Après une chirurgie urologique ou en présence d’une hématurie macroscopique importante, le sang dans la vessie peut s’accumuler, former des caillots et obstruer la sonde urinaire.
Sans prise en charge adaptée, ces caillots empêchent l’écoulement de l’urine, provoquent une distension vésicale, une douleur intense et, dans certaines situations, une perforation vésicale. L’infirmier(e) doit maîtriser l’irrigation vésicale continue pour assurer un soin sécurisé et prévenir les complications liées à l’obstruction.
Comment garantir une irrigation vésicale continue efficace, sûre et conforme aux recommandations actuelles ? Quels sont les paramètres de surveillance et les actions à mettre en place en cas d’obstruction, de ralentissement du débit ou d’arrêt du drainage de l’urine ?
Ce guide détaille les indications, le matériel, les étapes de réalisation, la surveillance infirmière et la gestion des complications afin d’optimiser le soin, de limiter les risques hémorragiques et de sécuriser le lavage vésical chez le patient en postopératoire ou lors d’une hématurie sévère.
Définition et principes de l’IVC
L’irrigation vésicale continue (IVC), ou lavage vésical continu, consiste à perfuser en permanence une solution stérile dans la vessie au moyen d’une sonde urinaire à trois voies.
Elle a pour objectif d’éviter l’obstruction par des caillots sanguins, d’assurer le drainage des urines et de maintenir la perméabilité de la sonde. Ce dispositif médical est utilisé après une chirurgie urologique ou en présence d’une hématurie importante.1
La sonde vésicale 3 voies
La sonde vésicale à trois voies, ou double courant, est une sonde urinaire à demeure conçue pour l’irrigation de la vessie.
→ Le choix du diamètre du cathéter dépend principalement de la sévérité de l’hématurie et du contexte postopératoire lorsqu’un saignement important est attendu : 2
- 18 à 20 Ch : une sonde de plus petit calibre peut être utilisée dans certaines situations (en cas de sténose urétrale connue ou suspectée).
- 22 à 24 Ch : choix de référence lorsqu’il existe un risque de formation de caillots.
- 26 Ch : en cas d’hématurie sévère, afin de faciliter l’évacuation des caillots ou débris chirurgicaux.
| Remarque : Ch = Charrière : unité qui indique le diamètre externe des sondes (1 Ch = 1/3 mm).Plus la valeur en Ch est élevée, plus la sonde est large. |
→ Les sondes possèdent également un ballonnet de grande quantité (jusqu’à 100 mL pour certains modèles). Ce grand volume permet de stabiliser fermement la sonde et parfois d’exercer une compression mécanique dans la loge prostatique ou la vessie afin de favoriser l’hémostase.3
Les caractéristiques présentées dans le tableau suivant complètent ces paramètres.
Tableau 1 – Caractéristiques principales de la sonde vésicale à trois voies : 3.4
| Éléments | Description |
| 3 voies | – Drainage des urines (collecteur). – Irrigation (connexion du soluté). – Gonflage du ballonnet. |
| Ballonnet | – Volume élevé : 30 à 50 mL. – Jusqu’à 100 mL pour certains modèles (sondes prostatiques). – Gonfler à l’eau stérile, jamais de NaCl pour éviter la cristallisation dans le canal de gonflage. |
| Œillets de drainage | – Ouvertures larges facilitant l’évacuation des caillots et des fragments de résection. |
| Matériaux | – Silicone 100 %. – Latex siliconé. |
| Longueur | – ♀ : 40 cm. – ♂ : 40 à 45 cm. |
| Diamètre | – 18 à 26 Ch. |
Pour en savoir plus sur les caractéristiques des sondes et leur durée d’utilisation, vous pouvez consulter notre article dédié à la sonde urinaire à demeure.
Cadre législatif
L’irrigation vésicale continue est un acte infirmier sur prescription médicale (rôle prescrit), conformément à l’article R 4311-7, alinéa 15 du Code de la santé publique.5
La mise en place d’une sonde à trois voies et l’initiation de l’IVC se font sur prescription médicale. L’infirmier(e) assure ensuite la pose, le suivi et la surveillance du dispositif.5
Indications de l’irrigation vésicale continue
Soins postopératoires de chirurgie urologique
L’IVC fait partie des protocoles postopératoires lorsque des saignements sont attendus : 1.6
- Résection transurétrale de la prostate (RTUP).
- Résection transurétrale de la vessie (RTUV).
- Énucléation prostatique au laser Holmium.
Le système d’IVC reste généralement en place plusieurs jours (24 à 72 heures) après une chirurgie transurétrale (RTUP ou RTUV).1
Hématurie macroscopique
Elle est indiquée pour contrôler une hématurie spontanée abondante, notamment en présence d’une tumeur des voies urinaires ou d’un saignement urologique actif. 3
Contre-indications
L’irrigation vésicale continue ne doit pas être réalisée dans les situations suivantes, car elle expose le patient à un risque de complications.
Rupture ou perforation vésicale
Une perfusion continue est contre-indiquée en cas de lésion ou de perforation de la paroi vésicale. Elle expose à un risque d’extravasation du liquide de lavage vers les tissus avoisinants, avec majoration possible du saignement et survenue d’une infection.2
Impossibilité de poser une sonde urinaire
L’IVC nécessite la mise en place d’une sonde vésicale double courant. Ainsi, toute contre-indication du sondage vésical rend l’irrigation impossible.
La situation la plus fréquente est la lésion urétrale, suspectée après un traumatisme fermé du bassin.7
Patient porteur d’une néovessie
La néovessie est une vessie de remplacement construite à partir d’un segment intestinal après cystectomie. L’IVC est déconseillée dans ce contexte, car le réservoir est plus fragile, moins étanche et sensible à la distension. Ce dispositif augmente le risque d’extravasation du liquide et d’infection.
| Remarque : 2 En présence de caillots volumineux, l’efficacité de l’IVC peut être limitée. Lorsque le décaillotage manuel ne suffit pas, une intervention chirurgicale peut être envisagée selon le contexte clinique et le protocole institutionnel. |
Matériel nécessaire
Solutés d’irrigation
→ La solution la plus utilisée pour l’IVC est le chlorure de sodium à 0,9 % (NaCl 0,9 %), administré à température ambiante.
→ Dans certains cas, notamment lors d’irrigations prolongées, le sérum peut être réchauffé (35-38°C). Les études montrent une bonne tolérance avec réduction significative de l’hypothermie et des frissons postopératoires.8.9
→ À l’inverse, l’utilisation de sérum froid reste controversée. Bien que théoriquement vasoconstricteur, le froid augmente la viscosité du liquide ce qui réduit le débit, favorise les spasmes vésicaux et peut altérer la coagulation.10
Son usage est réservé à des situations exceptionnelles d’hémorragie réfractaire, sur prescription médicale.
| Remarque : Sur prescription médicale, un traitement par acide tranexamique (Exacyl®) peut être administré par voie intravésicale, en complément de l’irrigation, dans certaines hématuries macroscopiques sévères afin de favoriser l’hémostase.11 |
Dispositif de perfusion et système de drainage
Pour assurer la circulation continue du liquide de rinçage et l’évacuation des urines, un dispositif de perfusion et un système de drainage adaptés sont nécessaires.
→ Sonde vésicale 3 voies déjà en place ou à poser. La pose reprend les principes d’une sonde urinaire à demeure, avec comme principale différence un ballonnet de plus grande capacité. La procédure de pose est détaillée dans notre guide infirmier sur la sonde urinaire à demeure.
→ Le dispositif de perfusion est composé d’une tubulure stérile connectée à la poche de lavage stérile (poche de 3 litres).
La tubulure peut être simple ou en Y pour raccorder plusieurs poches d’irrigation, mais une seule doit rester ouverte à la fois. L’ouverture simultanée de deux poches augmente le risque de dépasser la capacité du sac de recueil et compromet la sécurité du lavage vésical.
→ Un collecteur à urines de grande contenance (4 à 5 L) permet de recueillir le retour d’irrigation et les urines sur plusieurs cycles, ce qui limite le nombre de manipulations nécessaires pour la vidange du sac.
Le sac collecteur intègre une chambre compte-gouttes avec un clapet anti-retour, qui empêche le reflux d’urine vers la sonde ou la tubulure.4
Matériel complémentaire
| Catégorie | Matériel |
Hygiène du/de la soignant(e)/environnement | – SHA – Désinfectant de surface – Plateau propre ou surface désinfectée |
| Protection | – Gants à usage unique – Tablier ou surblouse à usage unique – Masque chirurgical |
| Antisepsie | – Compresses stériles – Antiseptique alcoolique (chlorhexidine 2 % ou alcool 70°) |
Surveillance | – Bocaux gradués (mesure des volumes de retour) – Feuille de surveillance papier ou informatisée (débit, aspect, volume) |
Élimination des déchets | – Sac DAOM |
Réalisation d’une irrigation vésicale continue étape par étape
Avant d’initier le geste, l’infirmier(e) se réfère à la prescription médicale et prépare le soin de façon rigoureuse. Le patient est identifié et informé du déroulement de l’IVC, de ses objectifs et des sensations éventuelles afin de favoriser son adhésion et de réduire son anxiété. Le confort, l’intimité et la pudeur sont assurés pendant toute la prise en charge.
Le patient doit être informé que l’irrigation doit être continue. Lorsque la poche est vide, il prévient l’infirmier(e) pour son remplacement immédiat, afin de maintenir le flux et de limiter la formation de caillots.
L’environnement est organisé pour garantir l’asepsie et la sécurité :
- Désinfection du plan de travail.
- Installation du matériel stérile.
- Vérification des dates de péremption et de l’intégrité des emballages.
Le matériel est préparé et est à portée de main, de façon ergonomique et sécurisée. Ces étapes conditionnent la réussite du soin et diminuent les risques d’événements indésirables.
Avant d’initier l’IVC, il est essentiel de vider la poche collectrice afin d’obtenir un bilan entrées/sorties précis. Pour la technique de vidange, se référer à notre article dédié à la sonde urinaire à demeure.
| Remarque : 12.13 Certains protocoles recommandent d’utiliser des gants stériles lors de la connexion de l’IVC. D’autres, recommandent une asepsie rigoureuse avec des gants non stériles et des compresses imbibées de solution alcoolique. Les pratiques peuvent varier selon les établissements, il convient de se référer au protocole du service. |
Étape 1 : préparation du patient
- Effectuer une hygiène des mains avec une solution hydroalcoolique et respecter les étapes recommandées pour une durée minimale de 30 secondes.
- Installer le patient en décubitus dorsal.
- Placer la protection absorbante sous le patient.
Étape 2 : préparation du système d’irrigation
- Effectuer une friction hydroalcoolique (FHA).
- Rassembler le matériel sur une surface désinfectée
- Préparer et suspendre les poches d’irrigation sur le pied à perfusion.
- Fixer le pied à perfusion à la hauteur adéquate.
- Insérer les pointes des tubulures dans les poches.
- Remplir la chambre compte-gouttes partiellement et purger la tubulure pour expulser l’air.
- Refermer le clamp après purge complète.
Étape 3 : connexion au patient
- Effectuer une FHA.
- Porter des gants non stériles, un tablier à usage unique et un masque chirurgical.14.15
- Désinfecter l’embout de la voie d’irrigation de la sonde avec une compresse stérile imbibée de solution alcoolique.12.13.16
- Connecter la tubulure d’irrigation à la voie d’entrée de la sonde en effectuant les manipulations à l’aide d’une compresse imbibée de solution alcoolique.13
- Vérifier que le sac collecteur est correctement connecté à la voie de drainage.
- Vérifier l’absence de pliure sur la sonde vésicale, la tubulure d’irrigation et sur le tuyau collecteur
- Éliminer les déchets et les gants dans le sac DAOM.
- Effectuer une FHA.
Étape 4 : mise en route et réglage du débit
- Ouvrir le clamp de la première poche de sérum.
- Vérifier l’écoulement du liquide dans la chambre compte-gouttes.
- Régler le débit initial selon la prescription médicale et le protocole du service.
- Vérifier immédiatement que le liquide s’écoule dans le sac collecteur.
- S’assurer du confort du patient : absence de gêne, de douleur.
- Tracer le soin dans le dossier patient :
- Date et heure de début de l’IVC.
- Réglage initial du débit.
- Aspect des urines.
Réglage du débit de l’IVC
Le réglage du débit relève du rôle de l’infirmier(e), conformément à la prescription médicale et au protocole du service. L’objectif est de garantir une circulation suffisante du liquide afin d’éviter l’obstruction.
Mécanismes de réglage du débit
1. Réglage manuel
Dans la majorité des situations, le débit est régulé grâce à une tubulure avec chambre compte-gouttes. Le/la soignant(e) modifie le débit grâce au clamp à roulette (roller clamp) situé sur la tubulure d’irrigation.
→ Plusieurs facteurs modifiables influencent le flux de la solution : 10
- Hauteur du dispositif d’irrigation : la hauteur accroît la pression hydrostatique et donc le débit.
- Température de la solution : un liquide à température ambiante offre un meilleur débit qu’une solution froide.
- Diamètre de la sonde vésicale : le débit augmente avec le diamètre croissant du cathéter.
2. Réglage automatisé
Dans certains services, notamment en réanimation, l’irrigation peut être réalisée à l’aide d’une pompe volumétrique. Ce dispositif permet de contrôler précisément du volume perfusé, mais son utilisation reste rare en dehors des unités spécialisées.
Détermination et ajustement du débit
Le réglage repose sur un principe simple : plus les urines sont hématuriques, plus le débit est augmenté, inversement, des urines claires ou rosées permettent de réduire progressivement le débit.3.12.17
→ Objectif : maintenir un drainage rose pâle ou clair, signe d’une dilution efficace du sang par l’irrigation.
→ En pratique : en cas d’hématurie persistante malgré l’augmentation du débit, ou de caillotage résistant, une évaluation médicale doit être sollicitée et un décaillotage vésical est envisagé.
Une étude a mesuré un débit moyen d’environ 570 mL/h (190 gouttes/min), avec une plage allant de 0 à plus de 5 000 mL/h. Cette grande variabilité illustre l’absence de débit « standard ».1
Paramètres de surveillance et conduite à tenir
La surveillance de l’IVC relève du rôle infirmier(e). Elle contribue à l’efficacité du traitement et au maintien de la stabilité clinique du patient. Elle s’appuie sur une observation régulière et structurée, avec une fréquence adaptée à l’évolution de la situation.
Coloration du drainage
La couleur du liquide drainé guide l’ajustement du débit. La surveillance est rapprochée lors de l’initiation du traitement puis espacée lorsque le drainage se stabilise.
Tableau 2 – Coloration du drainage et conduite à tenir : 17.18
| Coloration observée | Interprétation | Conduite à tenir |
| Claire à rose pâle | Objectif atteint, dilution efficace | Maintenir ou diminuer progressivement le débit |
| Rosée foncée | Saignement léger ou débit insuffisant | Augmenter le débit |
| Rouge | Saignement actif possible | Augmenter significativement le débit et renforcer la surveillance |
| Rouge foncé | Présence de caillots ou sang ancien en cours d’évacuation | Surveiller l’écoulement, l’évolution de la couleur et la présence de caillots |
| Remarque : L’évaluation de la coloration est subjective et varie selon l’expérience de l’infirmier(e). Il est essentiel de se référer au protocole du service, qui peut préciser des seuils d’alerte ou des conduites à tenir adaptés au contexte local et au type de chirurgie. |
Bilan entrées/sorties
Le bilan entrées/sorties permet de calculer la diurèse réelle du patient et de détecter une obstruction du système.
→ Formule : Diurèse nette (DN) = Volume drainé (VD) − Volume instillé (VI).
→ Exemple : 3 400 mL drainés − 3 000 mL instillés = 400 mL de diurèse.
Interprétation : 13
- VD = VI : la diurèse est nulle, il faut surveiller la fonction rénale.
- VD > VI : diurèse conservée.
- VD < VI : suspecter une obstruction et vérifier le circuit (pliures, clampage), arrêter l’irrigation et alerter le médecin si le problème persiste.
Perméabilité du système
L’irrigation et le drainage doivent être continus. Toute interruption du flux expose à des risques :
- En amont (tubulure d’irrigation) : arrêt de l’instillation, stase du sang dans la vessie et formation de caillots.
- En aval (tubulure de drainage) : distension vésicale, qui peut entraîner douleur, spasmes et, dans les cas graves, perforation vésicale.1
| Élément à vérifier | Signe d’alerte | Conduite à tenir |
| Tubulure d’irrigation | Arrêt ou diminution du débit dans la chambre compte-gouttes | Vérifier le niveau de la poche Vérifier l’absence de pliure |
| Sac collecteur | Interruption du remplissage du sac collecteur alors que l’irrigation est en cours | Vérifier la tubulure de drainage et rechercher une obstruction |
En cas d’anomalie persistante malgré ces vérifications, une obstruction du système doit être suspectée.
Obstruction du système : causes et prise en charge
L’obstruction du cathéter est la complication la plus fréquente durant une IVC et elle peut avoir plusieurs causes : 12.19
- Obstruction par caillots : les caillots sanguins et l’hématurie représentent la cause principale de l’obstruction du cathéter.
- Obstruction par sédiments : lorsque l’obstruction est due à des sédiments ou à des incrustations, l’IVC n’est pas indiquée. Dans ce cas, il peut être indiqué de changer la sonde vésicale.
- Obstruction par effet de succion : l’extrémité du cathéter peut adhérer à la paroi vésicale et interrompre le drainage. Ce phénomène peut être réduit en surélevant légèrement la poche de drainage afin de diminuer la pression négative.
- Blocage mécanique : la présence de plis dans la tubulure augmente le risque d’obstruction et doit être systématiquement évitée.
Signes d’obstruction
Les signes évocateurs d’un cathéter bloqué comprennent : 12
- Absence de drainage dans la poche.
- Bilan entrées/sorties négatif.
- Distension sus-pubienne ou douleur abdominale basse.
- Fuite d’urine autour du cathéter.
- Symptômes neurovégétatifs : tachycardie, agitation, hypotension, sudation.
Lavage vésical manuel (décaillotage)
L’IVC seule ne permet pas de lever une obstruction importante. En cas d’obstruction avérée, l’irrigation doit être interrompue immédiatement.
Le flux peut être rétabli par un lavage vésical manuel (décaillotage) via le canal de drainage du cathéter, à l’aide d’une seringue adaptée qui permet d’injecter puis d’aspirer la solution, afin de retirer les caillots responsables de l’obstruction.
Cette manœuvre doit être effectuée avec douceur pour éviter les lésions vésicales et les complications post-chirurgicales. L’intervention doit être précoce, dès l’apparition des signes d’obstruction, car un blocage prolongé augmente le risque de complications.
C’est une intervention que l’infirmier(e) est habilité(e) à pratiquer sur prescription médicale ou protocole écrit du service (daté et signé par le médecin) selon l’article Article R4311-7 du code de la santé publique.5
Conseils d’expert(e)s
R. Virginie – Infirmière sexologue en urologie
Lors du lavage vésical continu, l’IDE n’est pas seulement exécutant, il est le garant de la sécurité, du confort et de la dignité du patient. Par son expertise, sa vigilance et son humanité, il transforme un geste technique en véritable soin.
Conclusion
L’irrigation vésicale continue est un soin infirmier technique qui nécessite rigueur et vigilance. Trois éléments structurent la surveillance : la couleur du drainage, le bilan entrées/sorties et le contrôle de la perméabilité du dispositif.
L’infirmier(e) ajuste le débit d’irrigation et repère les signes d’obstruction. En cas de formation de caillots trop volumineux, le lavage vésical manuel (décaillotage) permet souvent de rétablir le drainage. Si la difficulté persiste, une évaluation médicale rapide est indispensable afin de limiter les complications postopératoires et de garantir la sécurité du patient.
Ce soin est également un moment clé pour impliquer le patient dans sa prise en charge. Il peut être sensibilisé à la surveillance de la couleur des urines, à l’évolution de son hématurie et à la prise en compte de son ressenti. Cette information renforce l’adhésion du patient, favorise la détection précoce des anomalies et améliore la qualité de la prise en charge.
Remerciements
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à Isabelle BATAILLE (cadre de santé et formatrice en IFSI), Aude PALLIER (formatrice et référente en santé), Badia JABRANE (directrice pédagogique), Virginie R. (infirmière sexologue en urologie) et Mélanie Brassart (infirmière en urologie et bloc opératoire).
Chez Réussis ton IFSI, nous nous engageons à proposer des contenus d’une fiabilité inégalée. En complément de l’expertise interne de notre équipe habituelle, nous valorisons l’apport de professionnel(le)s extérieur(e)s qualifié(e)s qui enrichit nos articles de perspectives nouvelles.
Sources
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- Robinson C. (2025). Continuous Bladder Irrigation Review. Nursing CE Central.
- OMEDIT Centre. (2024). Sondes 3 voies (ou double courant) – Bon usage des sondes urinaires et étuis péniens.
- Medline. (2024). Solutions urologiques.
- Légifrance. (2025). Code de la santé publique : Article R4311-7.
- Pignot G. et al. (2022). Les complications chirurgicales en urologie adulte : chirurgie de la vessie. Prog En Urol.
- Chung P.H. (2025). Comment effectuer un cathétérisme urétral chez l’homme. Manuel MSD.
- Cao J., Sheng X., Ding Y., Zhang L. & Lu X. (2019). Effect of warm bladder irrigation fluid for benign prostatic hyperplasia patients on perioperative hypothermia, blood loss and shiver: A meta-analysis. Asian J. Urol. 6, 183–191.
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- ACI Urology Network. (2022). Bladder irrigation: Management of haematuria.
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