique, diastolique, moyenne et du pouls.
  • En cas de résultat inattendu ou discordant avec la clinique, répéter l’évaluation avec une technique correcte ou prendre la tension au niveau du membre controlatéral.10

Étape 6 : traçabilité et transmission

  • Consigner les données et l’heure dans le dossier de soins.

Premier bilan tensionnel et diagnostic d’hypertension

Lors d’un premier bilan, le contrôle de la pression artérielle doit être effectué sur les deux membres pour dépister une asymétrie tensionnelle.1 Si la pression systolique diffère de plus de 10 mmHg entre les deux bras, les mesures suivantes sont réalisées sur le membre présentant la valeur la plus élevée.2

Dans un contexte de diagnostic ou de suivi d’hypertension (consultation, bilan d’entrée dédié), la tension de référence recommandée par la Société Française d’Hypertension Artérielle (SFHTA) repose sur trois prises consécutives à 1 minute d’intervalle. La valeur retenue est alors la moyenne des deux dernières.1

Le diagnostic d’hypertension ne repose pas sur la seule mesure au cabinet : il doit être confirmé par des mesures en dehors du soin (automesure tensionnelle ou la mesure ambulatoire de la pression artérielle).1

Mesure manuelle de la pression artérielle au stéthoscope 

La mesure manuelle au stéthoscope repose sur le repérage des bruits de Korotkoff pendant le dégonflage progressif du brassard. Ces bruits traduisent le passage du flux sanguin à travers l’artère partiellement comprimée. Leur apparition signale la pression systolique, leur disparition la pression diastolique. 

Les étapes de la mesure manuelle au stéthoscope

Les prérequis de matériel et d’installation du patient sont décrits dans les sections précédentes. Le protocole suivant détaille les étapes spécifiques à la mesure manuelle, inspirées des recommandations de l’AHA : 3

  • Palper le pouls radial du bras tout en gonflant lentement le brassard. Dès que le pouls disparaît, observer la valeur affichée sur le manomètre.

  • Continuer à gonfler jusqu’à 20 à 30 mmHg au-dessus de cette valeur.

  • Placer le pavillon ou la membrane du stéthoscope sur l’artère brachiale, au-dessus du pli du coude. Le stéthoscope ne doit jamais être placé sous le brassard.

  • Dégonfler lentement, à une vitesse de 2 à 3 mmHg par seconde.

  • Noter la pression artérielle systolique à l’apparition du premier d’au moins deux bruits de Korotkoff réguliers (claquements secs, brefs et répétés, synchrones du pouls).

  • Noter la pression artérielle diastolique à la disparition des bruits de Korotkoff réguliers.
Mesure manuelle de la pression artérielle : apparition et disparition des bruits de Korotkoff au dégonflage du brassard.

Exemple illustratif avec PAS 120 mmHg et PAD 80 mmHg (valeurs normales chez l’adulte au repos). Les seuils réels dépendent du patient. 

À chaque phase du dégonflage du brassard, la pression artérielle traverse différents niveaux. Les bruits de Korotkoff apparaissent lorsque la pression du brassard franchit la pression artérielle systolique, et disparaissent lorsqu’elle franchit la pression artérielle diastolique.

Erreurs de mesure de la pression artérielle à éviter

De nombreux facteurs peuvent fausser la prise de tension : mauvaise position du patient, parole pendant la mesure, bras non soutenu, brassard mal dimensionné ou posé sur un vêtement. Chacune de ces erreurs peut modifier le chiffre affiché de plusieurs mmHg.3 

Effet blouse blanche et temps calme préalable 

L’effet blouse blanche désigne l’élévation transitoire de la tension en présence d’un(e) soignant(e), liée au stress de la consultation ou du soin.2 Cette hausse peut suffire à faire dépasser les seuils diagnostiques de l’hypertension chez une personne normotendue en dehors du contexte médical.

Le temps de repos d’au moins 5 minutes, sans parler et dans une pièce calme, standardise la mesure mais ne supprime pas l’effet blouse blanche, qui se repère par l’automesure ou la la mesure ambulatoire de la pression artérielle.2 

En service, une pression élevée isolée chez un patient calme et asymptomatique se contrôle avant d’être interprétée.

Principales erreurs qui peuvent modifier le résultat 

Certaines erreurs techniques faussent régulièrement la prise de tension. Leur impact varie selon le patient, le matériel et le contexte. Une revue systématique rapporte que certaines sources d’erreur peuvent modifier la PAS de plusieurs dizaines de mmHg.12

Erreurs de mesure de la pression artérielle : brassard inadapté, mauvaise posture, discussion et vessie pleine.
ErreursImpact sur la pression artérielle 
Brassard trop petit Surestime la pression artérielle3,13
Brassard trop grand Sous-estime la pression artérielle3,13
Brassard posé sur un vêtementPeut modifier le résultat (variable selon l’épaisseur du vêtement)3,12
Membre non soutenu Peut faire augmenter la pression mesurée3,12
Bras sous ou au-dessus du niveau du cœur Surestime ou sous-estime la pression d’environ 0,8 mmHg par cm d’écart3
Vessie pleinePeut faire augmenter la pression mesurée3,12
Discussion pendant l’examenPeut faire augmenter la pression mesurée3,12
Jambes croiséesPeut faire augmenter la PAS de 5 à 8 mmHg et la PAD de 3 à 5 mmHg3
Dos non soutenuPeut faire augmenter la PAS de 5 à 15 mmHg et la PAD d’environ 6 mmHg3

Protocole d’évaluation de l’hypotension orthostatique

L’hypotension orthostatique se définit par une baisse de la pression artérielle systolique d’au moins 20 mmHg ou de la pression artérielle diastolique d’au moins 10 mmHg dans les 3 minutes suivant le passage en position debout.14 Le dépistage par la technique couché (ou à défaut assis)/debout est recommandé chez les patients à risque : 14

  • Personnes âgées de plus de 65 ans.

  • Hypertension.

  • Traitement antihypertenseurs.

  • Diabétiques.

  • Insuffisants rénaux.

  • Maladie de Parkinson.

  • Troubles cognitifs, dénutrition ou déshydratation.

  • Symptômes évocateurs : malaise, lipothymie, vertige, chute, fatigue ou trouble visuel.

  • Risque cardiovasculaire.

Le protocole standardisé se déroule en trois temps : 14

  • Valeur de référence en position couchée : installer le patient allongé au calme pendant au moins 5 minutes. Prendre la tension et la fréquence cardiaque.

  • Contrôle à 1 minute en position debout : demander au patient de se lever et mesurer la pression artérielle et la fréquence cardiaque dans la minute qui suit le passage en position debout.

  • Contrôle à 3 minutes en position debout : réaliser une nouvelle évaluation de la tension et de la fréquence cardiaque 3 minutes après le lever.

Une baisse de la PAS ≥ 20 mmHg ou de la PAD ≥ 10 mmHg à 1 ou 3 minutes permet le diagnostic de l’hypotension orthostatique.14

Remarque :

Le patient évalué est par définition à risque d’hypotension orthostatique, donc de chute. Aider le patient à se lever, rester à ses côtés pendant tout le test, brassard en place. En cas de malaise, vertige, pâleur ou perte de connaissance : arrêter le test, recoucher le patient et transmettre la dernière valeur mesurée.

Pourquoi mesurer la fréquence cardiaque ?

La SFHTA recommande de mesurer la fréquence cardiaque pour orienter le diagnostic étiologique : 14

  • Une accélération supérieure à 20 bpm lors du passage à la position debout oriente vers une hypovolémie (déshydratation, cause iatrogène).

  • Une absence d’accélération est habituellement associée à une hypotension orthostatique d’origine neurogène (dysautonomie).

L’interprétation étiologique relève du médecin.

Que faire face à une hypotension orthostatique ? 

Une hypotension orthostatique documentée doit être tracée et transmise selon le contexte et le protocole du service. Une cause iatrogène doit être recherchée, notamment en lien avec les antihypertenseurs, psychotropes, antiparkinsoniens, vasodilatateurs, anticholinergiques ou opiacés.14

L’hypotension orthostatique concerne environ 7 % de la population générale et 16 % des personnes de plus de 65 ans.14 Chez les adultes hypertendus, elle atteint jusqu’à 10 %, et 50 à 65 % des personnes âgées institutionnalisées.15

Valeurs de pression artérielle chez l’adulte : quand faut-il alerter ?

Chez l’adulte, l’ESC distingue une pression non élevée (< 120/70 mmHg), une pression élevée (120–139/70–89 mmHg) et une hypertension (≥ 140/90 mmHg en consultation).2

Deux situations doivent alerter rapidement lors d’une prise de tension : une hypertension artérielle (HTA) très élevée avec PAS ≥ 180 mmHg et/ou PAD ≥ 110 mmHg2, et une pression artérielle basse ou en chute avec signes de mauvaise tolérance clinique.16

En l’absence de signe de gravité, un second contrôle est effectué dans de bonnes conditions. En présence de signes de mauvaise tolérance, l’alerte médicale ne doit pas être retardée.

Face à une PAS ≥ 180 mmHg et/ou une PAD ≥ 110 mmHg

L’ESC préconise de rechercher des signes d’urgence hypertensive, définie par l’association d’une pression artérielle très élevée à une atteinte aiguë d’organe cible (cerveau, myocarde, rein, aorte, poumons).2

Les signes à rechercher peuvent notamment être : 17

  • Céphalées importantes.

  • Troubles visuels.

  • Déficit neurologique.

  • Douleur thoracique.

  • Dyspnée.

  • Confusion ou altération de la conscience.

Toute atteinte aiguë d’organe associée définit une urgence hypertensive nécessitant une prise en charge médicale immédiate.2,17 En l’absence de signe d’atteinte aiguë d’organe, la situation correspond à une HTA sévère à évaluer rapidement, selon le contexte et le protocole du service.

Signes d’alerte face à une hypotension

Une tension basse (PAS inférieure à 90 mmHg ou PAM inférieure à 65 mmHg), ou qui chute par rapport aux valeurs habituelles du patient, doit être évaluée rapidement quand elle s’accompagne de signes de mauvaise tolérance : 18

  • Lipothymie, vertige ou perte de connaissance.

  • Pâleur.

  • Peau froide et moite.

  • Confusion ou trouble de la conscience.

  • Marbrures.

  • Tachycardie.

  • Dyspnée.

  • Oligurie.

  • Diminution de la pression artérielle pulsée (écart réduit entre PAS et PAD).

Elle peut révéler une hypoperfusion, un choc débutant, une hypovolémie, une cause cardiaque, une cause médicamenteuse ou une hypotension orthostatique symptomatique.

Conduite infirmière face à une valeur anormale

L’infirmier(e) :

  • Répète l’évaluation dans de bonnes conditions lorsque cela ne retarde pas l’alerte.

  • Alerte selon l’état et les symptômes du patient et le protocole du service.

Les normes de la tension, les facteurs de variation et la conduite à tenir face à une anomalie sont détaillés dans notre article sur les paramètres vitaux.

Questions fréquentes sur la mesure de la pression artérielle

La prise de tension est un geste central en santé, autant pour le suivi que pour la prévention des complications cardiovasculaires. Voici les questions que les étudiant(e)s et infirmier(e)s se posent le plus souvent en service.

Peut-on utiliser un tensiomètre électronique en cas d’arythmie ?

En cas d’arythmie, notamment de fibrillation atriale, le tensiomètre électronique peut être moins fiable. Si le résultat paraît incohérent, une technique auscultatoire manuelle avec repérage des bruits de Korotkoff est préférée.

Le tensiomètre au poignet est-il fiable en service ?

Pas en première intention. Le brassard huméral est la référence, les appareils au poignet exposent à plus d’erreurs d’utilisation. Le poignet peut être envisagé si l’examen au niveau du bras est impossible ou si aucun brassard huméral adapté n’est disponible. Il doit alors être maintenu à hauteur du myocarde.

Combien de temps de repos faut-il avant de prendre la tension ?

Au moins 5 minutes de temps calme, assis ou allongé, sans parler, sans avoir fumé et vessie vide si possible. Ce temps limite les variations liées à l’activité et au stress.

Pourquoi prendre la tension aux deux bras lors du premier bilan ?

Pour dépister une asymétrie tensionnelle. Une différence de pression artérielle systolique supérieure à 10 mmHg entre les deux membres est considérée comme significative. Les mesures suivantes se font alors sur le membre présentant les chiffres les plus élevés.

Que faire face à une valeur aberrante ou discordante ?

Répéter l’évaluation avec une technique contrôlée. Les résultats inattendus sont souvent liés à une erreur de préparation (dispositif mal posé, patient qui parle). En cas de valeur d’alerte confirmée ou de signes de mauvaise tolérance, l’alerte médicale doit être immédiate.

Remerciements

Nous tenons à remercier Isabelle BATAILLE (cadre de santé et formatrice en IFSI), Aude PALLIER (formatrice et référente en santé), Marielle LABORDE (formatrice en santé), Badia JABRANE (cadre de santé et directrice pédagogique) et Carole PALLARES (infirmière hygiéniste) pour leur relecture et leur contribution à la qualité pédagogique des contenus. 

Chez Réussis ton IFSI, nous nous engageons à proposer des contenus fiables et conformes aux recommandations en vigueur. En complément de l’expertise de notre équipe, nous sollicitons des professionnel(le)s extérieur(e)s qualifié(e)s qui enrichissent nos articles de leur regard clinique.

Référence bibliographique

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