Virginia Henderson a révolutionné les soins infirmiers avec sa définition des 14 besoins fondamentaux de l’être humain. Elle a établi un cadre holistique pour l’évaluation des patients et l’assistance en général. 

Les 14 besoins représentent une théorie de soins, une méthode pour les organiser et donner un sens aux observations. Bien qu’elle soit la plus fréquemment citée, elle n’est ni la seule ni la plus récente des théories de soins. Elle permet aux soignant(e)s de personnaliser les soins, de promouvoir l’indépendance des patients et d’améliorer leur qualité de vie. Ces besoins couvrent des aspects aussi variés que respirer, manger, se mouvoir, dormir, et même apprendre, et sont au cœur de la pratique infirmière. 

Virginia Henderson nous enseigne que chaque intervention, chaque évaluation et chaque plan de soins doivent être conçus avec un objectif clair : maintenir ou restaurer l’autonomie du patient pour satisfaire ses besoins essentiels. 

Dans cet article, vous découvrirez la richesse du modèle de Virginia Henderson et ses applications concrètes dans la pratique quotidienne des soins infirmiers. Nous analyserons comment ces besoins guident l’évaluation et l’intervention infirmière pour une prise en charge holistique et personnalisée des patients. Nous illustrerons cet article avec des exemples pratiques et des conseils pour que vous puissiez mettre ces principes fondamentaux en œuvre lors de vos prises en charge.

Illustration - Les 14 besoins de Virginia Henderson

Virginia Henderson et les bases du soin infirmier

Virginia Henderson : pionnière de la vision holistique des soins infirmiers

Née le 30 novembre 1897 et décédée le 19 mars 1996, Virginia Henderson était une infirmière, théoricienne et auteure, reconnue pour sa Théorie des Besoins. Elle a défini les soins infirmiers ainsi : « La fonction unique de l’infirmière est d’aider l’individu, malade ou bien portant, dans l’exécution des activités contribuant à sa santé ou à sa récupération (ou à une mort paisible), qu’il accomplirait sans aide s’il possédait la force, la volonté ou le savoir nécessaires. »1

Membre active de la société en temps de guerre, Virginia Henderson considérait comme un privilège le fait de soigner les soldats malades et blessés. Cette expérience durant la guerre a profondément influencé sa compréhension éthique des soins infirmiers et son appréciation de l’importance et de la complexité de la relation infirmière-patient.2

C’est en 1947 qu’elle établit la liste des 14 besoins qui permet de réfléchir à la cause (lié à…) et à l’expression de ce déficit (se manifestant par…).3

Avant l’introduction des idées de Virginia, la médecine avait tendance à se concentrer sur la maladie plutôt que sur le patient dans son ensemble. Le patient était souvent réduit à l’état d’objet, traité pour sa maladie uniquement. Ses ressentis et ses réactions n’étaient pas suffisamment respectés. Le modèle de Virginia Henderson repose sur l’idée que l’être humain doit satisfaire 14 besoins fondamentaux pour être en pleine santé. C’est un modèle bio-psycho-social qui englobe l’ensemble des aspects de la vie de la personne soignée. Chacun de ces besoins a un impact sur les autres. La perturbation de l’un de ces besoins peut entraîner un problème de santé. En se basant sur ces besoins, l’infirmier(e) détermine si le patient a ou non des problèmes de santé ainsi que les réactions humaines qui peuvent éventuellement en découler.

De nos jours, les 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson sont utilisés en tant qu’outil de recueil de données et d’analyse (en lien avec l’anamnèse) en général à l’entrée du patient dans le service afin d’élaborer un jugement clinique et de mettre en œuvre une prise en soins individualisée et personnalisée pour chaque patient.

Une perspective pédagogique : intégrer les 14 besoins dans le cursus infirmier

L’intégration des 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson dans la formation en soins infirmiers est essentielle, car ils constituent un cadre de référence pour l’étudiant(e) en santé. Il lui permet de comprendre, de raisonner en créant des liens entre les différents symptômes et les besoins du patient à satisfaire de manière holistique.1 Ce modèle contribue à la formation de professionnel(le)s de santé compétent(e)s et empathiques, capables de prodiguer des soins de qualité en prenant en compte le patient dans sa globalité.

Le modèle des 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson est intégré dans les programmes de formation en soins infirmiers à l’échelle mondiale. En effet, son livre, « Basic Principles of Nursing Care », a été publié en 27 langues par le Conseil International des Infirmières. Il est utilisé dans le monde entier (les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, le Canada et l’Australie…) comme cadre de référence pour développer la réflexion critique et les compétences cliniques des futur(e)s professionnel(le)s de santé, ce qui suggère une reconnaissance et une application internationales larges de ses principes.4 Ce modèle, qui transcende les différences culturelles, joue un rôle fondamental dans l’éducation des soignant(e)s. 

L’intégration théorie-pratique est un aspect important de la formation en soins infirmiers. Par exemple, des scénarios de formation peuvent être conçus pour illustrer comment les 14 besoins peuvent être utiles et appliqués dans des situations cliniques réelles. Cela permet aux étudiant(e)s de mettre en pratique les concepts théoriques qu’ils ont appris et de développer leurs compétences cliniques sur le terrain. Vous trouverez un cours sur ce sujet à lire ou écouter sur Réussis ton IFSI ainsi que des QCM interactifs pour vous entraîner.

Les 14 besoins fondamentaux en pratique 

Pour rappel, le besoin “au sens large, est une configuration de caractéristiques psychologiques et physiques qui est ressentie comme un manque ou une tension”.5 Il correspond à ce qui est nécessaire, indispensable, fondamental. L’expression du besoin se fait par rapport à une notion de manque, qu’il faut satisfaire. Le besoin naît d’une frustration. Les besoins sont individuels, en fonction de chacun, de l’histoire personnelle du patient, de son éducation. 

Le besoin peut être défini comme une sensation de manque ou de privation que ressent un individu et qui le pousse à agir pour pallier cette insuffisance. Par exemple, après avoir couru, une personne peut ressentir une soif intense, son besoin est alors de boire de l’eau pour se réhydrater.
Il existe différents types de besoins pour une personne, tels que les besoins vitaux (besoin de respirer, de boire et de manger…), nécessitant une prise en soins le plus rapidement possible, sans quoi il y aurait un risque vital pour le patient. 

Les 14 besoins fondamentaux sont des indicateurs clés de l’autonomie d’une personne sur les plans physique, psychologique et social. Si une personne est capable de satisfaire ses besoins, elle est considérée comme totalement autonome et en bonne santé. De plus, ce modèle aide l’équipe médicale et paramédicale à suivre l’évolution de l’état de santé du patient et à adapter les actions et soins à prodiguer.

On peut classer ces besoins en deux catégories :

  • Les huit premiers sont des besoins physiologiques : c’est-à-dire qu’ils sont liés aux fonctions biologiques essentielles à la survie et au bien-être d’une personne.
  • Les six derniers sont des besoins psychologiques : ils sont liés aux aspects mentaux et émotionnels du bien-être d’une personne. Virginia Henderson a souligné l’importance de ces besoins pour saisir la manière dont le patient expérimente sa pathologie et s’ajuste à celle-ci, ainsi qu’à son éventuelle hospitalisation.
Les besoins physiologiques Les besoins psychologiques
Respirer.
Manger et boire.
Éliminer.
Se mouvoir, avoir une bonne posture.
Dormir, se reposer.
Se vêtir, se dévêtir.
Maintenir une température corporelle à la limite de la normale.
Être propre, soigné(e), protéger ses téguments.
Éviter les dangers.
Communiquer avec ses semblables.
Agir selon ses valeurs et ses croyances.
S’occuper en vue de se réaliser.
Se divertir, se récréer.
Apprendre.
Classification des 14 Besoins Fondamentaux selon Virginia Henderson : physiologiques et psychologiques

L’élaboration du diagnostic infirmier permet au professionnel de santé de cibler la perturbation d’un ou de plusieurs besoins et de mettre en évidence le problème de santé actuel du patient. Pour rappel, la construction du diagnostic infirmier s’effectue en fonction : 

  • D’un problème de santé réel : 
    • “Problème de santé…. lié à… se manifestant par…”.
    • “Problème de santé… se manifestant par… lié à…”.
  • D’un problème potentiel ou d’un risque élevé : 
    • “Risque de [problème de santé]… lié à…”.

Pour chaque besoin identifié, nous vous proposons une définition, les critères d’évaluation de ce besoin, les diagnostics infirmiers en lien avec ce besoin, en nous basant sur le manuel de diagnostics infirmiers4, ainsi que des exemples d’interventions infirmières spécifiques liées au besoin perturbé dans le cadre de son rôle propre

Les 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson correspondent également aux différents niveaux de la pyramide de Maslow, ce qui illustre une convergence entre ces deux cadres théoriques. Tandis que Maslow hiérarchie les besoins humains, les 14 besoins de Virginia Henderson fournissent un modèle spécifique à la pratique infirmière qui couvre et respecte cette hiérarchie, en mettant un accent particulier sur les conditions nécessaires à la santé et au bien-être général d’une personne.1

Infographie - Les 14 besoins de Virginia Henderson

Le besoin de respirer

Définition

Le besoin de respirer correspond à la nécessité de l’être humain de capter l’oxygène indispensable à la vie cellulaire et à évacuer le gaz carbonique produit par la combustion cellulaire, afin de disposer d’une oxygénation cellulaire satisfaisante. En tant qu’infirmier(e), il est essentiel de connaître le mécanisme physiopathologique du système respiratoire. Vous pourrez lire ou écouter les cours correspondants dans l’unité d’enseignement 2.2 sur Réussis ton IFSI.

Critères d’évaluation du besoin

  • Respiration spontanée sans difficulté. 
  • Norme de la fréquence respiratoire : 15 à 18 mouvements/min.
  • 1 cycle correspond à 1 inspiration et à 1 expiration.
  • Signes cliniques et symptômes de la perturbation respiratoire : encombrement bronchique, toux grasse ou sèche, gêne respiratoire, expectoration, dyspnée, polypnée, tachypnée, bradypnée, orthopnée, hypoxie, hypercapnie, hyperventilation, apnée, cyanose, marbrure, hémoptysie…
  • Avec ou sans aide matérielle (exemples : lunettes à oxygène, masque à haute concentration, trachéotomie, VNI…).

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin de respirer : 6

  • Dégagement inefficace des voies aériennes respiratoires.
  • Échanges gazeux perturbés.
  • Intolérance du sevrage de la ventilation assistée.
  • Mode de respiration inefficace.
  • Respiration spontanée altérée.
  • Risque d’altération de la fonction respiratoire.

Interventions infirmières

  • Aide à s’installer dans une position qui facilite l’ouverture des voies aériennes du patient.
  • Enseignement de la technique de toux contrôlée au patient.
  • Évaluation des crachats : couleur, volume, odeur. 
  • Prévention des infections respiratoires grâce à l’hygiène des mains et attention particulière aux facteurs de risque environnementaux (à éviter).
  • Surveillance biologique des marqueurs des échanges gazeux.
  • Surveillance clinique de la fonction respiratoire.
  • Surveillance de la saturation en oxygène.

Le besoin de boire et de se nourrir

Définition

Le besoin de boire et de se nourrir correspond à la nécessité pour l’organisme d’ingérer des aliments et des boissons de bonne qualité en quantité suffisante pour assurer sa croissance, l’entretien des tissus et maintenir l’énergie indispensable à son bon fonctionnement. 

Critères d’évaluation du besoin

  • Rapport poids/taille. 
  • Mastication efficace. 
  • Succion efficace. 
  • Déglutition facile. 
  • Autonomie en ce qui concerne les gestes alimentaires
  • Signes cliniques et symptômes de perturbation du besoin de boire et de se nourrir : dysphagie, anorexie, boulimie, fausses routes, allergies alimentaires, prothèses dentaires, signes de la déshydratation, régime alimentaire, diminution de l’appétit (hyporexie), atteinte de la muqueuse buccale… 

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin de boire et de se nourrir : 6

  • Atteinte de la muqueuse buccale.
  • Alimentation déficiente.
  • Alimentation excessive. 
  • Allaitement maternel inefficace.
  • Allaitement maternel interrompu.
  • Déficit de soins personnels : s’alimenter.
  • Dentition altérée.
  • Mode d’alimentation inefficace chez le nouveau-né/nourrisson.
  • Motivation à améliorer l’allaitement maternel. 
  • Motivation à améliorer son alimentation.
  • Motivation à améliorer son équilibre hydrique.
  • Risque d’alimentation excessive ou déficitaire.
  • Risque de fausse route (d’aspiration).
  • Risque de déshydratation.
  • Troubles de la déglutition.

Interventions infirmières

  • Collaborer avec le/la diététicien(ne) pour établir un apport calorique journalier et les besoins nutritionnels associés aux situations suivantes : vieillissement, prise des médicaments, pathologie, activité, autonomie…
  • Discuter avec le patient des causes possibles de la diminution de son appétit.
  • Prendre des mesures pour stimuler l’appétit et/ou l’hydratation du patient. 
  • Surveiller l’hygiène bucco-dentaire du patient de façon quotidienne.
  • Mettre en place un régime avec une texture alimentaire et hydrique adaptée au trouble de la déglutition du patient. 
  • Mettre en place une surveillance hydrique, en collaboration avec l’aide-soignant(e), sur 3 jours au regard de la restriction hydrique prescrite par le médecin. 
  • Surveiller sur les résultats biologiques les marqueurs de l’alimentation et de l’hydratation.

Le besoin d’éliminer

Définition

L’élimination est la nécessité pour l’organisme de se débarrasser des substances nuisibles et inutiles qui résultent des différents métabolismes. L’excrétion des déchets s’opère principalement par l’urine, les fèces, la transpiration, l’expiration pulmonaire et les menstruations. 

Critères d’évaluation du besoin

Urines

  • Urines ambrées, en jet. 
  • Diurèse normale chez une personne en bonne santé avec une bonne hydratation : environ 1,5 litre d’urine par 24 heures pour un adulte en bonne santé, bien hydraté. 
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin d’éliminer : polyurie, oligurie, oligo-anurie, anurie, pollakiurie, urines concentrées, urines malodorantes, brûlures mictionnelles, hématurie…

Selles

  • Selles moulées brunâtres.
  • Varie entre 3 défécations par jour et 3 défécations par semaine en moyenne.7 Cela varie en fonction de la personne, de ses habitudes de vie, de son alimentation, de son activité physique, mais aussi de son organisme.
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin d’éliminer : sang dans les selles (méléna), rectorragie, hémorroïde, constipation, diarrhée…

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin d’éliminer : 7

  • Constipation.
  • Élimination urinaire altérée.
  • Incontinence fécale.
  • Incontinence urinaire à l’effort.
  • Incontinence urinaire.
  • Incontinence urinaire complète.
  • Incontinence urinaire fonctionnelle.
  • Incontinence urinaire par besoin impérieux.
  • Incontinence urinaire par regorgement. 
  • Incontinence urinaire réflexe.
  • Motivation à améliorer son élimination urinaire.
  • Pseudo-constipation.
  • Risque de constipation.

Interventions infirmières

Urines

  • Examiner l’élimination quotidienne du patient. 
  • Lors d’une incontinence urinaire aiguë : déterminer l’étiologie du trouble (infection, pathologie rénale, calcul rénal, effets indésirables d’un traitement, effets de l’anesthésie…).
  • Surveiller l’élimination (urine) de façon quotidienne : diurèse, apparence et odeur.

Selles

  • Encourager le patient à pratiquer une activité physique de façon quotidienne afin de stimuler son transit.
  • Informer le patient et l’encourager à éviter les aliments ralentissant le transit lors d’une constipation tout en favorisant les aliments riches en fibres et l’hydratation.
  • Prévenir le patient que certains médicaments peuvent provoquer la constipation (comme la morphine). 
  • Examiner la routine quotidienne d’élimination du patient. 
  • Surveiller son transit (selles) de façon quotidienne  : quantité, apparence et odeur. 

Le besoin de se mouvoir et de maintenir une bonne posture

Définition

Avoir une bonne posture et se mouvoir sont une nécessité absolue pour tout individu. Il doit pouvoir mobiliser toutes les parties de son corps, afin d’accomplir les mouvements coordonnés et contrôlés indispensables à son bien-être. Il faut maintenir en position anatomique les différentes parties du corps en mouvement ou au repos afin que les diverses fonctions de l’organisme s’accomplissent efficacement.

Critères d’évaluation du besoin

  • Amplitude des mouvements : périmètre de marche.
  • Contrôle des mouvements, marche aisée. 
  • Équilibre stable.
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin de se mouvoir et de maintenir une bonne posture : immobilisation, mobilité réduite, claudication, grabatisation, périmètre de marche diminué…  

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin de se mouvoir et de maintenir une bonne posture : 6

  • Difficultés à marcher.
  • Difficulté lors d’un transfert.
  • Errance.
  • Intolérance à l’activité.
  • Mobilité réduite.
  • Mobilité réduite en fauteuil roulant.
  • Mode de vie sédentaire.
  • Risque de chute.
  • Risque de syndrome d’immobilité.
  • Risque d’intolérance à l’activité.

Interventions infirmières

  • Expliquer au patient comment fonctionnent la télécommande de son lit et la sonnette d’appel, en les laissant à sa portée.
  • Adapter l’environnement du patient afin de réduire le risque de chute. 
  • Mettre en place une aide matérielle adaptée au degré d’autonomie du patient afin de sécuriser ses déplacements (déambulateur, béquilles…) et expliquer comment fonctionne cette aide en collaboration avec le kinésithérapeute et l’ergothérapeute.
  • Inciter le patient à porter des chaussures/chaussons adaptés aux troubles de la marche afin de mieux soutenir le pied.
  • S’assurer que la famille et l’entourage sont au courant des aspects liés à la sécurité et au risque de chute.
  • Lors de la manutention, vérifier s’il est préférable d’exécuter le transfert (par exemple : du lit au fauteuil) manuellement ou d’utiliser une aide technique (guidon de transfert, verticalisateur, lève-personne…). 
  • Aborder des stratégies de gestion de la douleur pour les patients ayant des difficultés de mouvement, incluant des méthodes non pharmacologiques.
  • Pour les patients à mobilité très réduite, intégrer des stratégies de prévention des escarres, telles que le changement régulier de position et l’utilisation de supports de positionnement et de matelas spécialisés.

Le besoin de dormir et de se reposer

Définition

Il s’agit de la nécessité pour tout être humain de prendre suffisamment de sommeil et de repos dans de bonnes conditions afin de permettre à l’organisme de trouver l’énergie nécessaire à ses activités quotidiennes et au bien-être psychologique. Il est important de noter que le sommeil évolue avec l’âge. Par exemple, une personne âgée peut dormir environ 7 heures, mais ce sommeil peut être réparti en périodes distinctes : une sieste plus longue pendant la journée et une nuit plus courte. Le sommeil doit être réparateur, peu importe comment il est réparti. 

Critères d’évaluation du besoin

  • Conditions et durée de sommeil adaptées. 
  • Qualité et quantité du sommeil provoquant le repos.
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin de dormir et de se reposer : insomnie, inversion nycthémérale, somnolence, cauchemars, réveils fréquents, somnambulisme, asthénie, fatigue, problèmes d’endormissement.

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin de dormir et se reposer : 6

  • Anxiété nocturne.
  • Excès de stress.
  • Fatigue.
  • Habitudes de sommeil perturbées.
  • Insomnie. 
  • Motivation à améliorer son sommeil.
  • Peur.
  • Privation du sommeil.

Interventions infirmières

  • Si le patient manifeste des signes d’anxiété durant la nuit, lui proposer des techniques de relaxation par l’intermédiaire de la respiration ou d’autres techniques (cohérence cardiaque, aromathérapie…).
  • Surveiller le sommeil du patient durant la nuit afin d’évaluer le rythme et la quantité de sommeil.
  • Aider le patient à élaborer un plan pour rétablir son cycle éveil-sommeil : rituel de coucher, conditions propices au sommeil, etc.
  • Réduire ou éliminer les distractions liées au milieu et les interruptions du sommeil  (fermer la porte de la chambre, respecter les rituels avant le sommeil, tirer les rideaux, éliminer l’éclairage continu…).
  • Encourager l’entourage et la famille à parler avec le patient et à le stimuler pour qu’il reste éveillé la journée. 
  • Conseiller et éduquer le patient sur l’importance de ne pas consommer du tabac et de la caféine au moins 4 heures avant le coucher, de ne pas pratiquer une activité physique après 17 heures et de prendre un repas léger le soir.

Le besoin de se vêtir et de se dévêtir

Définition

Nécessité propre à l’individu de porter des vêtements adéquats, selon ses activités, pour maintenir la température de son corps, préserver ses téguments et sa pudeur. 

Critères d’évaluation du besoin

  • Capacité du patient à s’habiller et à se déshabiller de façon autonome.
  • Choix, avec le patient, des vêtements, en tenant compte de ses habitudes, de ses difficultés, de la température extérieure et du contexte de l’hospitalisation (asthénie, dispositifs médicaux, perfusions …).
  • Change régulier de vêtements.
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin de se vêtir et de se dévêtir :  incapacité à mettre seul ses vêtements du haut du corps ou du bas, aide partielle ou totale à l’habillage/au déshabillage, vêtements non adaptés, vêtements souillés. 

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin de se vêtir et de se dévêtir  : 6

  • Déficit de soins personnels : se vêtir.

Interventions infirmières

  • Favoriser l’autonomie du patient en le faisant souvent s’exercer à s’habiller sans aide et en lui laissant le temps dont il a besoin pour effectuer cet acte. 
  • Laisser le patient décider de ce qui lui convient le mieux pour s’habiller et aménager la pièce, si besoin, de façon à lui faciliter la tâche. 
  • Disposer les vêtements selon l’ordre dans lequel le patient les mettra en fonction de ses préférences. 
  • Guider le patient atteint d’un déficit cognitif en lui demandant une seule chose à la fois (par exemple : “Enfilez vos chaussures”). 
  • Inviter la famille ou l’entourage à sélectionner des vêtements qui se ferment facilement, comme ceux dotés de boutons-pression.

Le besoin de maintenir la température du corps dans les limites de la normale

Définition

Nécessité pour l’organisme de conserver une température constante et normale pour ressentir du bien-être. 

Critères d’évaluation du besoin

  • Température corporelle, vêtements adaptés à la température environnementale, sudation normale.
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin de maintenir la température du corps dans les limites de la normale : hypothermie, hyperthermie, vêtements non adaptés à la température extérieure, hyperhidrose.

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin de maintenir la température du corps dans les limites de la normale : 6

  • Hyperthermie.
  • Hypothermie.
  • Risque de température corporelle anormale.
  • Thermorégulation inefficace.

Interventions infirmières

  • Surveiller la température corporelle lors de la présence de signes cliniques d’hypo/hyperthermie. 
  • En cas d’hyperthermie : vérifier régulièrement la température et, si nécessaire, enlever les vêtements ou les couvertures en trop pour réduire la chaleur. 
  • Durant les périodes de fortes chaleurs, expliquer au patient l’importance de bien s’hydrater, de prendre des douches froides et d’éviter d’utiliser du savon lors des douches. 
  • En cas d’hypothermie, favoriser les douches chaudes, donner une couverture chauffante au patient et lui recommander de ne pas sortir par temps très froid.
  • Évaluer la température de la chambre du patient afin d’optimiser la température ambiante. 
  • Informer les patients sur les signes et symptômes de déshydratation et de surhydratation, surtout pendant les périodes de températures extrêmes, et leur apprendre comment ajuster leur consommation de liquides.
  • Adapter la tenue en tenant compte des conditions météorologiques. 

Le besoin d’être propre, soigné(e) et de protéger ses téguments

Définition

Nécessité pour l’individu d’avoir une apparence soignée, de maintenir son corps propre, afin que peau et phanères puissent remplir leur fonction. Vous pourrez lire ou écouter les cours correspondants dans l’unité d’enseignement 2.2 sur Réussis ton IFSI.

Critères d’évaluation du besoin

  • Les téguments regroupent les ongles, la peau, les muqueuses et les cheveux.
  • Capacités du patient à effectuer sa toilette en respectant les règles d’hygiène.
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin d’être propre, soigné(e) et protéger ses téguments : altération de l’état cutané, absence de soins de nursing, éruption cutanée, sécheresse cutanée, macération, escarre, mycose, cisaillement, frottement, odeur corporelle anormale…

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin d’être propre, soigné(e) et de protéger ses téguments : 6

  • Altération de l’état cutané.
  • Atteinte de l’intégrité de la muqueuse buccale.
  • Atteinte de l’intégrité de la peau.
  • Atteinte de l’intégrité des tissus. 
  • Déficit de soins personnels : se laver.
  • Motivation à améliorer ses soins personnels.
  • Risque d’atteinte de l’intégrité de la peau.
  • Risque de brûlure thermique.
  • Risque de sécheresse de l’œil. 

Interventions infirmières

  • Accompagner dans la réalisation de la toilette au lit en veillant à préserver l’autonomie, la pudeur et l’intimité du patient et en tenant compte de son état de fatigabilité.
  • Choisir le moment propice, en tenant compte de l’organisation institutionnelle du service et des habitudes de vie du patient.
  • Surveiller les points d’appui, les ongles et les cheveux.
  • Mettre en place des mesures générales de prévention des escarres en collaboration avec les différents professionnels de santé.
  • Aider le patient à faire sa toilette intime après chaque selle et miction si nécessaire.

Le besoin d’éviter les dangers

Définition

Nécessité pour l’être humain de se protéger contre toute agression d’origine interne ou externe pour maintenir sa santé. 

Critères d’évaluation du besoin

  • Connaître les risques pour chaque patient au regard de son état de santé. 
  • Connaître les règles de sécurité institutionnelle et organisationnelle de l’établissement de santé. 
  • Contexte social du patient : régime de sécurité sociale et mutuelle.
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin d’éviter les dangers : chute, altération de la fonction neurologique, de la mobilité, déficience visuelle, déficience auditive, asthénie, hypotension orthostatique, troubles vestibulaires, ignorance des dangers inhérents au milieu, mouvements tonico-cloniques, altérations liées au(x) traitement(s)…

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin d’éviter les dangers : 6

  • Automutilation.
  • Comportement à risque pour la santé.
  • Mécanisme de protection inefficace. 
  • Motivation à améliorer la prise en charge de sa santé.
  • Non-observance.
  • Prise en charge inefficace de sa santé.
  • Refus de soins.
  • Risque d’accident.
  • Risque d’automutilation.
  • Risque de chute.
  • Risque de suicide.
  • Risque de traumatisme.
  • Risque de violence envers soi.

Interventions infirmières

  • Pour le patient présentant un risque suicidaire : retirer tous les objets piquants, coupants et tranchants à proximité du patient et les objets à risque (parfum, solution hydroalcoolique…).
  • En cas de suspicion, effectuer le test de Schellong pour confirmer ou infirmer la présence d’une hypotension orthostatique.
  • Expliquer les différentes techniques de réduction de l’hypotension orthostatique à un patient atteint de cette pathologie. 
  • Conduire un entretien avec le patient concernant les éventuels changements qui pourraient influencer son état et perturber la continuité de sa prise en charge.
  • Expliquer au patient comment  la télécommande du lit et la sonnette d’appel fonctionnent, et les  laisser à sa portée.

Le besoin de communiquer avec ses semblables

Définition

Nécessité pour l’être humain d’échanger avec les autres et avec son environnement, sur le mode verbal ou non verbal, au niveau sensori-moteur, intellectuel et affectif dans le but de partager ses idées, ses sentiments, ses expériences, ses sensations, d’exprimer ses besoins et de comprendre ceux de son entourage. 

Critères d’évaluation du besoin

  • Maîtrise du langage et de son vocabulaire.
  • Communication verbale, paraverbale, non verbale adaptée.
  • Expression de ses émotions et de ses sentiments.
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin de communiquer avec ses semblables : barrière de la langue, mutisme, langue des signes, situation de handicap verbal et/ou auditif, altération de la communication et du comportement.

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin de communiquer avec ses semblables : 6

  • Communication altérée.
  • Communication verbale altérée.
  • Dynamique familiale dysfonctionnelle. 
  • Dynamique familiale perturbée.
  • Isolement social.
  • Motivation à améliorer sa communication.
  • Motivation des partenaires à améliorer leur relation.
  • Relation infructueuse entre partenaires.
  • Risque de relation infructueuse entre partenaires.
  • Risque de sentiment de solitude.

Interventions infirmières

  • Proposer un appel téléphonique au patient.
  • Proposer aux différents patients du service de prendre le repas ensemble. 
  • Placer le téléphone à proximité du patient. 
  • Faciliter les visites de l’entourage du patient.
  • Se rendre disponible auprès du patient et être à son écoute.
  • Surveiller les signes évocateurs de détresse, d’inquiétude (larmes, visage fermé).
  • S’assurer de la bonne compréhension des propos.
  • Mobiliser les aides pour communiquer : pictogramme, interprète, utilisation d’applications de traduction sur un ordinateur ou un téléphone portable, alphabet de la langue des signes française (LSF) …

Le besoin d’agir selon ses valeurs et ses croyances

Définition

Nécessité pour l’être humain de conformer sa vie et ses pratiques à ses convictions et à ses valeurs, à ses aspirations, de se valoriser et/ou d’avoir le sentiment d’être utile. C’est un guide pour nos actions et nos choix de vie. Il est important de noter que ce besoin ne peut pas toujours être satisfait, compte tenu des limites imposées par certaines structures (laïcité, etc.).

Critères d’évaluation du besoin

  • Connaître les valeurs spirituelles et religieuses, ainsi que les rites et les convictions du patient. 
  • Respecter les croyances et les pratiques religieuses du patient.
  • Connaître les directives anticipées du patient en lien avec ses valeurs et ses croyances.  
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin d’agir selon ses valeurs et ses croyances : incapacité du patient de pratiquer ses rites et ses pratiques, perturbation des valeurs et des croyances du patient. 

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin d’agir selon ses valeurs et ses croyances : 6

  • Anxiété.
  • Détresse morale. 
  • Détresse spirituelle. 
  • Deuil. 
  • Deuil anticipé.
  • Identité personnelle perturbée.
  • Motivation à accroître son espoir.
  • Motivation à améliorer sa pratique religieuse.
  • Motivation à améliorer son bien-être spirituel. 
  • Perte d’espoir.
  • Pratique religieuse perturbée.
  • Risque de détresse morale.
  • Risque de détresse spirituelle. 
  • Risque de deuil problématique.
  • Risque de perturbation de la pratique religieuse.
  • Risque de perturbation de l’identité personnelle.
  • Risque de sentiment d’impuissance. 
  • Sentiment d’impuissance.

Interventions infirmières 

  • Surveillances comportementales et verbales du patient : il peut douter que sa foi soit assez importante pour l’aider à faire face à la crise qu’il vit. 
  • Procéder à une écoute active auprès du patient et lui recommander de faire une visualisation ou de la méditation pour renforcer sa foi et ses croyances. 
  • Proposer au patient de communiquer avec son conseiller spirituel habituel ou un nouveau guide. 
  • Aider le patient à prendre du recul par rapport à la situation en lui posant des questions sur ses croyances et ses expériences spirituelles passées. 
  • Faire prendre conscience au patient qu’il est permis, s’il le souhaite, de parler de vie spirituelle avec l’infirmier(e). 
  • Faire preuve de sollicitude en se rendant disponible pour écouter le patient exprimer ses sentiments, poser des questions…
  • Comprendre et respecter les différences culturelles dans les modes de communication et les pratiques, afin de prodiguer des soins respectueux et appropriés à chaque personne.
  • Connaître les habitudes de vie du patient, pour les respecter au mieux (repas avec ou sans viande, horaires des soins courants…).
  • En EHPAD, proposer des animations en lien avec l’histoire du résident.

Le besoin de s’occuper en vue de se réaliser

Définition

Nécessité pour tout être humain d’exercer ses rôles, des responsabilités et de progresser par le biais du développement de son potentiel.

Critères d’évaluation du besoin

  • Activités socio-professionnelles, interactives, participatives, associatives, familiales et artistiques. 
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin de s’occuper en vue de se réaliser : désintérêt pour soi-même, dévalorisation, oisiveté…

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin de s’occuper en vue de se réaliser : 6

  • Anxiété.
  • Concept de soi perturbé.
  • Conflit décisionnel.
  • Conflit face au rôle parental. 
  • Diminution chronique de l’estime de soi.
  • Estime de soi perturbée.
  • Exercice du rôle parental perturbé.
  • Exercice inefficace du rôle.
  • Motivation à accroître sa résilience.
  • Motivation à améliorer l’exercice du rôle parental.
  • Motivation à améliorer le concept de soi.
  • Motivation à améliorer sa prise de décision.
  • Stratégies d’adaptation défensives. 
  • Stratégies d’adaptation familiale compromises.
  • Stratégies d’adaptation familiale invalidantes.
  • Stratégies d’adaptation inefficaces.
  • Stratégies d’adaptation inefficaces d’une collectivité.
  • Syndrome d’inadaptation à un changement de milieu.
  • Résilience individuelle réduite.
  • Risque de manque de résilience.
  • Risque de diminution chronique de l’estime de soi.
  • Risque de diminution situationnelle de l’estime de soi
  • Risque de perturbations de l’attachement.
  • Risque de perturbation de l’exercice du rôle parental.
  • Tension dans l’exercice du rôle d’aidant naturel.

Interventions infirmières

  • Proposer au patient des ateliers/activités pour se divertir, pas seulement des ateliers thérapeutiques.
  • Prendre connaissance de l’activité professionnelle du patient, de son projet de vie, etc.
  • Corriger les idées erronées qu’il entretient peut-être sur lui-même, sur ses soins ou sur le personnel soignant. 
  • Faire des commentaires positifs et réalistes lorsque le patient accomplit quelque chose. 
  • Promouvoir l’implication dans des groupes de soutien ou des initiatives communautaires qui peuvent offrir des occasions d’interaction sociale, de soutien mutuel et d’engagement civique.

Le besoin de se divertir et se récréer

Définition

Nécessité pour l‘être humain de se récréer à l’aide d’une occupation agréable dans le but d’obtenir détente et plaisir physique, intellectuel, psychologique, affectif et spirituel. 

Critères d’évaluation du besoin

  • Divertissements, détente, loisirs, activités pour se divertir. 
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin de se divertir et se récréer : désintérêt pour les activités, incapacité à participer aux activités, refus, ennui…

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin de se divertir et se récréer  : 6

  • Activités de loisirs insuffisantes. 
  • Motivation à améliorer sa participation à des loisirs.
  • Processus de deuil.

Interventions infirmières

  • Inciter le patient à se joindre à un groupe d’aide ou à un groupe partageant ses champs d’intérêt. 
  • Inciter le patient à participer aux activités de groupe lors des animations.
  • Inviter le patient à rejoindre des groupes de malades atteints de la même pathologie pour entrevoir un autre avenir (associations de dialysés, par exemple).
  • Parler avec le patient de ses champs d’intérêt et évaluer s’il lui est possible de pratiquer une nouvelle activité au regard de sa mobilité.
  • Orienter le patient vers divers organismes de bénévolat (Croix-Rouge française, Les Restos du Cœur…).
  • Encourager les activités créatives telles que le dessin, la peinture, l’écriture ou la musique, qui sont un moyen de divertissement et favorisent l’expression personnelle et le développement de nouvelles compétences.

Le besoin d’apprendre

Définition

Nécessité pour l’être humain d’acquérir des connaissances et des attitudes afin d’obtenir des comportements favorables au maintien ou à la promotion de la santé.

Critères d’évaluation du besoin

  • Volonté et curiosité d’apprendre, participation du patient à la satisfaction de ses besoins. 
  • Signes cliniques et symptômes d’une perturbation du besoin d’apprendre : désintérêt pour l’apprentissage, refus, manque d’implication dans la satisfaction de ses besoins

Diagnostics infirmiers

Voici les problèmes de santé contribuant au diagnostic infirmier que vous pourrez établir par rapport au besoin d’apprendre : 6

  • Connaissances insuffisantes.
  • Non-observance. 
  • Intolérance à l’activité.
  • Motivation pour améliorer ses connaissances.
  • Planification inefficace d’une activité.
  • Risque d’intolérance à l’activité.

Interventions infirmières

  • Favoriser l’intérêt pour l’apprentissage du patient.
  • Privilégier le retour d’expérience du patient. 
  • Inviter le patient à poser des questions sur son problème de santé, le traitement, le pronostic et ses progrès, son ressenti de son hospitalisation.

Ressources éducatives pour les professionnel(le)s de la santé

Nous avons basé la rédaction de nos diagnostics infirmiers sur le « Manuel de diagnostics infirmiers » de Carpenito LJ, 16e édition, publié par Elsevier Masson en 2016. Cependant, il existe divers manuels de référence dans ce domaine. Les formateurs de votre IFSI sauront vous guider vers l’ouvrage le plus adapté à vos besoins et à votre IFSI.
Voici une liste non exhaustive de manuels de diagnostics : 

  • Carpenito LJ, Manuel de diagnostics infirmiers. 16e édition. Elsevier Masson, 2023.
  • NANDA International, AFEDI, AQCSI. Diagnostics infirmiers 2021-2023. Définitions et classification. 12e édition. Issy-les-Moulineaux : Elsevier-Masson, 2021.
  • Marie-Thérèse Célis-Geradin, Christiane Coopman-Mahieu, Cécile Thioux. Évaluer une situation clinique par les 14 besoins : Classifications des résultats (NOC-CRSI) et des diagnostics infirmiers (NANDA-International). Éditeur DE BOECK SUP, 11 avril 2012. 
  • Pascal A, Frecon-Valentin E., Diagnostics infirmiers, interventions et résultats. Classifications infirmières. Classifications infirmières et plans de soins. Issy-les-Moulineaux : Elsevier-Masson, 2016.
  • Vallée A. Diagnostics infirmiers. Le raisonnement clinique. Paris : Maloine, 2016.
  • Nadine Delchambre, Marie-Rose Lefevre, Anne Ligot, Nicole Mainjot, Marie-France Marlière, Micheline Mathieu. Guide d’observation des 14 besoins de l’être humain. Éditeur DE BOECK SUP, 23 juillet 2008.

Conseils de cadres formateurs en IFSI

Isabelle Bataille

Virginia Henderson, souvent citée pour sa définition des besoins fondamentaux en soins infirmiers, omet de traiter explicitement le besoin en lien avec la sexualité, probablement en raison des normes culturelles de son époque. Il faut reconnaître ce manque, car les besoins sexuels sont essentiels et on en discute ouvertement dans des services tels que la maternité, où les sages-femmes abordent la reprise de l’activité sexuelle post-accouchement, et en orthopédie, pour conseiller le patient sur les positions à éviter après certaines interventions.

Les théories plus récentes, comme celles de Loïc Martin avec ses 14 catégories de besoins, permettent d’intégrer plus explicitement la sexualité dans l’évaluation des besoins des patients. Ceci montre l’évolution de la prise en compte des besoins dans le temps et selon les contextes socioculturels.

En pratique, l’approche de Jean Watson peut être préférable pour aborder les besoins des patients en fin de vie, où l’accent est mis sur l’accompagnement et le confort émotionnel. Cette flexibilité dans l’utilisation des différentes théories permet de répondre de manière holistique aux besoins des patients.

Chez les jeunes enfants, il est important de distinguer les étapes de développement physiologique normales de celles qui peuvent indiquer des problèmes, comme l’incontinence d’un enfant de six ans par rapport à la normale physiologique d’un enfant d’un an. La gestion des risques, tels que l’atteinte de l’intégrité cutanée due au port de couches, requiert une attention particulière et une adaptation des soins selon l’âge et les besoins de l’enfant.

Karine Colas

Les Canadiens préfèrent utiliser le terme « besoins en santé » plutôt que « problèmes de santé ». Cette approche terminologique peut s’avérer bénéfique, en particulier pour les apprenants. En effet, le mot “problème” porte une connotation négative et suggère une orientation strictement médicale, tandis que le terme “besoin” englobe une dimension plus large. Il justifie une intervention infirmière qui s’étend au-delà du soin médical pour inclure des aspects relationnels, éducatifs, sociaux, psychologiques, culturels et anthropologiques. En outre, les étudiants en stage remarquent souvent que l’adoption d’une démarche centrée sur les “problèmes de santé” n’est pas toujours explicite parmi les professionnels, car cette pratique est généralement intégrée de manière automatique et implicite. Par conséquent, utiliser le terme “besoins en santé” aide les étudiants à mieux comprendre les motifs d’hospitalisation d’un patient dans une unité de soins spécifique, et à apprécier la singularité de l’accompagnement infirmier. Cette précision terminologique aide à cerner les objectifs de soins de manière plus holistique et adaptée à chaque patient.

Pour aller plus loin

Les 14 besoins de Virginia Henderson ont un impact significatif sur les soins infirmiers actuels. Ils offrent un cadre pour une prise en soins globale et personnalisée du patient. Nous encourageons vivement l’adoption de ces principes dans les pratiques professionnelles.

Aujourd’hui, il est important pour les professionnels de santé de les prendre en compte en complétant les soins aux patients et de tenir compte des théories d’autres penseurs tels que Maslow, Marjory Gordon, ou encore Loïc Martin avec son outil “Louis et les 14 catégories”.

Remerciements

Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à Patricia NIANT (cadre supérieure coordinatrice IFSI/IFAS), Karine COLAS (infirmière cadre de santé formatrice IFSI), Isabelle Raffin-Bataille (cadre de santé formatrice en IFSI) et Yves Ustariz (cadre de santé formateur en IFSI) pour leur relecture attentive de cet article et pour leur précieuse contribution.

Chez Réussis ton IFSI, nous nous engageons à proposer des contenus d’une fiabilité inégalée. En complément de l’expertise interne de notre équipe habituelle, nous valorisons l’apport de professionnels extérieurs qualifiés qui enrichissent nos articles de perspectives nouvelles et essentielles.

Sources

  1. Our Lady of Fatima University « Bachelor of science in nursing NCMA 100 : Theoretical Foundations of Nursing » 08/07/2020
  2. Smith, M.C. and Parker, M.E. (2015) Nursing Theories and Nursing Practice. 4th Edition, F. A. Davis, Philadelphia.
  3. Boittin, I., Lagoutte, M., & Lantz, M. C. (2002). Virginia Henderson : 1897-1996. Biographie et analyse de son œuvre. Recherche en Soins Infirmiers, 68(1), 5-17. Éditions Association de Recherche en Soins Infirmiers.
  4. Vera, M. (2024, April 30). Virginia Henderson: Nursing Need Theory. Nurseslabs.
  5. Colin, C., Barcenilla, J. & Brangier, É. (2021). Besoin  . Dans : Éric Brangier éd., Ergonomie : 150 notions clés (pp. 124-125). Paris: Dunod.
  6. Carpenito-Moyet, L. J. (2023). Manuel de diagnostics infirmiers : Apport essentiel aux constats d’évaluation et directives infirmières (16e éd.). Elsevier Masson.
  7. Société Française nationale de Colo-Proctologie « Transit et constipation : normalité » 12/2008