L’examen cytobactériologique des urines (ECBU) est un acte de référence pour diagnostiquer une infection urinaire. Réalisé à partir d’un prélèvement d’urine, il permet d’identifier la bactérie responsable, de mesurer la concentration bactérienne et d’évaluer la sensibilité du germe aux antibiotiques grâce à l’antibiogramme. Il complète l’évaluation clinique du médecin, notamment en cas de cystite ou de pyélonéphrite.
La fiabilité des résultats dépend de la qualité du prélèvement. L’infirmier(e) prépare le patient, réalise la toilette intime, recueille l’urine de façon aseptique et assure le transport rapide de l’échantillon au laboratoire. Chaque étape vise à éviter toute contamination pouvant fausser la culture bactérienne ou l’interprétation.
Un ECBU mal effectué peut entraîner un diagnostic erroné, retarder le traitement antibiotique ou prolonger l’infection. Rigueur, hygiène et communication avec le patient sont indispensables pour un diagnostic fiable.
Ce guide infirmier présente les indications de l’examen, la méthode de prélèvement, les critères d’interprétation et les précautions selon le profil du patient (femme enceinte, enfant, patient sondé), et souligne le rôle éducatif de l’infirmier(e) dans la prévention des infections récidivantes.
Comprendre l’examen cytobactériologique des urines
Définition et objectifs de l’examen
L’ECBU consiste à recueillir des urines dans un flacon stérile, en respectant les règles d’asepsie afin d’éviter toute contamination de l’échantillon.
Sa réalisation relève d’une prescription médicale selon l’article R.4311-7 du Code de la santé publique.1
Pour comprendre l’intérêt clinique de cet examen, il est impératif d’en connaître la composition et le principe d’analyse.
Composition et principes d’analyse
L’ECBU regroupe différentes analyses complémentaires permettant d’évaluer l’aspect des urines et de rechercher la présence de cellules ou de bactéries.
→ L’examen macroscopique qui correspond à l’observation visuelle directe de l’échantillon : 2
- Couleur.
- Aspect.
- Limpidité.
→ L’examen microscopique qui intègre les deux examens suivants : 2
- L’examen cytologique recherche et chiffre les leucocytes (globules blancs) et les hématies (globules rouges) dans les urines. Leur présence en quantité anormale peut témoigner d’une inflammation et/ou d’une infection des voies urinaires.
- L’examen bactériologique identifie le germe responsable, quantifie sa concentration et permet de réaliser un antibiogramme pour déterminer les antibiotiques auxquels la bactérie est sensible.
Si l’ECBU constitue l’examen de référence pour confirmer une infection urinaire, il n’est pas toujours réalisé en première intention. En pratique, il complète un autre outil d’analyse urinaire plus rapide : la bandelette urinaire (BU).
Différences entre bandelette urinaire et ECBU
Bandelette urinaire : dépistage rapide
La BU est un test de dépistage rapide réalisable en quelques minutes. Elle détecte la présence des nitrites et des leucocytes, elle permet d’orienter rapidement le diagnostic.3
Cependant, un résultat négatif n’exclut pas formellement une infection et un résultat positif ne suffit pas toujours à confirmer le diagnostic.
ECBU : confirmation et identification
Contrairement à la BU, qui est un test qualitatif d’orientation, l’ECBU quantifie précisément les leucocytes et les bactéries, identifie le germe responsable et détermine sa sensibilité aux antibiotiques. Le laboratoire peut transmettre les premiers résultats en quelques heures. Cependant, la mise en culture des germes et la réalisation de l’antibiogramme nécessitent un délai de 24 à 48 heures pour obtenir les résultats complets.4
L’ensemble de ces analyses est réalisé et validé sous la responsabilité du biologiste médical, garant de la qualité technique, de la traçabilité et de la fiabilité des résultats transmis au clinicien.
En pratique, la BU oriente le diagnostic, tandis que l’ECBU le confirme et guide le traitement antibiotique adapté.5
Indications de l’ECBU
La réalisation d’un ECBU repose sur une prescription médicale et s’inscrit dans une démarche clinique raisonnée. Cet examen ne doit pas être réalisé de manière systématique, mais uniquement lorsqu’il est motivé par des signes cliniques évocateurs d’infection urinaire ou par dans des situations particulières.
Les infections urinaires communautaires représentent la deuxième cause d’infection bactérienne après les atteintes respiratoires.5 Elles regroupent des tableaux cliniques de gravité variable liés à leur localisation sur l’appareil urinaire. On distingue alors les infections urinaires basses et les infections urinaires hautes..
Chez la femme, l’incidence est plus élevée, car l’urètre, plus court et proche de la zone ano-périnéale, facilite l’ascension des bactéries vers la vessie.
Deux pics de fréquence sont observés : 6
- Au début de la vie sexuelle.
- En post-ménopause.
Chez l’homme, la fréquence augmente après 50 ans, en lien avec les pathologies de la prostate (adénome, sténose, résidu post-mictionnel).
Chez le jeune enfant, la survenue d’une infection urinaire doit faire rechercher une malformation de l’arbre urinaire.
Infections urinaires simples
Les infections urinaires simples surviennent chez des femmes sans facteur de risque de complication ni anomalie de l’arbre urinaire.
Elles correspondent le plus souvent à une cystite aiguë simple, dont le diagnostic est clinique, évoqué devant des brûlures mictionnelles, et/ou une urgenturie (besoin impérieux d’uriner) sans fièvre ni douleur lombaire.
Un ECBU n’est prescrit qu’en cas d’évolution défavorable, notamment si les symptômes d’infection persistent ou s’aggravent après trois jours de traitement, ou en cas de récidive précoce dans les deux semaines suivant l’épisode initial.7
Cette définition n’inclut pas les hommes, pour lesquels toute infection urinaire est considérée comme à risque de complication en raison du risque d’anomalie anatomique ou fonctionnelle sous-jacente.5
Infections urinaires à risque de complication
Une infection urinaire est dite « à risque de complication » lorsqu’un ou plusieurs facteurs de risque sont présents. Un ECBU est réalisé systématiquement avant tout traitement antibiotique.
Les facteurs de risque de complication, dont la présence exclut la notion d’infection simple, sont : 7
- Le sexe masculin
- La grossesse.
- Toute anomalie organique ou fonctionnelle de l’arbre urinaire (résidu post-mictionnel, reflux, lithiase, tumeur, acte urologique récent).
- L’insuffisance rénale sévère (DFG < 30 mL/min).
- L’immunodépression grave.
- Âge > 75 ans.
- Âge > 65 ans avec au moins trois critères de fragilité selon Fried : 8
- Perte de poids involontaire.
- Marche lente.
- Faible endurance.
- Fatigue.
- Activité physique réduite.
| À retenir : Le diabète, qu’il soit de type 1 ou 2, n’est plus considéré comme un facteur de risque de complication des infections urinaires depuis 2021.7 |
Cystite aiguë récidivante
Une cystite est dite récidivante lorsqu’elle survient au moins quatre fois sur une période de douze mois.5.6
Il s’agit d’infections urinaires itératives, souvent favorisées par certains comportements ou situations tels que : 5
- Hydratation insuffisante.
- Mictions peu fréquentes.
- Constipation.
- Ménopause.
- Rapports sexuels répétés.
Pour les premiers épisodes de récidive, la réalisation d’un ECBU est indiquée. Cet examen permet d’écarter une cystite à rechute (infection persistante liée au même germe) et de confirmer le caractère récidivant de l’infection par la présence de germes différents.
En cas de récidives rapprochées, une antibioprophylaxie peut être envisagée lorsque la fréquence atteint au moins un épisode par mois. Un ECBU initial est alors requis avant le début de l’antibiothérapie afin de guider le choix thérapeutique.5
Pyélonéphrite aiguë
La pyélonéphrite aiguë survient le plus souvent après un épisode de cystite passé inaperçu ou négligé.
Les symptômes apparaissent ensuite de manière brutale et associent :
- Une hyperthermie, souvent accompagnée de frissons et d’un malaise général.
- Des douleurs lombaires ou abdominales unilatérales, parfois intenses, spontanées ou retrouvées lors de la palpation.
- Des troubles digestifs fréquents : nausées, vomissements, diarrhée ou ballonnements.
Ce tableau clinique doit faire suspecter une atteinte infectieuse du parenchyme rénal et impose la réalisation immédiate d’un ECBU en lien avec une prescription médicale.9
Tableau 1 – Indications de l’ECBU selon la situation clinique :
| Situation clinique | Indication |
| Cystite aiguë simple de la femme jeune | Non, sauf si aggravation ou persistance des symptômes après 3 jours, ou récidive précoce (< 2 semaines). |
| Infection urinaire à risque de complication | Oui, systématique avant tout traitement antibiotique. |
| Cystite récidivante | Oui, pour les premiers épisodes et avant toute antibioprophylaxie. |
| Pyélonéphrite aiguë | Oui, systématique avant toute antibiothérapie. |
Pour aller plus loin dans la prise en charge des infections urinaires et la pratique clinique en urologie, découvrez notre guide de stage infirmier en urologie.
Cas particuliers
Grossesse
La grossesse constitue une situation à risque d’infection urinaire. Le dépistage et la surveillance reposent sur la bandelette urinaire (BU) et l’ECBU selon le profil de la patiente : 10
1. Femme enceinte sans antécédent particulier
Chez la femme enceinte sans facteur de risque ni antécédent d’infection urinaire, une bandelette urinaire est réalisée chaque mois à partir du 4ᵉ mois de grossesse.
→ En cas de BU positive (présence de leucocytes et/ou de nitrites), un ECBU est prescrit pour confirmer la bactériurie.
La bactériurie asymptomatique pendant la grossesse doit être traitée afin de réduire le risque de pyélonéphrite et de complications obstétricales. Le choix de l’antibiotique se fait après réception de l’antibiogramme
→ Contrairement aux autres situations d’infection urinaire non compliquée, un ECBU de contrôle est indiqué après le traitement.
2. Femme enceinte à risque d’infection urinaire
Chez les femmes présentant un terrain à risque (uropathie, diabète ou antécédents de cystites récidivantes), un ECBU est réalisé dès la première consultation prénatale, puis chaque mois à partir du 4ᵉ mois de grossesse.
Cette surveillance rapprochée permet de détecter précocement une bactériurie asymptomatique, afin de prévenir la survenue d’une pyélonéphrite gravidique ou d’autres complications obstétricales.
3. Cystite aiguë de la femme enceinte
Devant toute symptomatologie évocatrice de cystite aiguë pendant la grossesse, la réalisation d’un ECBU est systématique, quel que soit le résultat de la bandelette urinaire.
Il permet de confirmer le diagnostic et de choisir un traitement antibiotique compatible avec la grossesse.
| À retenir : La grossesse augmente le risque d’infection urinaire, nécessitant une surveillance régulière par BU et ECBU selon le profil de la patiente. La bactériurie asymptomatique doit être traitée et contrôlée par un ECBU après traitement. Informer l’équipe qui suit la grossesse en cas d’infection urinaire améliore la coordination du suivi et limite les complications. |
Patient porteur d’une sonde urinaire
Chez les patients porteurs d’une sonde urinaire, la bactériurie asymptomatique (présence d’une bactérie sans signes cliniques) évolue progressivement avec la durée de sondage et ne justifie pas un ECBU ni une antibiothérapie systématique.6
De plus, les signes locaux habituels d’infection urinaire (brûlures mictionnelles, pollakiurie et douleurs pelviennes) sont souvent absents, ce qui modifie le diagnostic.
Cette absence s’explique par le drainage permanent des urines et la décompression vésicale provoquée par la sonde.
Il faut évoquer une infection urinaire associée à la sonde (IUAS) uniquement si le patient présente un ou plusieurs signes généraux sans autre cause
identifiable : 11
- Hyperthermie ou hypothermie (< 36 °C).
- Hypotension.
- Altération de l’état de conscience ou confusion.
- Malaise général.
- Léthargie.
→ L’apparition d’une fièvre isolée chez un patient sondé doit toujours faire rechercher la présence d’une IUAS avant d’envisager d’autres causes.
Pour approfondir la prise en charge des patients porteurs de sonde et les soins spécifiques, consultez notre guide infirmier sur la sonde urinaire à demeure.
Préopératoire
Il est recommandé de réaliser un ECBU avant toute intervention urologique entrant en contact avec les urines ou présentant un risque de brèche de la muqueuse urothéliale.11
Il permet de dépister et de traiter une éventuelle colonisation urinaire, afin de prévenir les infections postopératoires et les complications infectieuses locales.12
Infections urinaires chez le nourrisson et l’enfant
Chez l’enfant la réalisation d’un ECBU dépend du contexte clinique, de l’âge et de la présentation de l’infection urinaire (IU) : 5
1. Cystite aiguë
La cystite aiguë touche principalement les filles de plus de 3 ans. Elle se manifeste par des brûlures mictionnelles, une pollakiurie, des douleurs hypogastriques ou une hématurie, sans fièvre élevée ni douleur lombaire.
→ Dans ce contexte, un ECBU n’est indiqué que si la bandelette urinaire est positive (leucocytes et/ou nitrites) à partir de l’âge de 1 mois.
→ ECBU systématique chez les nourrissons de moins de 1 mois.
2. Pyélonéphrite aiguë
La pyélonéphrite aiguë peut survenir à tout âge.
Chez le nourrisson, les signes sont souvent peu spécifiques (fièvre isolée, troubles digestifs, altération de l’état général).
Chez le grand enfant, le tableau est plus typique (hyperthermie, douleurs lombaires).
→ Dans tous les cas de fièvre inexpliquée ou de suspicion de pyélonéphrite, un ECBU est systématique pour confirmer le diagnostic et orienter le traitement.
Réaliser un ECBU : protocole pas-à-pas
Préparation du soin
Avant d’initier le soin, l’infirmier(e) doit se référer à la prescription médicale, puis procéder à une série de vérifications indispensables afin de garantir la sécurité du patient comme du soignant.
Ces étapes s’inscrivent dans le respect de la règle des 7B, principe fondamental de tout acte thérapeutique.
Tableau 2 – Information, accompagnement et préparation du soin :
| Étape | Objectifs et actions infirmières |
| Information du patient | – Expliquer le soin dans une langue simple et non anxiogène. – Adapter le discours au niveau de compréhension du patient. – Rassurer, écouter, répondre aux questions. – Recueillir le consentement libre et éclairé du patient. |
| Respect du confort, de la pudeur et de l’intimité | – Installer le patient dans une position confortable. – Préserver sa pudeur : fermer la porte ou le rideau, mettre la présence de soin. |
| Préparation de l’environnement du soin | – Choisir un espace calme, propre et bien éclairé. – Nettoyer et désinfecter le plan de travail. – Installer le matériel à portée de main, dans une position ergonomique. |
| Vérification du matériel | – Contrôler la prescription et le matériel nécessaire. – Vérifier l’intégrité des emballages, l’absence d’humidité ou de perforation. – Contrôler les dates de péremption. – Préparer un plateau désinfecté avec tout le matériel stérile nécessaire. – Préparer les dispositifs adaptés pour évacuer les déchets (DAOM, conteneur OPCT…). |
Une information claire, un accompagnement bienveillant et une préparation méthodique garantissent la sécurité du soin, la dignité du patient et la fiabilité du résultat (en particulier pour un ECBU).
Matériel nécessaire pour réaliser un ECBU
Tableau 3 – Matériel pour la réalisation d’un ECBU :
| Moment d’utilisation | Catégorie | Matériel |
| Avant le soin | Hygiène du/de la soignant(e)/environnement | – Plateau ou surface désinfectée – SHA – Désinfectant de surface – Tablier à usage unique – Gants à usage unique |
| Avant l’examen | Toilette urogénitale | – Protection absorbante – Urinal/Bassin – Gant de toilette propre ou à usage unique – Serviette propre – Savon doux – 1 sachet de 5 compresses stériles – Antiseptique aqueux chloré (Dakin Cooper Ⓡ) ou Povidone iodée dermique (Bétadine dermique 10% Ⓡ)6 |
| Pendant le soin | Matériel stérile | – Flacon stérile avec unité de transfert – Tube boraté |
| Après le soin | Élimination des déchets | – DAOM – Conteneur OPCT |
| Après le soin | Traçabilité | – Étiquette d’identification du prélèvement (nom, date, heure) |
Technique du recueil aseptique
Avant tout prélèvement urinaire, il est indispensable de préparer la zone génitale afin d’éviter la contamination des urines par la flore cutanée ou périnéale.
→ Étapes de préparation : 6
- Réaliser une hygiène des mains avec une solution hydroalcoolique (FHA) pendant au moins 30 secondes.
- Utiliser des gants non stériles et un tablier à usage unique (précautions standard).13
- Installer le patient confortablement :
- Au lit : en décubitus dorsal, pour les patients dépendants ou hospitalisés.
- Au lavabo ou aux toilettes : pour les patients autonomes et mobiles.
- Placer une protection absorbante ou un bassin si le prélèvement est réalisé au lit.
- Réaliser une toilette génitale avec de l’eau et du savon.
- Retirer les gants, effectuer une nouvelle FHA, puis remettre une nouvelle paire de gants à usage unique.
- Réaliser l’antisepsie avec des compresses stériles imbibées de Dakin Cooper Ⓡ ou Bétadine dermique 10% Ⓡ (le temps d’application conseillé est de 1 minute).14.15
- Homme : décalotter et procéder du méat vers l’extérieur (méat, gland, sillon préputial, verge).
- Femme : procéder de l’extérieur vers le méat en nettoyant de haut en bas, de la région génitale vers la région anale (pourtour de la vulve, grandes lèvres, petite lèvre, méat).
- Utiliser une compresse par zone et par passage.
→ Étapes du prélèvement : 16
- Retirer les gants, effectuer une nouvelle FHA, puis remettre une nouvelle paire de gants à usage unique.
- Ouvrir le flacon sans toucher l’intérieur ni le rebord.
- Poser le couvercle sur une surface propre et sur sa face extérieure.
- Laisser s’écouler le premier jet d’urine dans les toilettes, l’urinal ou le bassin (afin d’éliminer les germes présents dans l’urètre).
- Recueillir le jet médian, directement dans le flacon stérile, sans contact avec la peau ni les vêtements.
- Remplir le flacon au-dessus de la graduation.
- Éviter tout contact entre le flacon et les parties génitales.
- Refermer immédiatement le flacon sans toucher l’intérieur du couvercle.
- Connecter le tube boraté au dispositif pour recueillir les urines (si utilisation d’un tube) :
- Prélever un volume suffisant pour remplir le tube jusqu’au trait indiqué.
- Homogénéiser en effectuant 8 à 10 retournements du tube.
- Vérifier la bonne étanchéité pour éviter toute fuite lors du transport.
- Éliminer les déchets dans le DAOM.
- Effectuer une FHA.
→ Identifier le prélèvement :
- Coller l’étiquette du patient : nom, prénom, date de naissance, date et heure du prélèvement.
- Tracer le soin dans le dossier du patient : heure du prélèvement et envoi au laboratoire.
→ Acheminer le prélèvement : 6
- Placer le flacon dans un sachet de transport étanche prévu pour les échantillons biologiques.
- Acheminer l’ECBU en respectant le délai lié au dispositif utilisé (voir section « Conservation de l’ECBU »).
| Conseils pour un prélèvement fiable : 6.16 – Réaliser le prélèvement le matin au réveil ou au moins 4 heures après la dernière miction : cela permet d’obtenir des urines plus concentrées et donc plus représentatives sur le plan microbiologique. – Effectuer une toilette intime minutieuse. – Recueillir le second jet d’urine : laisser couler le premier jet dans les toilettes ou le dispositif de recueil, puis prélever le jet médian sans contact entre le flacon et la peau. – Refermer immédiatement le flacon après le recueil pour préserver la stérilité de l’échantillon. – Remplir le tube boraté jusqu’au trait indiqué. Un remplissage insuffisant modifie la concentration d’acide borique : celui-ci peut alors devenir bactéricide et fausser le prélèvement. – Homogénéiser le prélèvement en retournant délicatement le tube plusieurs fois. Cette étape permet un mélange homogène de l’urine avec l’acide borique, ce qui garantit une concentration uniforme du conservateur. – Acheminer le prélèvement en respectant le délai de conservation (pot stérile ou tube boraté). |
Conservation de l’ECBU
La conservation de l’ECBU dépend du dispositif utilisé. Voici les délais à
respecter : 6
- ≤ 2 h dans un flacon à ECBU à température ambiante.
- ≤ 24 h dans un flacon à ECBU conservé à 4°C.
- ≤ 48 h à température ambiante dans un tube boraté (vérifier les recommandations du fabricant et du laboratoire).
Il est recommandé de vérifier les indications du fabricant du dispositif utilisé ainsi que les consignes du laboratoire d’analyse, car les conditions de conservation peuvent varier selon le matériel fourni.
Étapes du prélèvement d’un ECBU sur sonde urinaire à demeure
Le prélèvement doit impérativement être réalisé sur le site de prélèvement dédié du système de drainage ad hoc (membrane auto-obturante), jamais dans la poche collectrice. Les urines qui stagnent dans la poche sont considérées comme contaminées par des germes extérieurs et ne reflètent pas l’état bactériologique réel de la vessie.6
De plus, il est nécessaire de clamper la tubulure en aval du site de prélèvement pendant 15 minutes (ou selon la diurèse du patient) pour permettre la réalisation de l’examen.17
→ Réalisation du prélèvement : 17
- Informer le patient et préparer le matériel.
- Effectuer une hygiène des mains, puis enfiler des gants non stériles et un tablier à usage unique.
- Désinfecter le site de prélèvement avec une compresse stérile imbibée de solution alcoolique (alcool 70 % Ⓡ, chlorhexidine alcoolique Ⓡ) et respecter le temps de contact (30 secondes minimum).6.18
- Ponctionner le site de prélèvement sans toucher la zone désinfectée selon la méthode du service.
| Méthode avec seringue stérile | Méthode avec adaptateur Luer BD Vacutainer Ⓡ |
| – Ponctionner le site de prélèvement (membrane auto-obturante) à l’aide de la seringue. | – Connecter le corps de pompe et l’adaptateur Luer BD Vacutainer Ⓡ. |
| Transvaser immédiatement l’urine dans un flacon stérile avec unité de transfert. – Connecter le tube boraté au dispositif pour recueillir les urines. | – Ponctionner le site de prélèvement (membrane auto-obturante) à l’aide du système. – Percuter le tube boraté. |
| Méthode classique, adaptée à tout type de sonde, mais qui demande plus de manipulations. | Méthode plus sûre, qui limite les risques de contamination croisée. |
- Prélever un volume suffisant pour remplir le tube jusqu’au trait indiqué.
- Homogénéiser en effectuant 8 à 10 retournements du tube.
- Éliminer les déchets dans le DAOM et le corps de pompe fixé sur l’adaptateur Luer BD Vacutainer Ⓡ dans le conteneur OPCT.
- Effectuer une deuxième FHA.
- Coller l’étiquette du patient : nom, prénom, date de naissance, date et heure du prélèvement.
- Tracer le soin dans le dossier du patient : heure du prélèvement et envoi au laboratoire.
ECBU chez le patient incontinent
Dans certaines situations, le recueil d’urine stérile peut être difficile, notamment chez les patients incontinents. L’objectif reste d’obtenir un échantillon représentatif, sans contamination ni altération bactérienne.
→ Chez l’homme, il est recommandé d’utiliser un collecteur pénien sur peau propre et sèche, puis d’attendre une émission récente d’urine avant de réaliser le prélèvement.6
→ Chez la femme, un sondage évacuateur peut être réalisé uniquement après avis médical. L’urine est prélevée au milieu du jet, puis la sonde est retirée immédiatement après.6
ECBU chez l’enfant
Le recueil d’urines chez l’enfant doit respecter des règles strictes afin de limiter les contaminations. Plusieurs méthodes peuvent être utilisées : poche, recueil per-mictionnel (milieu de jet), sondage urinaire ou ponction sus-pubienne. Elles présentent des niveaux de contamination très différents selon les données : 6
- Poche : 50 %.
- Per-mictionnel : 25 %.
- Sondage urinaire : 10 %.
- Ponction sus-pubienne : 1 %.
Ces valeurs permettent de nuancer l’interprétation d’un résultat positif : plus la contamination est fréquente, plus la prudence est nécessaire pour conclure à une infection urinaire.
Dans certains cas, des techniques simples de stimulation (tapotements sus-pubiens, massages lombaires) sont utilisées pour favoriser un recueil en milieu de jet chez les nourrissons. Elles peuvent aider à obtenir un échantillon plus rapidement de manière non invasive, mais ne remplacent pas l’importance du choix du mode de recueil selon l’âge, la situation clinique et l’organisation du soin.
Interprétation des résultats
Interpréter les résultats nécessite une analyse méthodique combinant les données cytologiques, bactériologiques et le contexte clinique du patient. Chaque élément du compte-rendu apporte des informations complémentaires qui permettent de confirmer ou d’écarter le diagnostic d’infection urinaire et d’adapter la stratégie thérapeutique.
Examen macroscopique (clinique)
L’analyse macroscopique constitue la première étape et repose sur l’observation directe des urines, avant toute manipulation technique. Cette évaluation visuelle immédiate permet d’orienter rapidement l’analyse et de détecter des anomalies manifestes.
→ Aspect normal :
L’urine normale est jaune pâle à ambrée, limpide et d’odeur discrète. Son intensité varie selon l’hydratation.
Après repos, la présence de dépôts blancs (cristaux, leucocytes) ou rougeâtres (hématies, pigments sanguins) au fond du récipient peut orienter le diagnostic.
| À retenir : 6 Les urines foncées et/ou malodorantes traduisent le plus souvent une concentration élevée liée à une déshydratation ou à certains aliments/médicaments, et ne justifient pas la réalisation systématique d’un ECBU. |
Examen microscopique (cytologie)
Cette technique analyse la composition cellulaire des urines. Cette étape, dont les résultats sont disponibles en quelques heures, oriente le diagnostic.
Les cellules épithéliales
Les cellules épithéliales sont des cellules de revêtement qui tapissent l’ensemble des voies urinaires. Leur présence dans les urines est physiologique en faible quantité, car elles se renouvellent naturellement. En revanche, une augmentation de leur nombre traduit souvent une irritation mécanique (comme le passage d’un calcul) ou une inflammation liée à une infection urinaire. La détection de cellules épithéliales vaginales, morphologiquement distinctes, signe quant à elle une contamination du prélèvement et il convient de réaliser un nouveau prélèvement dans des conditions aseptiques.2
Les hématies
Le taux normal d’hématies (globules rouges) dans les urines est généralement inférieur à 5 000 hématies/mL et leur présence en grande concentration (≥ 10 000/mL) peut définir une hématurie pathologique.2.19
On distingue l’hématurie microscopique, invisible à l’œil nu et détectée uniquement à l’analyse cytologique, de la macroscopique, visible grâce à une coloration rosée, rouge ou brunâtre liée à la présence de sang dans les urines.
Les principales causes d’hématurie sont : 19
- Les infections urinaires (notamment les cystites).
- Les calculs urinaires pouvant léser la paroi.
- Un traumatisme des voies urinaires.
- Une tumeur du rein ou de la vessie.
- Des troubles de la coagulation (surdosage d’anticoagulant).
| Cas particuliers : 19 → Il existe quatre catégories de diagnostics différentiels (fausse hématurie) : – Hémorragies de voisinage (métrorragies). – Coloration d’origine alimentaire (betteraves). – Colorations liées aux effets secondaires médicamenteux (rifampicine et métronidazole) – Origine métabolique. |
Les leucocytes
Le taux physiologique de leucocytes (globules blancs) dans les urines est < 10⁴/mL (soit < 10 000/mL). Une leucocyturie ≥ 10⁴/mL est considérée comme significative.5
Cette élévation témoigne le plus souvent d’une réponse inflammatoire de la muqueuse urinaire à la présence de bactéries dans les voies urinaires.
Les leucocytes migrent dans l’urine pour défendre l’organisme. Leur augmentation constitue donc un marqueur sensible, notamment de cystite ou de pyélonéphrite.
| Cas particuliers : → Une leucocyturie sans bactériurie peut également être observée. Elle doit faire évoquer : 5 – Un traitement antibiotique en cours. – Une urétrite. – Une vaginite. – Un syndrome de la vessie douloureuse (cystite interstitielle). – Une tuberculose urogénitale. – La période menstruelle (hématurie associée). |
Ainsi, la mise en évidence d’une leucocyturie doit toujours être corrélée à la recherche de germes (bactériurie) et interprétée selon le contexte clinique.
Examen bactériologique (culture)
Il permet d’identifier et de quantifier les bactéries présentes dans l’échantillon urinaire. Il faut 24 à 48 heures pour obtenir des résultats complets qui incluent l’identification du germe et de son antibiogramme.
La bactériurie correspond à la concentration de bactéries dans les urines, exprimée en unités formant colonies (UFC) par millilitre. Chez un patient symptomatique avec leucocyturie ≥ 10 000/mL, la bactériurie significative varie selon la concentration du germe : 20
- E. coli : ≥ 10³ UFC/mL.
- Autres entérobactéries (entérocoques, S. aureus) : ≥ 10⁴ UFC/mL (femme) et ≥ 10³ UFC/mL (homme).
- Autres germes et femmes enceintes : ≥ 10⁵ UFC/mL.
Une quantité inférieure à ces seuils n’exclut pas formellement une infection, notamment si un traitement antibiotique a déjà été initié ou si le recueil a été réalisé dans de mauvaises conditions de prélèvement.
Les entérobactéries sont les principales bactéries impliquées dans les infections urinaires communautaires avec parmi elles l’Escherichia coli (E. coli) responsable d’environ 70 à 95 % des cystites simples et de 85 à 90 % des pyélonéphrites aiguës simples.6
D’autres espèces peuvent également être en cause comme le Proteus mirabilis ou Klebsiella pneumoniae.
Ces germes appartiennent à la flore digestive et colonisent secondairement les voies urinaires, le plus souvent par ascension à partir de l’urètre.
| Cas particuliers : → Une bactériurie sans leucocyturie peut également être observée dans certaines situations : 2 – Nouveau-nés. – Femmes enceintes. – Personnes immunodéprimées (VIH, immunosuppresseurs). – Contamination de l’échantillon lors du prélèvement. |
L’antibiogramme : un outil thérapeutique indispensable
Lorsqu’un germe pathogène est identifié, le laboratoire réalise un antibiogramme pour tester la sensibilité de la souche bactérienne par rapport à différents antibiotiques. Cet outil guide le médecin dans le choix du traitement le plus adapté, et permet d’obtenir une meilleure efficacité thérapeutique tout en limitant l’émergence de résistances.5
L’antibiogramme classe chaque antibiotique testé en trois catégories :
- Sensible (S).
- Intermédiaire (I).
- Résistant (R).
Celles-ci orientent vers les molécules les plus efficaces possédant le spectre d’action le plus étroit possible, conformément aux principes de bon usage des antibiotiques.21
Les recommandations actuelles encouragent l’utilisation d’antibiogrammes ciblés, notamment pour les infections urinaires à entérobactéries, afin de diminuer la prévalence des traitements antibiotiques inutiles ou inappropriés et de lutter contre l’antibiorésistance.21
| À retenir : La présence de plusieurs bactéries sans germe dominant définit un ECBU polymicrobien. Cette situation traduit le plus souvent une contamination du prélèvement, même si une infection à germes multiples peut survenir dans des cas particuliers. |
Éducation thérapeutique et rôle de l’infirmier(e)
L’infirmier(e) joue un rôle clé dans la réalisation du prélèvement urinaire et la prévention des infections urinaires. L’éducation thérapeutique du patient (ETP) permet de réaliser correctement un ECBU et d’adopter des comportements préventifs pour limiter les récidives.
→ L’accompagnement infirmier repose sur deux axes principaux :
- Avant le geste : informer le patient sur l’objectif de l’examen, expliquer les étapes de recueil (toilette intime, milieu de jet, transport rapide au laboratoire) et assurer des conditions d’hygiène optimales.
- Après le geste : surveiller les symptômes (fièvre, brûlures, douleurs), transmettre les résultats au médecin et renforcer l’éducation et la prévention.
→ L’éducation thérapeutique repose en parallèle sur les mesures d’hygiène et d’hydratation pour prévenir la récidive d’infections urinaires : 22
- Boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour (sauf contre-indication).
- Uriner régulièrement sans se retenir.
- Uriner après les rapports sexuels.
- Laver les parties génitales au savon doux en partant du méat vers l’anus.
Un patient bien informé réalise un prélèvement fiable, ce qui favorise un diagnostic juste et un traitement adapté et réduit le risque de récidive infectieuse.
Questions fréquentes des patients
Il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour un ECBU. L’analyse porte uniquement sur la présence de cellules et de bactéries dans les urines, indépendamment de l’alimentation.
En dehors de la grossesse, un ECBU de contrôle n’est pas systématique. Il peut être envisagé en cas d’évolution défavorable sous traitement, de récidive précoce ou dans certaines situations particulières.
Il est préférable d’éviter le prélèvement pendant les menstruations, car le sang peut contaminer l’échantillon et fausser l’interprétation. Dans certaines situations, il peut être réalisé avec une hygiène rigoureuse et l’utilisation d’un tampon pour limiter la contamination.
Le premier jet élimine les bactéries naturellement présentes dans l’urètre afin d’éviter qu’elles ne contaminent l’échantillon. C’est le milieu de jet qui est recueilli, car il est représentatif des urines issues de la vessie.
Un ECBU contaminé signifie que plusieurs bactéries ont été retrouvées sans germe dominant. Cela traduit le plus souvent une contamination du prélèvement liée à un manque d’hygiène ou un recueil mal effectué. Il faut refaire le prélèvement dans de bonnes conditions aseptiques.
Conclusion
Au-delà du simple examen biologique, l’ECBU s’intègre dans une démarche clinique et préventive. Il permet de confirmer la présence d’une bactérie afin de cibler le traitement et d’éviter l’évolution vers des formes compliquées comme la pyélonéphrite.
Pour l’infirmier(e), sa réalisation constitue un acte de soin à part entière qui mobilise ses compétences techniques, relationnelles et éducatives. La précision du geste, la maîtrise de l’asepsie et la pédagogie auprès du patient conditionnent la fiabilité du résultat et la qualité de la prise en charge.
Enfin, la prévention reste un axe majeur du rôle infirmier : informer, hydrater, encourager de bonnes pratiques d’hygiène et de miction. Ces actions simples contribuent à réduire la fréquence des infections urinaires et à promouvoir la santé urinaire du patient.
Remerciements
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à Isabelle BATAILLE (cadre de santé et formatrice en IFSI), Aude PALLIER (formatrice et référente en santé) et Badia JABRANE (directrice pédagogique).
Chez Réussis ton IFSI, nous nous engageons à proposer des contenus d’une fiabilité inégalée. En complément de l’expertise interne de notre équipe habituelle, nous valorisons l’apport de professionnel(le)s extérieur(e)s qualifié(e)s qui enrichit nos articles de perspectives nouvelles.
Sources
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- VIDAL. (2024). Examens urinaires.
- VIDAL. (2024). Les tests urinaires par bandelettes.
- Ameli. (2025). Comment se préparer à l’ECBU et lire ses résultats ?
- UroFrance. (2024). Infections urinaires de l’enfant et de l’adulte.
- CPias Île-de-France. (2025). Infections urinaires & sondage vésical.
- HAS. (2024). Choix et durées d’antibiothérapies : cystite aiguë simple, à risque de complication ou récidivante, de la femme.
- ARS. (2019). Définition et concept de fragilité.
- HAS. (2025). Choix et durées d’antibiothérapies : Pyélonéphrite aiguë de la femme.
- HAS. (2025). Choix et durées d’antibiothérapies : Femme enceinte – colonisation urinaire et cystite.
- SPILF-AFU-SF2H. (2015). Révision des recommandations de bonne pratique pour la prise en charge et la prévention des infections urinaires associées aux soins (IUAS) de l’adulte.
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- Centre Hospitalier de Pau. (2016). Pose de sonde urinaire en système clos.
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