La toilette est un soin d’hygiène corporelle réalisé quotidiennement à l’aide d’eau, de savon doux et d’un gant de toilette, adapté au degré de dépendance du patient.1 Elle vise à assurer la propreté de la peau et des téguments tout en préservant le confort, l’intimité et l’autonomie de la personne soignée.
Au-delà du geste technique, la toilette est un moment d’évaluation clinique à part entière : état cutané, douleur, mobilité, état physique et moral.
Cet article détaille les types de toilettes, le matériel, les étapes de la toilette au lit du haut vers le bas, les surveillances infirmières et la collaboration avec l’aide-soignant(e).
Définition de la toilette en sciences infirmières
La toilette est un des soins omniprésent dans le travail du/de la soignant(e). Elle est perçue par certain(e)s professionnel(le)s de santé comme un moment fondateur : une véritable entrée dans la profession, qui marque l’immersion dans la réalité du soin et la rencontre avec le malade, son corps et sa dépendance.2 Adaptée au degré d’autonomie de la personne soignée, son objectif est d’assurer la propreté de la peau et des téguments tout en préservant l’autonomie, la dignité, la pudeur et l’intimité du patient.3
Constituant l’un des soins les plus complexes à mettre en œuvre, elle ouvre, pour celui qui la pratique comme pour celui qui la reçoit, des espaces de perception particulièrement riches de sens.2 Elle engage une véritable relation avec la personne soignée : observer son état physique et moral, repérer une éventuelle douleur, respecter ses besoins, son confort, son intimité et son autonomie. Chaque main posée, chaque pli inspecté, chaque geste mesuré participe à une attention et une compréhension approfondie du patient.
Elle fait partie des besoins fondamentaux de Virginia Henderson, notamment le besoin « d’être propre, soigné(e) et de protéger ses téguments ». Pour en savoir plus sur les différents besoins, vous pouvez consulter notre guide infirmier : les 14 besoins de Virginia Henderson. Ce soin s’effectue dans le respect des précautions standard, socle de la prévention des infections associées aux soins. Il s’applique à tout patient, en tout lieu et par tout(e) professionnel(le).
Pendant la toilette, le/la soignant(e) évalue l’état physique de la personne en observant attentivement sa peau, sa mobilité, sa respiration et ses réactions aux gestes réalisés. Ce temps de proximité permet aussi d’apprécier l’état psychologique du patient : son comportement, son humeur, son degré de coopération et ses éventuelles appréhensions.
La toilette contribue directement au bien-être global du patient. Elle procure une sensation de confort, de fraîcheur et de dignité et favorise la détente et le relâchement. Ce temps de proximité renforce la relation thérapeutique : le patient se sent reconnu et respecté, tandis que le soignant instaure un climat de confiance et de sécurité. Cette relation est d’autant plus importante que la toilette place la personne dans une situation de vulnérabilité et nécessite de porter une attention particulière à l’intimité et à la pudeur de la personne soignée.
Sur le plan clinique, la toilette est aussi un moment d’observation. Elle permet d’observer l’état et l’intégrité de la peau, notamment des zones à risque, mais aussi d’autres anomalies telles des œdèmes, la présence d’une douleur ou de signes d’infection. Le soin contribue à maintenir le rôle protecteur et sécréteur de la peau, en favorisant son intégrité et en préservant ses fonctions naturelles.
La toilette s’accompagne systématiquement de soins complémentaires, tels que la prévention des escarres, l’hygiène bucco-dentaire et les soins esthétiques. Ces gestes associés à la toilette participent à la préservation de la santé globale du patient et à la réduction des complications liées à l’immobilité et/ou à la dépendance.
Ainsi, la toilette dépasse largement la dimension de l’hygiène. C’est un acte de soin complet, qui intègre observation, prévention, confort et relation thérapeutique.
Cadre législatif et réglementaire de la toilette
Dans la profession infirmière, la toilette s’inscrit avant tout dans l’article R. 4311-2 alinéa 1 du Code de la santé publique.4 Elle relève du rôle propre de l’infirmier(e), défini par le Décret n°2004-802 du 29 juillet 2004, codifié dans les articles R. 4311-3 et R. 4311-5 du Code de la santé publique.5.6
En outre, selon l’article R. 4312-37 du Code de la santé publique, l’infirmier(e) a l’obligation de respecter les règles d’hygiène dans l’administration des soins et de s’assurer de la bonne élimination des déchets.7
Prérequis éthiques et déontologiques dans la toilette
La toilette, qui est un soin réalisé de façon autonome par le/la professionnel(le), est régie selon le Décret n°2016-1605 du 25 novembre 2016 du Code de déontologie des infirmiers.8
En effet, la responsabilité de l’hygiène de la personne et de son environnement correspond aux missions de la profession infirmière définies dans l’article L. 4311-1 du Code de la santé publique et au champ du rôle propre donné par l’article R. 4311-5 du même code.6.9
Elle est fondée et encadrée par des concepts centraux tels que l’hygiène, la pudeur, l’intimité, la dignité, le confort, l’autonomie, l’ergonomie et la sécurité. Elle ne se réduit pas à un simple geste d’hygiène, elle mobilise des dimensions techniques, relationnelles, symboliques et esthétiques.
Derrière l’acte de laver une personne se cache une véritable rencontre, une communication et un partage d’intimité qui engagent autant le soignant que le soigné, notamment par l’intermédiaire du toucher.3 La toilette, en apparence simple, ouvre en réalité un espace riche de significations et renvoie au corps et, plus largement, à la représentation de soi.3
Elle porte également une dimension de mystère héritée des traditions religieuses et culturelles. Mais, au-delà de ce caractère sacré, la toilette est avant tout un moment profondément humain : elle permet au patient de rester une personne à part entière durant les étapes de la toilette, et non un simple corps à nettoyer. Elle échappe à une vision strictement médicale et pathologique. C’est en effet une expérience de reconnaissance mutuelle : l’identité du soignant se construit dans la confrontation à l’altérité.
La toilette est un instant particulier qui place le patient dans une situation de grande vulnérabilité, puisqu’il est dénudé et exposé. La pudeur représente « la limite fixant ce qui relève de l’intimité ou de l’extimité, générant un malaise lorsqu’elle est franchie ».10
Ceci peut être source d’inconfort, voire de douleur et réactiver des traumatismes psychiques. C’est pourquoi le respect permanent de la pudeur et de l’intimité du patient est indispensable. Cela implique une posture professionnelle neutre, rassurante, attentive, bienveillante et respectueuse.
Il faut maîtriser la communication verbale, para-verbale et non verbale en ce qui concerne l’image du corps : parler avec respect du corps et de la personne, éviter tout commentaire déplacé ou humiliant, utiliser un ton doux et une attitude calme, écouter les demandes, prendre en compte les habitudes d’ordre culturel ou religieux et les appréhensions du patient, et adapter son langage à ses capacités cognitives.
Au-delà de l’hygiène et du respect de l’intimité, la toilette est également une expérience esthétique et sensible. Elle vise le confort et le bien-être, en tenant compte des désirs, des attentes et des habitudes de vie du patient. Chaque geste, chaque attention et acte de bienveillance, dans la douceur et l’accompagnement, permettent de maintenir l’image et la dignité de la personne soignée.
De plus, le respect et le maintien de l’autonomie du patient constituent des principes fondamentaux en pratique infirmière. Ils impliquent de solliciter la personne afin qu’elle réalise elle-même ce qu’elle est capable de faire, en favorisant autant que possible son indépendance. L’infirmier(e) ne doit pas agir à la place du patient lorsqu’il peut être accompagné ou guidé dans la réalisation des gestes, cela accentuerait le risque de syndrome de glissement. L’attitude professionnelle repose sur l’idée de proposer plutôt que d’imposer, en laissant à la personne la possibilité de choisir et de participer activement au soin.
Cette autonomie se traduit également par le respect du refus de soin du patient, sauf en cas de situation d’urgence où la sécurité prime. Le soin doit être adapté au projet de vie personnalisé de chaque individu, en tenant compte de ses habitudes, de ses valeurs et de ses souhaits. Ainsi, l’infirmier(e) contribue au maintien de la dignité et de l’identité du patient, en l’accompagnant dans une démarche qui valorise ses capacités et son rôle dans la prise en soin de sa santé.
La toilette constitue également un moment privilégié pour accompagner la personne et déceler toute forme de maltraitance, puisqu’elle requiert une vigilance constante face aux signes susceptibles de révéler une atteinte physique, psychologique, sexuelle ou financière. À l’inverse, elle peut aussi devenir, si elle est mal réalisée ou imposée, un temps de maltraitance envers le patient. L’observation doit être menée avec objectivité et donner lieu à une documentation précise et factuelle, afin d’éviter toute interprétation subjective.
La toilette est bien plus qu’un acte d’hygiène : c’est un rituel de dignité, une rencontre intime qui engage le soignant et le soigné dans une relation de confiance et de reconnaissance mutuelle.
Les différents types de toilettes : lavabo, lit, douche et baignoire
Le choix du type de toilette est adapté à la personne soignée. Il repose sur une approche individualisée qui prend en compte ses habitudes de vie, ses pathologies, son état de santé général ainsi que son degré d’autonomie. L’objectif est de préserver au maximum son autonomie afin d’éviter l’installation d’une dépendance. La toilette est donc un soin personnalisé, inscrit dans le projet de soins et de vie du patient, respectueux de son rythme, de ses préférences et de ses capacités. Comme pour tout acte de soin, sa réalisation répond aux règles de bonne pratique afin de garantir la pudeur et l’intimité du patient, d’assurer sa sécurité tout au long du soin, de maintenir sa dignité, et de respecter les principes d’hygiène et d’asepsie. L’ergonomie est également un paramètre à ne pas négliger, tant pour le confort du patient que pour la prévention des troubles musculo-squelettiques du/de la soignant(e). Chaque geste doit être réfléchi, mesuré et adapté à la situation clinique.
La toilette peut prendre plusieurs formes selon le contexte et les possibilités offertes : elle peut être complète ou partielle, réalisée au lit pour les patients alités ou au chariot de douche pour ceux qui nécessitent un accompagnement plus encadré. Elle peut également être partielle au lavabo, afin que le patient puisse participer activement au soin, ou se dérouler sous forme de douche, pour favoriser une sensation de fraîcheur et de bien-être. Chaque modalité est choisie en fonction des besoins du patient, de son confort et du degré de participation possible.
La toilette au lavabo
La toilette au lavabo est indiquée pour les patients autonomes et semi-autonomes, capables de se mobiliser et de maintenir quelques minutes la position debout ou assise.
Réalisée dans la salle de bain, elle permet au patient de conserver une certaine indépendance dans les gestes quotidiens. Elle favorise son autonomie et sa participation active et renforce sa dignité. Le choix du lieu, notamment la salle de bain, joue un rôle essentiel dans la dynamique du soin. Cet environnement favorise naturellement l’engagement du patient dans les actes d’hygiène et stimule davantage son autonomie. Par exemple, le simple fait de se retrouver devant un miroir ou d’avoir les objets du quotidien à portée de main peut amener la personne à initier spontanément des gestes comme se coiffer ou se brosser les dents. À l’inverse, ces initiatives seraient beaucoup moins probables si le soin était réalisé au lit, un contexte moins propice, en particulier pour les personnes présentant des troubles cognitifs.
Le/la soignant(e) encourage le patient à réaliser lui-même les gestes de la vie quotidienne qu’il peut accomplir afin de maintenir son autonomie, en apportant une aide ciblée uniquement pour les zones difficiles d’accès, comme le dos ou les creux poplités. Cette approche valorise les capacités du patient, limite la dépendance et contribue à maintenir son estime de soi dans un cadre respectueux et ergonomique. Cependant, la toilette au lavabo peut être assez fatigante pour le patient et ne devrait pas excéder 30 minutes. Il ne s’agit pas d’une contrainte stricte, mais d’un repère pour un soin fluide et adapté au rythme du patient. L’objectif est que ce moment reste centré sur le confort, le bon sens et l’accompagnement, sans technicité excessive, et qu’il ne dure pas plus longtemps que nécessaire.
La toilette au lit
La toilette au lit est destinée aux patients alités, dépendants, semi-dépendants, présentant une altération temporaire de l’état général ou sur indication médicale.
Réalisée en chambre, directement sur le lit du patient, elle permet une aide à la toilette tout en préservant l’énergie du patient et offre au/à la soignant(e) l’opportunité de surveiller l’état cutané du patient, afin de détecter précocement des lésions ou des risques d’escarres tout en assurant une hygiène du patient alité.
Cette toilette peut nécessiter la présence de deux soignant(e)s afin d’assurer des mobilisations sécurisées, respectueuses de l’ergonomie et du confort du patient et des professionnel(le)s.
Une toilette au lit peut être réalisée pour une personne nécessitant un alitement strict. Le patient n’est pas dépendant, peut donc réaliser sa toilette de façon autonome à condition d’installer le matériel nécessaire et ses effets personnels à proximité de son lit.
La toilette à la douche
La douche est indiquée pour les patients ayant conservé une certaine mobilité et ne présentant pas de contre-indication médicale particulière. Ce type de toilette permet une prise en soin complète et rafraîchissante, et procure au patient une sensation de propreté et de bien-être tout en stimulant son organisme et son moral. Elle est particulièrement facile à mettre en œuvre dans les établissements équipés, et offre un cadre ergonomique pratique et sécurisant. Le débit d’eau et la température doivent être soigneusement contrôlés, consentis par le patient afin d’assurer son confort et d’éviter tout risque de brûlure ou de refroidissement, tout inconfort. Elle constitue une modalité de soin efficace, agréable et respectueuse des besoins individuels. Elle favorise l’autonomie et le maintien de la dignité.
En outre, la douche peut être réalisée pour un patient installé sur un fauteuil de douche, un dispositif présent dans les établissements de soins, mais également disponible à l’achat pour les personnes dépendantes vivant à domicile. Un aménagement de la salle de bain est alors nécessaire. La toilette au fauteuil de douche est particulièrement adaptée aux patients présentant une mobilité réduite qui peuvent réaliser des transferts avec appui sur les jambes (personnes se déplaçant en fauteuil roulant). Elle se réalise grâce à un fauteuil percé installé directement sous la douche. Cette technique favorise la participation active du patient, lui permet de recouvrer une autonomie partielle, tout en préservant sa sécurité. Le fauteuil de douche facilite l’ergonomie du soin et les manutentions.
En plus de son aspect fonctionnel, la toilette au fauteuil de douche améliore le confort du patient et contribue à préserver sa dignité, en lui offrant une expérience plus proche de ses habitudes de vie quotidienne. Elle représente une solution efficace et respectueuse, qui concilie hygiène, autonomie et qualité relationnelle dans le cadre du soin.
La toilette dans une baignoire
La toilette dans une baignoire s’adresse principalement aux patients autonomes et semi-autonomes, qui ne présentent aucune contre-indication médicale.
C’est un soin confortable et hygiénique, réalisé le plus souvent au domicile du patient, qui procure une réelle sensation de bien-être et favorise la relaxation grâce au contact prolongé avec l’eau. Ce moment peut être vécu comme un temps de détente et permet au patient de préserver ses habitudes de vie et de renforcer son sentiment de dignité. Toutefois, la baignoire demande une vigilance accrue de la part des soignant(e)s, car elle expose à un risque plus élevé d’accidents, notamment de chutes. Des mesures de prévention doivent donc être systématiquement mises en place : surveillance attentive, installation de barres d’appui, tapis antidérapants et accompagnement lors des transferts. Ainsi, la toilette dans la baignoire, lorsqu’elle est adaptée et sécurisée, allie confort, hygiène et dimension thérapeutique, tout en respectant l’autonomie du patient.
Matériel nécessaire pour la toilette au lit
Nous allons ici présenter le matériel nécessaire pour réaliser une toilette complète au lit :
- Les vêtements du patient du jour devant être adaptés à la situation (tenue quotidienne, chemise de nuit, pyjama, chemise d’opéré) qu’il aura préalablement choisi et décidé de porter avec l’aide éventuelle du/de la soignant(e).
- Nécessaire de toilette personnel : peigne, rasoir, mousse à raser, parfum, eau de toilette, eau de Cologne, déodorant, brosse à dents, dentifrice…
- 1 gel douche du patient ou 1 savon doux (liquide de préférence) adapté à son type de peau.
- Le shampooing du patient ou du service (si possible).
- En l’absence de guéridon, s’adapter. Aménager un plan de travail (table adaptable, chaise, chariot de soins…) préalablement désinfecté.
- Si présence d’un guéridon de nursing : nettoyé et désinfecté composé de 2 parties :
| Partie supérieure (côté propre) | Partie inférieure (côté sale) |
| – 2 serviettes de toilette : une serviette pour le visage, torse, dos, membres supérieurs et inférieurs, et l’autre serviette pour la toilette intime et le siège. – Des gants de toilette personnels ou de la structure (les gants à usage unique en dernier recours dans un souci d’économie) ou les gants personnels du patient : un gant pour le visage, torse, dos, membres supérieurs et inférieurs, et l’autre gant pour la toilette intime et le siège. – Des gants non stériles à usage unique. – 1 tablier plastique et imperméable. – 1 solution hydroalcoolique. | – 1 produit détergent-désinfectant avec papier ou lingette à usage unique pour l’entretien de l’environnement proche du patient. – 1 sac poubelle DAOM. |
Il faut toujours évaluer en amont les besoins en matériel de soin adapté à la situation afin de maintenir une bonne hygiène :
- 1 protection anatomique adaptée à la taille du patient (change complet, serviette anatomique, protection absorbante) si incontinence.
- Un bassin de toilette.
- Pour la toilette au lit : une bassine/cuvette et des alèses à usage unique.
- D’autres matériels nécessaires pour la toilette personnelle : peigne, rasoir, parfum, eau de toilette, déodorant, brosse à dents…
- 1 spray d’huile de soin si besoin.
Réaliser une toilette au lit étape par étape
Chaque établissement de santé possède son propre protocole de soins : il faut donc se référer aux protocoles du service.
L’infirmier(e) devra rester cohérent(e) et logique lors de la réalisation du soin en fonction des habitudes de vie du patient, de ses capacités, de ses pathologies tout en respectant l’ensemble des précautions lors de la toilette.
Pour le bon déroulement du soin, le/la soignant(e) utilise la règle « ECORSET »11, afin de vérifier en permanence la validité, la pertinence et la qualité de chaque soin prodigué. Il/elle s’appuie sur sept critères qui garantissent une qualité de prise en soins globale et sécurisée du patient en prenant en compte toutes les dimensions du soin :
- E – Efficacité : le soin doit être complet et minutieux et répondre précisément à l’objectif fixé. Dans le cadre de ce soin, cela signifie que la toilette s’applique à chaque zone du corps avec méthodologie, en respectant les principes d’hygiène et en maintenant l’autonomie du patient autant que possible. Le soin doit être accompli en préservant les capacités du patient à participer activement.
- C – Confort : cette dimension englobe le confort physique et psychologique du patient. Physiquement, il s’agit de vérifier la température de l’eau, d’installer le patient confortablement, d’éviter les positions douloureuses et de maintenir sa chaleur corporelle tout au long du soin.
Sur le plan psychologique, le confort passe par le respect de la pudeur et de l’intimité du patient, l’explication des gestes effectués, l’écoute des besoins exprimés et la création d’un climat de confiance rassurant.
- O – Organisation : ce critère implique un recueil d’informations préalable au soin pour évaluer les besoins en matériel et la préparation minutieuse du matériel. Avant d’effectuer la toilette, le/la soignant(e) doit connaître l’état de dépendance du patient, son état cutané, vérifier les prescriptions médicales en se référant au plan et à la programmation des soins afin de réunir l’ensemble du matériel nécessaire. Cette anticipation permet d’éviter les interruptions pendant le soin et garantit une prise en soin respectueuse, personnalisée et sécurisée.
- R – Responsabilité : le/la soignant(e) agit dans le respect de son décret de compétences et s’assure de la validité du soin. Cela comprend l’observation attentive du patient pendant la toilette, l’identification de tout changement de son état (lésions cutanées, escarres, douleurs, comportement…) et l’adaptation du soin en conséquence. La responsabilité implique également de reconnaître ses limites et de solliciter une aide médicale ou paramédicale si nécessaire.
- S – Sécurité : la sécurité concerne à la fois le patient et le soignant. Elle se traduit par l’identification correcte du patient (identitovigilance), le respect strict des précautions standard (friction hydroalcoolique des mains, port de gants à usage unique pour les zones à risque, changement de l’eau et du gant entre les différentes zones du corps), et la manipulation sécurisée lors des mobilisations.
La sécurité du/de la soignant(e) passe par l’ergonomie des gestes (hauteur du lit adaptée, respect des principes de manutention).
- E – Économie : ce critère fait référence à l’économie du temps, du matériel et de l’énergie. Il ne s’agit pas de réaliser le soin rapidement au détriment de sa qualité, mais d’optimiser l’organisation pour éviter le gaspillage de ressources tout en maintenant un niveau d’exigence élevé. L’objectif est de garantir un soin véritablement personnalisé, tout en veillant à une utilisation raisonnée du matériel. Il s’agit également de valoriser le temps passé auprès du patient et de privilégier une relation de qualité fondée sur une présence attentive et une écoute active tout au long du soin.
- T – Transmissions : les transmissions constituent le dernier maillon important de la chaîne de qualité. Après le soin, le/la soignant(e) trace tout problème rencontré, toute particularité observée sous forme de transmission ciblée dans le dossier du patient (état cutané, capacités d’autonomie, douleur exprimée, comportement) et trace les soins effectués. En outre, le/la soignant(e) doit effectuer une transmission orale auprès de l’équipe soignante afin de garantir la continuité des soins.
Préparation du patient et du matériel avant la toilette
Au préalable, il faut prendre connaissance des transmissions écrites et orales afin de comprendre la pathologie de la personne, ses besoins et son degré de dépendance.
De plus, il est nécessaire d’avoir une posture professionnelle emphatique en préparant son accueil sur le plan psychologique afin de garantir respect et confiance. Le/la soignant(e) commence par frapper à la porte avant d’entrer, puis se présente au patient, surtout s’il s’agit d’une première rencontre. Il/elle explique clairement le soin proposé et veille à recueillir le consentement libre et éclairé du patient. Ce premier contact permet de faire un état des lieux des besoins du patient et des besoins du/de la soignant(e) (dispositifs médicaux, nécessaire de toilette, aide humaine).
Le droit du patient de refuser un soin doit être pleinement respecté, sauf en situation d’urgence où la prise en charge immédiate prime. Conformément à la Charte des droits et devoirs du patient, ce droit du refus de soins s’applique indépendamment des capacités cognitives du patient.12
Enfin, le/la soignant(e) organise et programme avec le patient, l’horaire et la durée de la toilette, en tenant compte de l’organisation du service (avant ou après le petit déjeuner, consultations, rendez-vous éventuels, autres soins infirmiers) et des préférences du patient.13 Il/elle implique le patient dans la démarche.
Avant de débuter la toilette, il convient de frapper à la porte, puis d’entrer dans la chambre du patient avec un guéridon préalablement nettoyé et désinfecté, en préparant le matériel nécessaire selon le type de toilette à réaliser. Après avoir mis la présence et fermé la porte, on veille à préserver l’intimité du patient en installant un rideau séparateur en chambre double ou en ajustant les stores pour éviter tout vis-à-vis. Une friction hydroalcoolique est réalisée avant d’enfiler des gants non stériles à usage unique, puis l’adaptable et l’environnement proche sont nettoyés et désinfectés à l’aide d’un produit détergent-désinfectant. Si le plateau supérieur doit accueillir une bassine, le linge propre est retiré et déposé sur une surface préalablement désinfectée. Les gants sont ensuite retirés et une nouvelle friction hydroalcoolique est effectuée avant d’enfiler un tablier plastique imperméable. Le patient est installé confortablement, dans le respect de sa pudeur. L’oreiller est conservé si nécessaire et le couvre-lit et les couvertures sont déposés sur une chaise désinfectée. Enfin, la hauteur du lit est ajustée à la hanche du/de la soignant(e) pour une bonne ergonomie, et le blocage des freins du lit est vérifié.
Avant de commencer la toilette, il est recommandé de demander au patient s’il souhaite ou a besoin d’aller aux toilettes. Cette étape permet d’assurer son confort tout au long du soin, d’éviter une interruption en cours de procédure et de respecter sa dignité et son intimité. Le proposer systématiquement permet de limiter les risques d’inconfort ou d’accident d’élimination durant la toilette, et instaure une relation de confiance en étant attentif/attentive et empathique.
Durant la toilette
Tout au long du soin, le/la soignant(e) respecte les règles d’hygiène, d’asepsie et les précautions standard, et veille à l’ergonomie grâce aux dispositifs médicaux disponibles, comme le matériel de levage et la possibilité de changer la hauteur du lit. La sécurité du patient est une priorité, notamment grâce à l’utilisation de barrières de lit et en descendant le lit le plus bas possible lorsque l’on s’éloigne ou lorsque le patient n’est plus dans notre champ visuel. Il est également indispensable de préserver sa pudeur en le découvrant progressivement par moitié, car il s’agit d’un moment de grande vulnérabilité pour le patient. Le/la soignant(e) doit préserver un climat de confiance fondé sur la technicité, le respect et l’humanité.
Remplir la cuvette d’eau à bonne température (tiède, entre 35 et 37°C) et en faire apprécier la température par le patient. Renouveler l’eau aussi souvent que nécessaire.
Lors de la toilette, il est important de respecter un ordre précis : on commence toujours par les zones les plus propres pour terminer par celles qui sont les plus souillées. Toutefois, si le patient présente des selles, alors la toilette devra être débutée par le siège afin d’assurer l’hygiène et le confort immédiat du patient, en utilisant des gants à usage unique associés au gant de toilette. Dans la majorité des cas, le soin débute par le visage avant de se poursuivre progressivement par le reste du corps. Toutefois, certaines situations nécessitent de s’adapter : chez les personnes présentant un handicap lourd ou des troubles cognitifs, il est préférable de commencer la toilette par le bas du corps et de remonter doucement. Cette approche permet de limiter la sensation d’oppression et de préserver le confort de la personne.
Ordre de la toilette : du plus propre au plus sale
| Étape | Zone à laver | Particularités/exceptions |
| 1 | Visage | Toujours commencer par le visage si le patient n’est pas souillé. |
| 2 | Haut du corps (thorax, abdomen) et membres supérieurs (bras, mains) | Respecter l’ordre : bras opposé → thorax → bras proximal → abdomen. |
| 3 | Membres inférieurs | Bien insister sur les plis (genoux, chevilles, orteils) et les zones à risque (talons) et sécher en tamponnant. |
| 4 | Dos | Découvrir progressivement et protéger le lit. |
| 5 | Zones intimes | Respecter l’intimité et la pudeur du patient. |
| 6 | Siège | Exception : si le patient est souillé, commencer directement par cette zone avec gants à usage unique. |
→ Chaque gant de toilette à usage unique et les gants non stériles sont à évacuer dans la poche poubelle DAOM.
La toilette du visage
La toilette du visage commence par la mise en sécurité des objets personnels du patient, tels que les lunettes, prothèses auditives et bijoux, puis par la disposition d’une serviette sous sa tête.
Le/la soignant(e) propose au patient de réaliser lui-même le soin si possible, afin de préserver son autonomie. Le front, les ailes du nez, les coins de la bouche, les yeux, les oreilles sont nettoyés délicatement avec un gant à usage unique sans savon, avant de savonner le visage et le cou en respectant les habitudes du patient. Après un rinçage soigneux, le séchage se fait en tamponnant pour éviter les irritations.
La toilette du haut du corps
La toilette du haut du corps débute par le retrait des vêtements (chemise de nuit, pyjama, chemise d’opéré…). Ensuite, deux méthodes peuvent être utilisées : soit enlever l’ensemble du linge de lit, le déposer sur une chaise et couvrir le patient avec les deux serviettes (une sur la zone intime et l’autre sur le thorax), soit découvrir uniquement la zone nécessaire en repliant la couverture et le dessus‑de‑lit. Dans tous les cas, le lit est protégé avec une serviette de toilette avant de débuter le soin.
Pour commencer, savonnez d’abord le bras et la main opposés à votre position, puis le thorax, et enfin le bras et la main du côté proximal, en veillant à réaliser le savonnage, le rinçage et le séchage par tamponnements sur chaque zone. Une attention particulière est portée aux aisselles, aux plis mammaires (sous le sein), inguinaux et ventraux, car ce sont des régions dites « à risque ». En effet, leur positionnement morphologique crée des conditions de chaleur et d’humidité propices à la macération. Si elles ne sont pas précautionneusement lavées, rincées et séchées, cela peut entraîner une altération de l’état cutané se manifestant par des lésions, voire des infections.
Nous poursuivons par l’abdomen, avec une attention particulière au niveau de l’ombilic. Ensuite, il faut recouvrir le haut du corps avec une serviette pour garantir l’intimité du patient, protéger sa pudeur et pour éviter qu’il ne prenne froid.
La toilette des membres inférieurs
Elle doit être réalisée avec méthode et respect de l’intimité du patient. On commence par replier le drap afin de dégager les jambes tout en préservant la pudeur du patient, puis on protège le lit avec une serviette de toilette. Le lavage s’effectue de haut en bas, des cuisses jusqu’aux pieds, avec une eau savonneuse. L’eau doit être changée si nécessaire pour maintenir une hygiène optimale. Une attention particulière doit être portée aux espaces interdigitaux, souvent oubliés, car ce sont des zones sensibles à la macération et aux infections.
Après un rinçage soigneux, le séchage se fait en tamponnant avec une serviette de toilette, sans frotter, pour éviter les irritations cutanées. Enfin, il faut absolument évaluer l’état cutané des points d’appui (talons, malléoles, genoux) et appliquer, selon le protocole, des mesures préventives comme l’effleurage avec des huiles de soins (et non un massage, car cet acte relève du rôle du kinésithérapeute) ou la mise en place d’un matelas adapté pour limiter le risque d’escarres.
La toilette du dos
Lors de la toilette du dos, veillez à la sécurité et au confort du patient. En cas de difficulté de mobilisation, sollicitez l’aide d’un collègue pour une manutention sécurisée.
La barrière de sécurité doit rester en place pour prévenir tout risque de chute. Le patient peut aussi s’y tenir. Le patient est installé sur le côté (position latérale) ou en position de repos, puis une serviette est disposée pour couvrir son corps afin de préserver son intimité et une alèse est placée sous ses fesses. Si l’état du patient ne lui permet pas de rester en décubitus latéral trop longtemps, il faut adapter la toilette en commençant par le dos puis le siège, en respectant les règles d’hygiène et d’asepsie. L’ensemble du dos est ensuite lavé avec soin et bien rincé, avant d’être séché minutieusement à l’aide de la serviette. Une friction à l’eau de toilette peut être proposée pour apporter une sensation de fraîcheur et de bien-être. Enfin, le patient est remis sur le dos, confortablement installé. Si la toilette du siège est effectuée à ce moment-là, il est préférable d’installer la protection sous le patient avant de le remettre sur le dos, afin d’éviter des mobilisations supplémentaires inutiles.
La toilette périnéale et la toilette du siège
La toilette périnéale, plus communément appelée toilette intime, est un soin qui concerne les zones génitales et périnéales. Elle est réalisée lors de chaque toilette quotidienne, lors de changements de protection, après l’émission de selles ou d’urine, et joue un rôle dans la prévention des complications liées à l’incontinence, à savoir le risque infectieux et le risque d’altération de l’état cutané.
Ce soin requiert une grande attention, car il touche une partie intime du corps et place le patient dans une situation de vulnérabilité. Le respect de sa pudeur et de son intimité est primordial, tout comme l’adoption d’une posture professionnelle rassurante et respectueuse.
Sur le plan technique, la toilette périnéale doit toujours suivre les règles de bonnes pratiques en hygiène : « du plus propre vers le plus sale », afin de limiter les risques de contamination et de préserver l’intégrité cutanée. Elle contribue au confort et au bien-être du patient et à la protection de sa santé, en maintenant une hygiène rigoureuse.
- Positionner le patient en position dorsale pour nettoyer les parties génitales, n’hésitez pas à lui demander, s’il en a les capacités, d’écarter les jambes afin de visualiser davantage la zone intime.
- Couvrir la zone intime du patient avec la serviette de toilette.
- Effectuer une friction hydroalcoolique.
- Enfiler les gants non stériles à usage unique.
→ Avant de commencer la toilette intime, il faut systématiquement changer l’eau de la bassine, avoir des gants de toilette à usage unique et une serviette de toilette dédiée, pour éviter de contaminer les organes génitaux et urinaires par du matériel souillé. Ainsi, on évite le risque infectieux.
- Prendre un gant de toilette à usage unique ou le gant de toilette du patient dédié uniquement à la toilette intime :
- Chez la femme : laver du pubis vers l’anus ; rincer et sécher en insistant sur les lèvres et les plis inguinaux.
- Chez l’homme : savonner le pubis et l’aine, l’intérieur des cuisses. Décalotter le pénis pour bien nettoyer le gland et le prépuce. Rincer, sécher et ne pas oublier de recalotter.
- Pour les deux : nettoyer et sécher toujours de haut en bas, de la région génitale vers la région anale, pour éviter de ramener des germes vers la zone génitale, en particulier chez la femme du fait de la proximité du méat urinaire et de l’anus.
- Rincer et sécher par tamponnements avec la serviette de toilette.
- Jeter les gants de toilette à usage unique dans la poubelle DAOM.
- Changer l’eau (obligatoire).
- Retirer les gants non stériles à usage unique, et les jeter dans la poubelle DAOM.
- Effectuer une friction hydroalcoolique des mains.
- Mettre le patient en position latérale.
- Effectuer une friction hydroalcoolique des mains.
- Mettre les gants non stériles à usage unique.
- Réaliser la toilette du siège en nettoyant les fesses de l’anus vers le dos, pour éviter la contamination, avec des gants de toilette à usage unique de préférence (plutôt que le gant personnel du patient ), à changer en cas de souillure par les selles.
- Jeter les gants de toilette à usage unique dans la poubelle DAOM.
- Rincer, essuyer en tamponnant avec la serviette de toilette.
- Retirer l’alèse souillée en dessous du patient, la jeter dans la poubelle DAOM et en placer une autre, propre.
- Mettre une protection adaptée si nécessaire.
→ Tout au long du soin, le/la soignant(e) évalue l’état cutané des points d’appui du patient et applique les recommandations relatives à l’effleurage avec l’huile de massage (huile de soin) ainsi qu’à l’utilisation de matelas de prévention, afin de favoriser la détente et de réduire le risque d’escarre.
Fin du soin : habillage, confort et désinfection
Une fois la toilette terminée, il est important de clôturer le soin en traitant l’environnement du patient, et d’assurer l’entretien de son environnement, en collaboration avec les agents de service hospitalier (ASH).
- Hygiène et désinfection du matériel et du lit
- Dans la situation où le patient reste alité pour des raisons médicales ou en lien avec son état de santé, lors du retournement du patient, procéder au bio-nettoyage du matelas par moitié ainsi que des barrières, avant de mettre le drap propre.
- Déposer directement le linge souillé sur le plateau inférieur du guéridon de nursing. Les déchets, selon leur état de souillure, sont également posés sur ce plateau, puis évacués dans la poubelle DAOM.
- Retirer le tablier en plastique et les gants non stériles à usage unique, puis les jeter dans la poubelle DAOM.
- Réaliser immédiatement une friction hydroalcoolique des mains.
2. Confort et bien-être du patient
- Proposer au patient la possibilité d’obtenir des soins esthétiques comme : utiliser du déodorant, du parfum, être coiffé, afin de renforcer son bien-être et son estime de lui-même en tenant compte de son style habituel.
- Pour un homme, le rasage peut être proposé, tandis qu’une femme peut bénéficier d’une crème hydratante.
- Enfin, l’hygiène bucco-dentaire est réalisée par le brossage des dents ou le nettoyage de la prothèse dentaire, et les prothèses auditives sont réinstallées afin de faciliter la communication.
- Habiller le patient, une fois repositionné sur le dos, puis le chausser avec des chaussures adaptées (si le patient est levé).
- Proposer un trempage des mains et, si nécessaire, proposer de lui couper les ongles afin de compléter l’hygiène et le confort du patient.
3. Manutention et installation
- Installer le patient au bord du lit.
- Lever le patient (deux soignant(e)s si besoin), ou utiliser le matériel de manutention approprié (lève-personne, draps de glisse, potence, verticalisateur, déambulateur, etc.).
- Installer le patient confortablement dans le fauteuil et en sécurité (vérifier la présence de prescription de contention en cas de risque de chute).
- Mettre à portée de main du patient tous les objets nécessaires sur l’adaptable désinfecté et nettoyé : sonnette, carafe d’eau, verre, télécommande, téléphone, lunettes, mouchoirs, magazine…
- Proposer un verre d’eau et anticiper les besoins éventuels du patient (toilettes, douleur).
4. Organisation et rangement
- Ranger le matériel, la chambre et le nécessaire de toilette.
- Réaliser la réfection du lit avec du linge propre.
- Vérifier l’absence d’objets personnels oubliés (appareils auditifs, dentaires).
- Mettre des gants non stériles à usage unique pour désinfecter l’environnement proche du patient avec un produit détergent-désinfectant.
- Retirer les gants, réaliser une friction hydroalcoolique des mains, puis éteindre la « présence ».
5. Élimination et désinfection
- Sortir de la chambre avec le linge sale et les déchets de la chambre sur le guéridon de nursing, puis les évacuer dans le tri-sac dans le couloir du service en respectant les précautions standard.
- Réaliser immédiatement une friction hydroalcoolique des mains.
- Mettre des gants non stériles à usage unique.
- Prendre une lingette imbibée de détergent-désinfectant afin de nettoyer et de désinfecter le guéridon de nursing.
- Retirer les gants non stériles à usage unique et les jeter dans la poubelle DAOM.
- Terminer par une friction hydroalcoolique des mains.
Les surveillances à effectuer durant la toilette
La toilette constitue bien plus qu’un simple soin d’hygiène : elle représente un moment privilégié d’écoute et d’observation clinique pour l’infirmier(e). En effet, au-delà du confort et du bien-être apportés au patient, ce temps de proximité permet de recueillir des données utiles sur son état de santé.
L’infirmier(e) doit ainsi être attentif/attentive à l’état général du patient (mobilité, signes de fatigue), à son équilibre nutritionnel (maigreur, obésité), à son état cardio-respiratoire (dyspnée, essoufflement, œdèmes, varices, cyanose). La recherche de signes infectieux (fièvre, frissons), l’expression de douleurs (localisation, intensité) et la surveillance des plaies ou de dispositifs médicaux (pansements, sondes) complètent cette observation systématique. Ces surveillances, intégrées à la pratique quotidienne, permettent de détecter précocement toute complication de l’état de santé du patient et doivent être communiquées au médecin afin d’adapter la prise en soin infirmière.
Observation de l’état cutané et prévention des escarres
Lors de la toilette, l’observation attentive de l’état cutané constitue un temps important de surveillance infirmière. Elle doit être systématique et porter sur l’aspect général de la peau : coloration (rouge, pâle, bleuâtre, ictérique, cyanosée), texture (fine, plissée, squameuse, sèche ou humide), élasticité (retour immédiat ou persistance du pli), température (chaude, tiède, froide), consistance (rugueuse, souple, tendue, œdémateuse) et hydratation (desquamation, stries, fissures).
L’intégrité cutanée est également à examiner : présence de taches, d’éruptions, de griffures, de plaies, de rougeurs anormales, d’ecchymoses, d’écoulements, de crevasses ou de cicatrices suspectes. Certaines zones doivent être vérifiées en priorité, car elles sont particulièrement exposées aux risques d’escarres, notamment les zones d’appui : sacrum, talons, hanches, trochanters, coudes, aisselles, sillon sous-mammaire, omoplates et pavillons des oreilles (notamment chez les patients oxygénés).
Les signes d’alerte incluent une rougeur persistante ne blanchissant pas à la pression, une sensibilité augmentée, une peau anormalement chaude ou froide, un gonflement ou une induration, un changement de texture, la présence de phlyctènes, de plaies ou d’écoulements.
Si une lésion est observée, il convient de la signaler immédiatement au médecin pour obtenir un avis et des consignes médicales. Il convient également de tracer une cible d’altération d’état cutané dans le dossier patient, de documenter précisément les observations, de proposer un positionnement adapté, d’utiliser du matériel de prévention (matelas, coussins), de renforcer l’hygiène et l’hydratation cutanée, et d’évaluer l’équilibre nutritionnel afin de soutenir la cicatrisation et la protection de la peau. Une collaboration pluridisciplinaire est impérative pour garantir le confort du patient : médecin, diététicien(ne), aide-soignant(e), ergothérapeute…
Surveillance de l’état psychologique et comportemental
La toilette constitue un moment privilégié pour observer et évaluer l’état psychologique et comportemental du patient.
Il convient d’évaluer son autonomie dans la réalisation des gestes (degré d’indépendance ou besoin d’assistance), ainsi que son attitude face au soin (coopération, refus, anxiété, opposition, agressivité).
La communication verbale et non verbale doit être analysée afin de juger de sa clarté, de sa cohérence et de la qualité de l’échange. L’expression émotionnelle est également à surveiller : sérénité, tristesse, anxiété, agressivité ou toute variation inhabituelle.
L’orientation dans le temps, dans l’espace et vis-à-vis des personnes, ainsi que la lucidité et le niveau de conscience sont des indicateurs importants de l’état cognitif du patient.
Pendant la toilette, il faut être attentif/attentive à tout signe de maltraitance ou d’abus (marques physiques, attitudes craintives, propos incohérents).
Enfin, la perception de la dignité et le respect revendiqué par le patient doivent être préservés, en instaurant un climat de confiance et de bienveillance.
Toute anomalie observée doit être signalée, documentée, prise en compte et tracée dans le dossier patient informatisé (DPI) pour garantir la continuité des soins.
Prévention des infections et précautions standard
Comme pour les autres soins, la toilette est soumise au respect des précautions standard, pour la prévention de tout risque infectieux.14.15 Ce sont des mesures préventives contre les transmissions croisées. Elles prennent notamment en compte l’hygiène des mains.
–> Pour en savoir plus sur l’hygiène et la désinfection des mains, n’hésitez pas à consulter notre guide infirmier : hygiène des mains (technique et protocole).
Le port d’équipements de protection individuelle est obligatoire lors de tout contact avec des liquides biologiques, des muqueuses ou une peau lésée : gants et tablier sont systématiques. Les EPI sont également requis lors de soins mouillants ou souillants.
La gestion rigoureuse des excréta implique une manipulation sécurisée des selles et des urines. La gestion de l’environnement comprend la décontamination des dispositifs médicaux et des surfaces.
La prévention du risque d’AES doit également être intégrée, en particulier lors de situations impliquant un contact avec des muqueuses ou une plaie.
Le respect strict de ces mesures constitue un élément fondamental de la prévention du risque infectieux, qu’il s’agisse d’infections urinaires, de surinfections cutanées ou de contaminations liées au linge souillé.
L’ensemble de ces précautions contribue à protéger le patient et le/la professionnel(le) de santé.
Prévention des chutes et sécurité pendant la toilette
La prévention des accidents pendant la toilette repose sur une organisation rigoureuse et des mesures de sécurité adaptées.
Le lit doit être réglé à une hauteur appropriée et systématiquement freiné afin d’éviter tout déplacement involontaire. Les barrières de sécurité sont mises en place en prévention du risque de chute.
Lorsque le patient présente une altération de la mobilité physique, le soin peut être réalisé par deux soignant(e)s, et l’utilisation des dispositifs médicaux mécaniques de transfert adaptés au patient est fortement recommandée (lève-personne, planches de transfert, verticalisateur…) dans le cadre de la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS).
L’environnement doit être sécurisé, sans obstacle ni sol glissant, pour garantir des déplacements sûrs.
Une communication claire avec le patient avant chaque mouvement permet d’anticiper ses réactions et de renforcer sa coopération.
Enfin, l’apprentissage et l’application des bonnes techniques d’ergonomie et de manutention par les soignant(e)s sont essentiels pour protéger le patient et le professionnel, pour limiter les risques de chute, de blessure et de troubles musculo-squelettiques.
Évaluation et gestion de la douleur
La gestion de la douleur du patient est un paramètre important à prendre en compte pendant le soin. Le/la soignant(e) évalue de façon systématique la douleur du patient avant, pendant et après le soin avec une échelle d’évaluation adaptée au patient, afin d’ajuster la prise en soin. Elle peut se manifester par des signes cliniques et des symptômes (verbalisation, expression non verbale comme un rictus, apparition de la griffe du lion, raidissement d’une partie du corps…).
Une prescription d’antalgique, en si besoin, pourra être proposée en amont. La technique doit être ajustée en cas de douleur, en privilégiant l’utilisation d’eau tiède pour un effet apaisant, des gestes lents et doux, ainsi que l’explication préalable des manipulations pour rassurer le patient et favoriser sa coopération. Toute douleur chronique invalidante ou persistante doit être signalée au médecin et documentée pour un suivi adapté et une prise en soin globale.
Pour prendre en compte la douleur, on peut adapter le soin et utiliser des dispositifs médicaux pour les mobilisations. Il est possible de faire intervenir d’autres professionnel(le)s de santé tels que l’ergothérapeute pour adapter la position du patient.
La traçabilité et la transmission de la toilette
La traçabilité de la toilette est une obligation pour les soignant(e)s qui garantit la continuité et la qualité des soins. Chaque toilette doit être consignée dans le dossier patient, en renseignant le diagramme de soins et en notant les éléments significatifs observés.
Les transmissions ciblées comprennent tous les points abordés précédemment : l’état cutané, l’autonomie, l’évolution de la mobilité, l’état bucco-dentaire, l’état psychologique.
Tout problème doit être transmis immédiatement au médecin : anomalies cutanées suspectes, malaise ou douleur intense, refus du soin, modification comportementale ou chute.
En fin de soin, un résumé précis est attendu : type de toilette effectuée, réactions du patient, points d’appui à surveiller, plaintes ou malaises exprimés.
La documentation doit inclure la date et l’heure, le comportement et l’autonomie du patient, ainsi que des observations générales sur son état psychologique (attitude, humeur, communication, coopération ou refus, signes d’anxiété, dépression ou agressivité).
Les observations physiques doivent être détaillées : état de la peau, rougeurs, irritations, griffures, ecchymoses (localisation, taille, couleur), écoulements anormaux, signes d’infection, couleur des extrémités, intégrité cutanée et état des points d’appui. Toute modification par rapport aux observations précédentes doit être clairement notée afin d’assurer un suivi rigoureux et une prise en soin adaptée. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter notre guide sur les transmissions infirmières.
La collaboration infirmière et aide-soignante pendant la toilette
La toilette du patient constitue un exemple concret de la collaboration indispensable entre l’infirmier(e) et l’aide-soignant(e), encadrée par l’article R 4311-4 du Code de la santé publique.16
Relevant du rôle propre de l’infirmier(e), cet acte peut être réalisé par l’aide-soignant(e) sous la responsabilité et la supervision de l’IDE, dans le respect des compétences de chacun(e) et des protocoles de service.
L’infirmier(e) évalue les besoins du patient, son degré de dépendance et planifie le soin (type de toilette, fréquence, modalités), puis assure la coordination, la supervision et la traçabilité des transmissions.
L’aide-soignant(e) réalise la toilette conformément aux règles d’hygiène et de sécurité, en veillant au confort, à la pudeur, à l’intimité et à la dignité du patient. Il observe les signes élémentaires (état cutané, comportement, réactions), communique avec le patient et signale immédiatement toute observation à l’infirmier(e).
L’infirmier(e), responsable de l’état de santé du patient, fera un recueil de données des observations, évaluera les risques pour le patient, effectuera des transmissions ciblées dans le dossier de soins et informera le médecin.
Cette collaboration repose sur une communication claire, une confiance mutuelle et le respect, qui garantit que chacun(e) contribue à l’objectif commun : le bien-être du patient. Elle s’inscrit dans une dynamique de valorisation des rôles, de formation continue et de feed-back réguliers, afin de partager les données cliniques du patient, pour une qualité de prise en soin sécurisante.
Conseils pratiques pour réussir la toilette du patient
- La toilette est un soin à part entière qui ne se réduit pas à une suite de gestes techniques. Bien sûr, la maîtrise de la technicité est importante, mais il ne faut jamais oublier que l’on prend en soin une personne dans toute sa singularité : ses valeurs, ses émotions, ses habitudes de vie, son histoire et ses pathologies. C’est pourquoi le patient doit être placé au centre de ce moment de soin. L’impliquer, l’inviter à participer, échanger avec lui, lui proposer des choix et recueillir son avis permet de renforcer son adhésion et nourrit la relation de confiance entre soignant et soigné.
- Il est important de ne pas rester isolé(e). Les soignant(e)s, en particulier les aide-soignant(e)s, sont des personnes-ressources précieuses. Leur expérience, leur savoir-être et leur savoir-faire enrichissent votre pratique et vous aident à progresser. Solliciter leur regard et leurs conseils est une manière de s’inscrire dans une dynamique d’apprentissage collectif.
- Une toilette réalisée sans respect des postures et des principes de manutention peut devenir inconfortable pour le patient et générer des risques musculo-squelettiques pour le soignant. La profession est exigeante physiquement, et il est essentiel de préserver votre corps en adoptant des gestes adaptés, en utilisant le matériel disponible et en demandant de l’aide lorsque cela s’avère nécessaire.
- La toilette prend une dimension particulière lorsqu’il s’agit de patients en soins palliatifs ou en fin de vie. Dans ce contexte, le confort et la dignité priment sur tout le reste. Les gestes doivent être doux, respectueux et attentifs au rythme du patient. Ce soin est généralement réalisé par deux soignant(e)s afin de garantir la qualité de la prise en soin et le bien-être de la personne.
- La toilette ne relève pas uniquement du rôle des aides-soignant(e)s. Elle fait partie intégrante du rôle propre de l’infirmier(e) et ne doit pas être considérée comme un soin systématiquement confié. Selon le service dans lequel vous exercerez, les soins sur prescription pourront occuper une place plus ou moins importante dans votre quotidien. Toutefois, lorsque ces soins ont été réalisés et que vous êtes disponible, il est tout à fait pertinent de participer aux soins de nursing aux côtés des aides-soignant(e)s. Cette implication favorise la collaboration entre infirmier(e)s et aides-soignant(e)s, et renforce l’esprit d’équipe : en partageant ces moments de soin, vous bénéficiez de leur soutien en retour et enrichissez la qualité de la prise en soin du patient.
Les conseils de soignant(e)s et de formateurs IFSI
« Le non-verbal prend beaucoup de place dans ce soin »
Il faut comprendre que ce soin de bien-être est un moment privilégié pour vous, car vous prenez le temps d’établir une relation avec le patient. Durant ce temps, il faut exercer vos sens pour identifier ce qui peut ne pas « aller » chez le patient. Beaucoup de choses passent par le toucher durant cette toilette. N’oubliez pas de communiquer, éventuellement d’expliquer ce que vous faites (même si le patient est dans le coma ou en « locked-syndrom » ou en « état pauci-relationnel » ou autre confusion).
Surtout ne pas se mettre la pression avec le temps de la réalisation de cette toilette : aucun individu n’est capable de se laver, se coiffer, s’habiller en 10 min à peine… Il est donc légitime de prendre du temps. Cette activité de soin/temps de rencontre peut impacter l’humeur de votre patient. Il est normal aussi d’éprouver des difficultés/réticences face au corps nu, corps abîmé et de se sentir démuni. Il est donc fort recommandé d’en parler avec vos tuteurs et vos formateurs. Le non verbal prend beaucoup de place dans ce soin, pensez à le « maîtriser ».
Isabelle BATAILLE – cadre de santé formatrice en IFSI.
« Le patient doit rester au centre de l’attention »
Avant toute toilette, il est essentiel de vous présenter au patient et de solliciter son accord pour réaliser le soin. Le respect de son intimité et de sa dignité doit rester une priorité : fermer la porte de la chambre ou de la salle de bain, activer la présence, couvrir la personne avec une serviette ou un peignoir, et rester attentif à ses besoins, ses demandes et son confort.
Lorsque la toilette nécessite la présence de deux soignant(e)s, veillez à ce que le patient reste au centre de l’attention. Évitez de discuter entre professionnel(le)s sans l’inclure : adressez-vous à lui, expliquez ce que vous faites, et maintenez une interaction respectueuse tout au long du soin.
À la fin de la toilette, après avoir désinfecté l’environnement, assurez-vous que tout est mis en place pour la sécurité et le confort du patient : sonnette accessible, carafe d’eau, téléphone ou tout autre objet utile à portée de main du patient. Vérifiez également que la personne est correctement installée et en sécurité avant de quitter la chambre.
Lyz CHARRÉ – aide-soignante.
« Ne confiez jamais ce soin systématiquement aux aides-soignant(e)s »
Le rôle propre autonome de l’IDE est incontournable dans la pratique soignante, car il contribue au bien-être du patient, au recueil de données, à la connaissance fine de la personne soignée et favorise la relation de confiance. Chaque toilette est un moment privilégié où le patient s’en remet complètement à vous. Ayez conscience que cela implique une posture empathique, respectueuse et bienveillante.
Il est normal qu’en début de formation, ce soin vous demande beaucoup de concentration et d’énergie, et que vous soyez parfois frustré(e) de ne pas avoir communiqué davantage avec le patient. Rassurez-vous : comme pour tout soin, la répétition des gestes va vous permettre d’être de plus en plus à l’aise avec la technique et de pleinement profiter du moment.
Plus avancé(e) dans votre formation, puis professionnel(le), ne négligez jamais ce soin et ne le confiez jamais systématiquement aux aides-soignant(es), car vous passeriez à côté d’une expérience enrichissante et profondément humaine.
Sylvia CLUZON – cadre de santé formatrice en IFSI.
« Du plus propre vers le plus sale : la logique essentielle »
Il n’y a pas de modèle unique de réalisation de la toilette. Chaque situation est différente, car chaque personne l’est aussi. L’essentiel est de toujours suivre une logique cohérente, du plus propre vers le plus sale, afin de garantir une hygiène optimale et de limiter les risques de contamination.
Il est aussi important d’adapter le soin à l’état de santé du patient : ses capacités, sa fatigue, ses douleurs, son niveau d’autonomie (diminution ou perte d’autonomie). Rien n’est figé, et c’est au soignant d’ajuster son approche en fonction de ce que la personne peut faire ou accepter à ce moment-là.
Le respect de la volonté du patient est fondamental. Certaines personnes peuvent refuser la toilette, ou ne souhaiter qu’une aide partielle. Dans ces situations, il est nécessaire d’en comprendre les raisons, de dialoguer, de proposer, mais jamais d’imposer. Le consentement est la base de tout soin.
Laetitia COURTADE – aide-soignante en SMR.
« Chaque personne a quelque chose à nous transmettre »
La toilette représente un moment privilégié entre le/la soignant(e) et la personne accompagnée. C’est un temps particulier pour instaurer la confiance, comprendre les habitudes et les rituels propres à chacun, et définir ensemble ce qui sera le plus adapté pour la suite de son projet de soins. L’aspect technique est important, pour garantir l’hygiène du corps, mais j’aimerais surtout insister sur les compétences relationnelles : l’écoute, l’empathie, l’attention portée à l’autre. Ce sont des qualités qui se développent continuellement et qui font toute la différence.
La toilette est aussi un moment pour se découvrir mutuellement. Vous y recueillerez des informations qui vous aideront à mieux comprendre certaines réactions, voire des difficultés futures. Chaque personne a quelque chose à nous transmettre, que ce soit par ses paroles ou par ses habitudes de vie. Le respect du consentement est fondamental.
Avec les personnes présentant des troubles cognitifs, bien connaître son patient permet parfois de détourner son attention, de l’accompagner sans le brusquer, et de l’aider à comprendre l’intérêt du soin y compris pour des gestes délicats comme la toilette intime en cas de souillures.
Pour les personnes alitées ou ne pouvant pas être douchées, les capiluves et pédiluves ont une importance particulière. Au-delà du geste technique, ce sont de véritables soins de bien-être, relaxants et valorisants, utiles pour l’estime de soi. Même s’ils ne peuvent pas être réalisés quotidiennement, ils ne doivent pas être négligés.
Ayez confiance en vous et en votre logique. Soyez curieux/curieuse, intéressez-vous réellement à la personne que vous accompagnez. Chaque être humain, avec son histoire et son vécu, peut vous apprendre quelque chose et enrichir votre manière d’être en relation avec l’autre.
Pauline DUFOURCQ – aide-soignante en SMR.
« Préservez au maximum l’autonomie, tout en garantissant la sécurité »
Lors de la toilette, prenez le temps nécessaire avec le patient, en particulier lorsqu’il s’agit d’une personne âgée. Restez attentif/attentive aux signes éventuels de dégradation de son état de santé et soyez à l’écoute de ses besoins et de ses ressentis. Veillez à préserver au maximum son autonomie, tout en garantissant sa sécurité à chaque étape du soin. Accordez également une attention particulière au respect de sa pudeur et de son intimité afin de maintenir sa dignité.
Karine GARRIGUES – aide-soignante en médecine.
« Éprouver des réticences ou une certaine gêne est normal »
La toilette que vous allez réaliser au cours de votre stage va évoluer avec le temps et a tout autant de place que les soins techniques que vous effectuerez prochainement. Cette toilette est l’un des seuls moments où vous pourrez mettre à profit l’intégralité de vos quatre sens. Éprouver des réticences ou une certaine gêne est normal ; profitez-en pour en parler avec vos tuteurs, vos formateurs ou vos collègues de promotion afin de savoir comment dépasser cela.
Anthony KERYHUEL – faisant fonction cadre de santé formateur.
« Ce soin relève du rôle propre de l’infirmier(e) »
La toilette, bien qu’étant un soin technique, est l’un des premiers soins « de proximité » effectués en stage lors de la première année. La confrontation à l’autre, dans la nudité et l’intimité, doit être accompagnée avec attention, sans négliger les bonnes pratiques. Le consentement du patient prend ici tout son sens. Ce soin, qui relève du rôle propre de l’infirmier(e), permet d’instaurer une relation de confiance et de bienveillance entre le soigné et le soignant, ainsi qu’un moment de bien-être.
Carole PALLARES – Infirmière hygiéniste.
« Tous les sens du soignant sont mobilisés lors de la toilette »
La toilette et les autres soins d’hygiène et de confort occupent une place importante dans le parcours de soins : ils améliorent le bien-être du patient et constituent un moment privilégié d’échanges et d’observation qui enrichit le recueil de données. Lors de la toilette, tous les sens du soignant (à l’exception du goût) sont mobilisés et apportent des informations cliniques et relationnelles utiles pour adapter la prise en soins.
L’écoute et la parole douce contribuent à instaurer un climat sécurisant ; les réactions verbales, les confidences ou les silences du patient, ainsi que les bruits corporels, sont autant d’indices à prendre en compte. Le toucher, pratiqué avec délicatesse et progressivité tout en respectant la distance professionnelle, permet d’évaluer la température, de repérer une zone sensible ou douloureuse et de rassurer, sachant que ce geste peut être perçu comme intrusif et engage l’intimité de la personne soignée. L’observation visuelle est un outil fondamental : l’état cutané, les expressions non verbales, les capacités de mobilisation. Elle permet également d’évaluer le degré de dépendance, les signes de troubles cognitifs, qui se révèlent souvent au cours de la toilette. L’environnement du patient fournit également des informations utiles sur les habitudes de vie du patient, ses goûts et les facteurs influençant son confort ou sa sécurité. Enfin, l’odorat complète cette démarche d’évaluation, en signalant d’éventuels problèmes somatiques (urines, selles, haleine). N’oublions pas l’importance d’une atmosphère agréable (aération, parfum personnel) pour préserver la dignité et le bien-être du patient.
La toilette doit être perçue et vécue par le patient comme un soin de confort et de respect ; pour le soignant, elle constitue un temps riche en observations, un temps d’échanges, de recueil de données afin d’adapter la prise en soins globale de la personne soignée.
Christelle ROMANO – infirmière en SMR.
Conclusion
La toilette est un soin d’hygiène qui dépasse largement le simple lavage du corps. Elle est au cœur du rôle propre infirmier et constitue un moment clé du recueil de données cliniques.
Au-delà du geste technique, elle permet d’observer l’état cutané, la douleur, la mobilité, l’état psychologique et le degré d’autonomie du patient.
Encadrée par un cadre législatif, éthique et déontologique, elle vise à préserver la dignité, la pudeur, l’intimité et la sécurité de la personne soignée.
Chaque type de toilette (lit, lavabo, douche, baignoire) est choisi en fonction de l’état de santé, des habitudes de vie et du projet de soins, en recherchant toujours le maintien maximal de l’autonomie. Ce temps de proximité renforce la relation de confiance et la relation thérapeutique et place le patient comme acteur de son soin dès que possible.
Ainsi, faire de la toilette un soin global, qui associe hygiène, confort, prévention et accompagnement humain, participe pleinement à la qualité et à la continuité de la prise en soins.
Remerciements
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à Isabelle BATAILLE (cadre de santé et formatrice en IFSI), Lyz CHARRÉ (aide-soignante), Sylvia CLUZON (cadre de santé formatrice en IFSI), Laetitia COURTADE (aide-soignante en SMR), Pauline DUFOURCQ (aide-soignante en SMR), Karine GARRIGUES (aide-soignante en médecine), Anthony KERYHUEL (faisant fonction cadre de santé formateur), Carole PALLARES (infirmière hygiéniste) et Christelle ROMANO(infirmière en SMR) pour leur relecture et expertise.
Chez Réussis ton IFSI, nous nous engageons à proposer des contenus d’une fiabilité inégalée. En complément de l’expertise de notre équipe habituelle, nous valorisons l’apport de professionnel(le)s extérieur(e)s qualifié(e)s qui enrichit nos articles de perspectives nouvelles.
Sources
- Comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN). (2016). Toilette du résident.
- Viard, P. (2021, 13 octobre). La toilette comme réhabilitation de soi, entre soin d’hygiène et soin esthétique. ScienceDirect.
- Berlemont, C. (2016, 7 septembre). Fiche 11. Soins infirmiers nursing : la toilette. CAIRN.INFO.
- Légifrance. (2004). Article R4311-2 – Code de la santé publique.
- Légifrance. (2008). Article R4311-3 – Code de la santé publique.
- Légifrance. (2021). Article R4311-5 – Code de la santé publique.
- Légifrance. (2016). Article R4312-37 – Code de la santé publique.
- Ordre national des infirmiers (ONI). (2016, 27 novembre). Code de déontologie des infirmiers. Ordre national des infirmiers.
- Légifrance. (2025). Article L4311-1 – Code de la santé publique.
- Gaté, J. (2016, 20 octobre). D’un droit à la pudeur. CAIRN.
- Millat, B. (2022, octobre). Généralisation de l’accréditation des médecins et des équipes médicales de spécialités à risques. Ministère de la Santé et de l’accès aux soins.
- Ministère de la Santé et des Solidarités. (2006, avril). Usagers, vos droits – Charte de la personne hospitalisée. Ministère de la Santé et de l’accès aux soins.
- Ramé, A. (2024, 17 janvier). Fiche de soins AS – Fiche 3 La toilette complète au lit. Elsevier Masson SAS.
- Société Française d’Hygiène Hospitalière (SF2H). (2017, juin). Actualisation des précautions standard.
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