L’incontinence urinaire masculine touche de nombreux patients en France (7 à 8 % des hommes > 65 ans)1. Lorsqu’une miction spontanée est conservée malgré une hyperactivité vésicale, une chirurgie prostatique ou une atteinte neurologique, l’utilisation d’un dispositif de recueil non invasif est généralement nécessaire, en établissement de soins comme à domicile.

L’étui pénien, souvent désigné dans les services par les noms de marques « Penilex » ou « Peniflow », est une solution efficace, à condition d’être correctement choisi et posé. Une taille inadéquate expose à des fuites, une irritation cutanée ou une compression du pénis, tandis qu’une surveillance insuffisante peut retarder la détection d’une complication ou d’une infection urinaire débutante.

Comment sélectionner la bonne taille ? Comment assurer une pose fiable et un drainage efficace ? Quels éléments surveiller pour prévenir les complications ?

Ce guide détaille les points clés : indications, contre-indications, choix du dispositif, technique de pose et surveillance infirmière pour une utilisation sûre et confortable de l’étui pénien.

Définition et principe de fonctionnement

L’étui pénien (EP) est une gaine souple positionnée sur le pénis. Il permet de recueillir l’urine sans pénétrer dans l’urètre. Il épouse l’anatomie du pénis et reste en place grâce à un système autoadhésif.

Une fois installé, il est relié à une tubulure pour un drainage continu des urines vers une poche de recueil externe.

La poche peut être portée à la jambe en journée ou raccordée au lit la nuit, selon la mobilité et l’autonomie du patient. Le dispositif permet de recueillir les urines discrètement et est compatible avec les déplacements.2

→ Dans le langage courant, les termes « Penilex » ou « Peniflow » sont souvent utilisés. Á  l’origine, ces termes désignent des marques commerciales mais ils sont progressivement devenus des appellations courantes dans les services pour parler de l’étui pénien.

Étui pénien relié à une poche de recueil, dispositif urinaire externe chez le patient, montage et drainage des urines

Indications de l’étui pénien

L’étui pénien est indiqué en cas d’incontinence urinaire chez un patient qui présente des fuites urinaires avec un profil mictionnel conservé.3

Plusieurs situations cliniques peuvent conduire à son utilisation : 2.4.5.6

  1. Incontinence urinaire

  • Incontinence par impériosité (hyperactivité vésicale sans résidu post-mictionnel).
  • Incontinence d’effort, en particulier après une chirurgie prostatique.
  • Troubles neuro-urologiques (lésion médullaire, sclérose en plaques).
  • Réalisation d’un ECBU.

→ La réalisation d’un ECBU via étui pénien est possible, mais présente des limites, car elle ne permet pas le recueil du milieu de jet et expose à un risque de contamination accru. Pour garantir une meilleure fiabilité, les urines doivent être recueillies dans un collecteur propre.7

  1. Limitations fonctionnelles

  • Mobilité réduite, troubles cognitifs ou sensoriels rendant l’accès aux toilettes difficile.
  • Prévention du risque de chute lors des déplacements nocturnes.

  1. Préservation cutanée

  • Protection de la peau en réduisant la macération liée aux protections absorbantes.
  • Prévention ou gestion des lésions cutanées associées à l’incontinence.

  1. Utilisation temporaire

  • Contextes postopératoires avec mobilité limitée.
  • Surveillance de la diurèse lorsque la miction reste possible.
  • Port nocturne pour le confort et la sécurité dans les établissements de soins.

→ L’étui pénien constitue un moyen palliatif de gestion de l’incontinence : il améliore le confort et la qualité de vie, mais ne se substitue pas au traitement de la cause, qu’il s’agisse d’une rééducation, d’un traitement médicamenteux ou d’une intervention chirurgicale.

Contre-indications 

L’utilisation de l’étui pénien doit être évaluée pour chaque patient. Certaines situations contre-indiquent formellement son utilisation alors que d’autres nécessitent des précautions.

Contre-indications absolues

La rétention urinaire, aiguë ou chronique, constitue une contre-indication absolue. En l’absence de miction spontanée, le dispositif est inefficace et la vessie doit être drainée par un autre moyen.

→ En cas de rétention urinaire aiguë, une sonde urinaire à demeure peut être indiquée. Pour en savoir plus, consultez notre article sur la sonde urinaire : indications, pose et surveillance – guide infirmier.

→ En cas de rétention urinaire chronique, le sondage intermittent peut être envisagé. Pour en savoir plus, consultez notre article sur le sondage intermittent : technique, indications et rôle de l’infirmier.

Contre-indications relatives 

Certaines situations nécessitent une évaluation individuelle avant utilisation.

Lésions cutanées du pénis 

La présence de plaies, dermites ou irritations au niveau de la verge contre-indique temporairement l’étui pénien, car l’adhésif aggraverait les lésions ou retarderait la cicatrisation. Le dispositif pourra être utilisé après restauration de l’intégrité cutanée.4.5

Allergie au latex 

En cas d’allergie au latex, il convient d’utiliser un étui en silicone ou dans un autre matériau hypoallergénique.

Pénis rétracté 

Un pénis court ou rétracté complique la pose et le maintien du dispositif. Cette situation peut être liée à :

  • Une obésité.
  • Des œdèmes.
  • Une rétraction transitoire liée au froid, à l’anxiété ou à l’âge.

Il existe des modèles plus courts ou adaptés qui permettent d’améliorer la tenue.

Cadre législatif et responsabilité infirmière 

L’utilisation d’un étui pénien relève du rôle propre de l’infirmier(e), tel que défini par le Code de la santé publique. 

L’article R4311-3 encadre l’évaluation du besoin, le diagnostic infirmier et les soins visant à compenser une perte d’autonomie.8

L’article R4311-5 précise les soins destinés à assurer le confort, la sécurité et l’hygiène du patient, ainsi que la surveillance de l’élimination urinaire.9

De plus, l’arrêté du 20 mars 2012 autorise l’infirmier(e) à prescrire l’étui pénien si les conditions suivantes sont respectées : 10

  • Une prescription médicale d’actes infirmiers est en cours.
  • L’infirmier(e) agit dans son champ de compétence.
  • Aucune indication contraire du médecin n’est formulée.

Caractéristiques techniques des étuis péniens

Les étuis péniens se distinguent par leur système de fixation, leur matériau et leurs adaptations anatomiques.

Étuis péniens auto-adhésif, avec fixation et manchon périgénital, dispositifs urinaires externes chez le patient

Systèmes de fixation

→ Étuis autoadhésifs : un film adhésif est intégré sur la surface interne, c’est le dispositif le plus courant.4.6

→ Étuis avec joint de fixation séparé : le maintien est assuré par une bande adhésive, une colle cutanée ou un bandage externe. L’utilisation de ce système augmente le risque de strangulation du pénis.4.5.11

Matériaux utilisés

Les étuis péniens sont principalement fabriqués en silicone ou en latex.

→ Le silicone est le matériau le plus utilisé, car il est hypoallergénique, respirant et translucide, ce qui permet de contrôler facilement l’état cutané.2.5

→ Le latex, bien que très souple, expose à un risque allergique plus important. Son usage devient rare.2.5

Remarque : 

D’autres matériaux peuvent être utilisés selon les fabricants, comme certains dérivés du silicone ou des polymères synthétiques, mais ils restent moins présents dans les recommandations institutionnelles.4

Caractéristiques de drainage

Certains dispositifs intègrent des éléments destinés à optimiser l’écoulement et limiter les fuites : 2

  • Bulbe anti-coudage : limite les risques de pliures au niveau de la tubulure et favorise un écoulement continu.
  • Valve anti-reflux : prévient le retour des urines dans l’étui.

Modèles spécifiques

Certains modèles plus courts sont conçus pour les verges courtes ou rétractées, afin de garantir un meilleur maintien et une bonne étanchéité.

Si la pose reste impossible malgré l’utilisation d’un modèle court, l’utilisation d’un manchon périgénital peut être envisagée (voir paragraphe ci-dessous « manchons périgénitaux »).

Manchons périgénitaux 

Le manchon périgénital est un dispositif en une seule pièce, composé d’une poche vidangeable munie d’un bouchon refermable et d’un support adhésif. 

Ce support assure l’adhésion à la peau. Sa partie centrale peut être découpée pour s’adapter au plus près du pénis.12

Comment choisir la taille d’un étui pénien ?

La sélection de la taille adaptée améliore l’adhérence, limite les fuites, assure l’efficacité du recueil des urines et réduit les complications cutanées ou compressives.

Les dispositifs existent en plusieurs longueurs et diamètres (charrières). Le choix se fait en fonction de la morphologie et de la taille du pénis évaluées lors de la mesure.5

→ Pour faciliter cette étape, vous pouvez consulter le guide de mesure proposé par Coloplast®.

→ Plusieurs fabricants proposent des gammes variées d’étuis péniens, disponibles en différents diamètres et longueurs. Parmi les marques les plus répandues dans les établissements de santé, on trouve Conveen®, Optima® et Coloplast®.

Mesure du diamètre pénien

Le diamètre est le critère principal le choix.5

→ Procédure : 4.5.11

  • Mesurer à l’aide d’un outil adapté (réglettes, gabarits ou calibres à usage unique).
  • Placer l’outil à l’endroit où la circonférence est la plus large.
  • Réaliser la mesure sur pénis flaccide, en position naturelle (assis au bord du lit, debout ou couché).

Les diamètres proposés se situent généralement entre 21 à 41 mm et varient selon le fabricant.4

Conseil pratique : 3.4.5.13

En cas d’hésitation entre deux tailles, certaines recommandations orientent vers le diamètre inférieur, car les matériaux actuels sont suffisamment souples et flexibles alors que d’autres recommandations soulignent le risque de compression si la taille utilisée est trop petite. 

Le choix le plus fiable repose sur l’essai des deux tailles pour trouver le meilleur équilibre entre étanchéité et confort. 

Toutes les références insistent sur une réévaluation les jours suivant la première pose afin d’ajuster la taille si nécessaire.

Mesure de la longueur

La longueur du dispositif se choisit selon la longueur du pénis. Deux options sont généralement disponibles : 13

  • Standard (7,8 cm). 
  • Courte (4,6 à 5 cm).

→ Il est recommandé de laisser 1 à 2 cm entre le gland et l’extrémité de l’étui pour éviter les irritations et favoriser l’écoulement des urines.5.11

→ Pour les pénis courts ou rétractés, la longueur plus courte est recommandée.4.13

Réglette de mesure du pénis utilisée pour déterminer la taille adaptée d’un étui pénien chez le patient

Risques et complications si la taille est taille inadaptée

L’utilisation d’un étui pénien mal ajusté expose le patient à des risques de complications.

Tableau 1 – Complications liées à un mauvais choix de l’étui pénien : 3.4.5.11

Problème d’ajustementRisques et complications
Étui trop étroitAltération de la circulation.

Lésions cutanées.

Risque de strangulation pénienne ou de nécrose.
Étui trop largeFuites urinaires fréquentes.

Décollement.

Macération, irritations et lésions cutanées.
Espace insuffisant entre le gland et l’extrémité de l’étui Gêne de l’écoulement urinaire.

Frottements et irritations du gland.
Espace trop important entre le gland et l’extrémité de l’étui Torsion du dispositif.
Prépuce non remis en placeParaphimosis (rétraction irréversible du prépuce en arrière du gland qui constitue une urgence urologique).

Matériel nécessaire 

Il est important de contrôler le matériel avant son utilisation :

  • Vérifier l’intégrité des emballages, l’absence d’humidité ou de perforation.
  • Contrôler les dates de péremption.
  • Préparer un plateau désinfecté avec tout le matériel nécessaire.
  • Préparer les dispositifs adaptés pour évacuer les déchets (DAOM, conteneur OPCT…).

Tableau 2 – Matériel nécessaire pour la pose d’un étui pénien :

CatégorieMatériel

Hygiène du/de la soignant(e) et de l’environnement
– SHA
– Désinfectant de surface
– Plateau propre ou surface désinfectée
Protection– Gants à usage unique 
– Tablier ou surblouse à usage unique

Toilette urogénitale
– Protection absorbante
– Bassin
– Gant de toilette propre ou à usage unique 
– Serviette propre 
– Savon doux 

Système de drainage
– Étui pénien
– Poche de recueil d’urines avec tubulure
– Système de fixation de la poche

Autres
– Réglette de mesure du diamètre pénien
– Une paire de ciseaux à bouts ronds ou une tondeuse (pour la dépilation)

Élimination des déchets
– Sac DAOM

→ Le choix de la poche varie selon le moment de la journée : 2.13

  • Jour : poche de jambe (0,5 à 1,5 L), discrète sous le vêtement, à vidanger plusieurs fois par jour.
  • Nuit : poche de grande capacité (1,5 à 2 L) pour éviter les vidanges nocturnes et réduire le risque de chute et de déconnexion.

Mise en place d’un étui pénien étape par étape

Avant la pose, l’infirmier(e) prépare le matériel et informe le patient du déroulement, de l’objectif et des sensations possibles pour favoriser sa participation et diminuer son appréhension. Le confort, l’intimité et la pudeur sont préservés tout au long du soin.

L’environnement de soin est organisé pour respecter les règles d’hygiène :

  • Hygiène des mains, désinfection du plan de travail.
  • Dispositifs accessibles et disposés de manière ergonomique.

Une évaluation préalable du pénis est réalisée avant la pose (mesure, état cutané, hygiène, présence ou non de prépuce) afin de repérer toute anomalie et d’adapter le choix de l’étui.

Conseils pratiques : 5.14

Il peut être nécessaire de raccourcir les poils pubiens aux ciseaux ou à la tondeuse avec un sabot. Ne jamais utiliser de rasoir afin d’éviter les microlésions cutanées qui compromettent l’adhérence de l’étui et favorisent les irritations.

Il est recommandé d’éviter les produits gras (savon surgras, crème, huile) qui diminuent l’adhérence et d’attendre 15 à 20 minutes pour que la peau soit parfaitement sèche avant la pose.

1. Préparation

  • Réaliser une hygiène des mains par friction hydroalcoolique (FHA) pendant au moins 30 secondes.
  • Installer le patient confortablement :
    • Au lit : en décubitus dorsal, pour les patients dépendants ou hospitalisés.
    • Au lavabo : pour les patients autonomes et mobiles.
  • Placer une protection absorbante ou un bassin si le soin est réalisé au lit.
  • Réaliser une FHA, enfiler des gants à usage unique et un tablier à usage unique (précautions standard). 15
  • Réaliser une toilette génitale avec de l’eau et du savon.
  • Retirer les gants, effectuer une nouvelle FHA et enfiler une nouvelle paire de gants.

2. Mesure et choix de l’étui

3. Pose de l’étui pénien

  • Retirer la protection de l’étui.
  • Positionner l’étui au bout du pénis :
    • Homme non circoncis : le prépuce reste en place (pas de décalottage préalable).
    • Homme circoncis : directement sur le gland.
  • Étirer doucement le pénis pour éviter sa rétraction. 
  • Dérouler l’étui pénien doucement et complètement et utiliser la double languette fournie pour faciliter l’application (si disponible).5.14
  • Laisser un espace de 1 à 2 cm entre l’extrémité du gland et le fond de l’étui.
  • Exercer une légère pression sur la partie adhésive pendant environ 10 secondes pour une adhésion et une étanchéité parfaites et pour éviter la formation de plis.5.11.14

4. Connexion du système de drainage

  • Vérifier que le robinet de vidange de la poche est en position fermée.
  • Raccorder l’étui à la poche à urine en enfonçant le connecteur de la tubulure le plus loin possible dans l’embout de l’étui pénien pour garantir une bonne étanchéité.
  • Fixer la poche en position déclive :
    • Poche de jambe : cuisse ou mollet avec attache ou filet de maintien (vérifier qu’un doigt passe entre l’attache et la jambe pour éviter l’effet garrot).5
    • Poche de nuit : au lit, positionnée plus bas que la vessie, sans contact avec le sol.
  • Vérifier l’absence de torsion, traction ou de pliure pour permettre l’écoulement libre des urines.

5. Vérifications finales

  • S’assurer du confort du patient.
  • Vérifier l’absence de compression/coloration anormale du gland.
  • Éliminer les déchets dans le DAOM.
  • Effectuer une FHA.
  • Tracer le soin dans le dossier patient (date, heure, taille de l’étui, état cutané).

Points de vigilance : 3.4.14

Chez l’homme non circoncis, la pose se fait sur le prépuce sans décalottage. 

Après la pose, il est impératif de vérifier que le prépuce a bien repris sa position naturelle sur le gland, car un prépuce rétracté qui ne revient pas en position naturelle peut entraîner un paraphimosis.

Surveillance et gestion des complications

La surveillance quotidienne de l’étui pénien fait partie intégrante du soin infirmier. Elle contribue à prévenir les complications, à maintenir un recueil urinaire efficace et à assurer le confort du patient.

Tableau 3 – Éléments  de surveillance et conduite à tenir : 3.4.5.14

Élément surveilléSignes d’alerteConduite à tenir
État cutanéRougeur, irritation, macération, ulcération.Retirer l’étui, laver et sécher la zone.

Laisser à l’air libre jusqu’à la cicatrisation.

L’application d’un hydrocolloïde peut être envisagée selon les protocoles institutionnels et la prescription médicale.
Coloration du glandCyanose,œdème.Retirer immédiatement l’étui pénien  et alerter le médecin si l’anomalie persiste.
Suspicion d’allergieÉrythème, œdème de la verge.Retirer le dispositif et utiliser des matériaux adaptés.
Fuite/décollement de l’étui pénienFuite autour du dispositif.Vérifier le diamètre et la longueur. 

Assurer l’adhérence parfaite par pression après le déroulement de la gaine autoadhésive.

Changer quotidiennement ou plus si nécessaire
DiurèseVolume faible
Vérifier que la tubulure est en déclive et sans torsion.

Utiliser un dispositif avec un bulbe anti-coudage.

Laisser un espace suffisant entre le gland et l’étui.

Vider la poche à urine lorsqu’elle atteint environ les deux tiers de sa capacité.
Infections urinairesBrûlures mictionnelles, et/ou urgenturie (besoin urgent d’uriner).

Hyperthermie.

Douleurs lombaires unilatérales.
Contacter le médecin.

Envisager la réalisation d’un ECBU sur prescription médicale.
Confort du patientDouleurs ou gênes.

Inconfort à la mobilisation.
Évaluer régulièrement la douleur et le confort. 

Essayer d’autres tailles. 

→ Les complications liées à une mauvaise adaptation de la taille sont détaillées dans la section « Risques et complications d’une taille inadaptée ».

Point de vigilance : 

Il faut faire preuve de vigilance chez les patients souffrant de troubles de la sensibilité (lésion médullaire, neuropathie). En effet, une surveillance visuelle rigoureuse est indispensable, car la perception de la douleur est altérée.3

Retrait de l’étui pénien

L’étui pénien et la poche à urine doivent être changés toutes les 24 heures, pendant la toilette. Un changement supplémentaire est requis en cas de fuite ou de décollement.4.14

Il doit être effectué avec délicatesse pour préserver l’intégrité cutanée et le confort du patient, car l’adhésif peut entraîner des irritations et des lésions s’il est arraché brutalement.

1. Préparation

  • Réaliser une FHA.
  • Installer le patient confortablement (décubitus dorsal ou debout selon son autonomie).
  • Placer une protection absorbante sous le patient si le soin est réalisé au lit.
  • Enfiler des gants à usage unique et le tablier à usage unique.

2. Vidange de la poche

  • Vider la poche à urine via le robinet de vidange dans un récipient adapté (bocal gradué, bassin).
  • Quantifier les urines si une surveillance de la diurèse est prescrite.
  • Refermer le robinet de vidange.
  • Éliminer les gants et effectuer une FHA.

3. Retrait de l’étui

  • Enfiler une nouvelle paire de gants à usage unique.
  • Détacher l’étui pénien en retirant le connecteur de la tubulure de la poche à urine.
  • Éliminer la poche et la tubulure dans le sac DAOM.
  • Retirer l’étui pénien délicatement en l’enroulant sur lui-même tout en maintenant le pénis avec la main non dominante.4
  • Appliquer une compresse chaude et humide autour de la verge et laisser agir quelques minutes pour aider à décoller l’adhésif si nécessaire.11

4. Toilette et séchage

  • Réaliser une toilette génitale complète à l’eau et au savon doux.
  • Rincer soigneusement.
  • Sécher minutieusement par tamponnement (la peau doit être parfaitement sèche avant la pose d’un nouvel étui).

5. Fin du soin

  • Éliminer les déchets dans le sac DAOM.
  • Retirer les gants et réaliser une FHA.
  • Tracer le soin : heure du retrait, état cutané observé, anomalies éventuelles.

Points de vigilance : 4.5

Les résidus d’adhésif laissés sur la peau après le retrait de l’étui pénien doivent être éliminés avec douceur. Un nettoyage à l’eau et au savon doux suffit généralement. 

L’utilisation de lingettes antiadhésives sans solvant représente une alternative sûre si nécessaire. 

L’application de solvants (acétone, éther, etc.) est proscrite en raison de leur toxicité cutanée. 

Accompagnement du patient et éducation thérapeutique

Bien que l’étui pénien soit souvent utilisé à l’hôpital pour des périodes limitées, certains patients souffrant d’incontinence urinaire peuvent l’utiliser sur le long terme.

L’accompagnement du patient a pour objectif de sécuriser l’utilisation des étuis péniens, de renforcer l’autonomie du patient et d’améliorer sa qualité de vie. L’éducation thérapeutique s’adresse au patient et, lorsque nécessaire, aux aidants ou à la famille.

Informer et favoriser l’adhésion

L’information porte sur les raisons de l’utilisation de l’étui pénien, ses bénéfices et son fonctionnement. Le patient doit comprendre pourquoi ce dispositif est adapté à sa situation et en quoi il peut améliorer son confort, sa confiance et son quotidien. 

Enseigner les bons gestes

L’éducation thérapeutique transmet les compétences nécessaires pour effectuer l’autosoin, y compris avant la fin de l’hospitalisation. Le patient ou l’aidant acquiert la méthode pour utiliser, entretenir et retirer l’étui en toute sécurité.12

Surveiller et gérer les difficultés

Le patient apprend à repérer les anomalies cutanées et les problèmes liés au dispositif. Il sait quand retirer l’étui et à quel moment solliciter un(e) professionnel(le) de santé.

Encourager la participation et l’autonomie

La participation du patient est recherchée, même s’il présente des troubles cognitifs ou une dextérité limitée. Il peut participer à certaines étapes simples, comme vérifier le bon écoulement ou vidanger la poche.
Des conseils vestimentaires peuvent être proposés, comme porter des vêtements plus amples pour faciliter le drainage.

Utiliser des outils de soutien

Des supports pédagogiques (brochures, notices, vidéos, mesureurs ou kits d’essai) facilitent l’apprentissage.
Certains fabricants proposent des services d’accompagnement pour répondre aux questions techniques, tout en renvoyant le patient vers son/sa professionnel(le) de santé pour les aspects médicaux.13

Conclusion 

L’étui pénien offre une solution fiable lorsqu’il est choisi avec précision, posé correctement et surveillé régulièrement. 

La mesure exacte, l’essai de plusieurs tailles et la réévaluation les jours suivant la première pose permettent d’assurer un maintien confortable sans compression. 

Les matériaux utilisés facilitent l’adaptation et la tolérance de l’étui, à condition que le/la soignant(e) reste attentif/attentive à l’état de la peau et à l’écoulement des urines.

L’accompagnement et l’éducation du patient renforcent son autonomie et contribuent à un usage sûr et durable du dispositif.

Remerciements

Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à Isabelle BATAILLE (cadre de santé et formatrice en IFSI), Aude PALLIER (formatrice et référente en santé) et Badia JABRANE (directrice pédagogique).

Chez Réussis ton IFSI, nous nous engageons à proposer des contenus d’une fiabilité inégalée. En complément de l’expertise interne de notre équipe habituelle, nous valorisons l’apport de professionnel(le)s extérieur(e)s qualifié(e)s qui enrichit nos articles de perspectives nouvelles.

Sources

  1. Ameli. (2025). Incontinence urinaire : mécanisme, fréquence et causes.
  2. OMéDIT Centre-Val de Loire. (2024). Bon usage des sondes urinaires et des étuis péniens.
  3. Silva, V. S. T. D., et al. (2019). Male External Catheter in Adults: a glance at nursing care practice. Rev. Bras. Enferm., 72, 450–454.
  4. Geng, V., Lurvink, H., Cobussen-Boekhorst, H., Pearce, I., & Lauridsen, S. (2016). Evidence-based Guidelines for Male external catheters in adults. European Association of Urology Nurses.
  5. Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). (2024). Technique clinique pour la pose et soins d’étuis péniens (EP).
  6. Haute Autorité de Santé (HAS). (2017). Dispositifs de drainage et de recueil des urines et des selles.
  7. CPias Île-de-France. (2025). Infections urinaires & sondage vésical.
  8. Légifrance. (2025). Code de la santé publique : Article R4301-3.
  9. Légifrance. (2021). Code de la santé publique : Article R4311-5.
  10. Légifrance. (2012). Arrêté du 20 mars 2012 fixant la liste des dispositifs médicaux que les infirmier(e)s sont autorisé(e)s à prescrire.
  11. Cliniques universitaires Saint-Luc. (2018). Conseils au patient porteur d’un étui pénien.
  12. Haute Autorité de Santé (HAS). (2017). Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé.
  13. Coloplast. (2022). Les troubles de la continence.
  14. Coloplast. (2020). Les systèmes collecteurs (étui + poche).
  15. Société Française d’Hygiène Hospitalière (SF2H). (2017). Dépliant Précautions Standard.