Le contrôle ultime pré-transfusionnel (CUPT) est conçu pour prévenir les réactions d’incompatibilités transfusionnelles graves. Dans le champ des compétences infirmières, la transfusion sanguine est un acte présentant des risques de complications potentiellement mortelles. Une législation stricte permet de sécuriser les pratiques dont le contrôle ultime pré-transfusionnel (CUPT).1

Considéré comme le dernier verrou, le contrôle ultime pré-transfusionnel (CUPT) est systématiquement effectué au chevet du patient, même dans les situations d’urgence.

Il se compose de deux grandes phases pour vérifier la compatibilité entre le produit sanguin et le receveur : 2

  • La vérification méticuleuse du contrôle ultime de concordance (incluant l’identification du patient, la concordance des données et la conformité des produits sanguins labiles).
  • Et le contrôle ultime de compatibilité.

Cette double vérification permet d’éviter les incidents liés à des erreurs de prélèvement, d’attribution ou de distribution de PSL, ou à l’identification incorrecte du patient devant recevoir la transfusion.3

Dans cet article, vous découvrirez les bases de la compatibilité sanguine. Nous explorerons le système ABO et le rôle du contrôle ultime pré-transfusionnel (CUPT). Vous apprendrez également à utiliser les trois types de cartes CUPT les plus courantes en France : l’ABTest Card®, la Safety Card AB® et la carte SERAFOL®.

La compatibilité sanguine et la sécurité du patient

La diversité des groupes sanguins, résultant du polymorphisme génétique, implique qu’une compatibilité parfaite entre donneur et receveur n’est pas possible.4 Toutefois, grâce à des règles importantes et des examens immuno-hématologiques, une transfusion reste faisable tout en assurant la sécurité transfusionnelle. 

Une transfusion compatible est dite isogroupe lorsque le donneur et le receveur partagent le même groupe sanguin, ce qui correspond à une transfusion sans risque de réaction immunitaire. En revanche, une transfusion compatible est non isogroupe lorsque les groupes sanguins ne correspondent pas, mais lorsque les antigènes du donneur sont tolérés par le système immunitaire du receveur (car il n’y a pas d’anticorps dirigés contre eux). Troisième cas de figure, une incompatibilité se produit lorsque les anticorps du receveur, dirigés contre les antigènes du donneur, déclenchent un conflit immunologique au niveau des hématies transfusées, pouvant entraîner une hémolyse et une réaction transfusionnelle grave.

Ce conflit survient quand les antigènes présents sur les globules rouges du donneur correspondent aux anticorps dans le plasma du receveur. Cela signifie que les antigènes présents à la surface des hématies  du donneur sont reconnus comme étrangers par les anticorps du receveur. Ces anticorps se fixeront aux antigènes des hématies et déclencheront une hémolyse.1

Le système ABO et ses anticorps réguliers

Le système ABO est la principale barrière immunologique en matière de transfusion sanguine. Il repose sur la présence ou l’absence de deux antigènes spécifiques sur les globules rouges : l’antigène A et l’antigène B. Les individus appartiennent aux groupes A, B, AB ou O, selon la combinaison de ces antigènes sur leurs globules rouges. Cette classification détermine les anticorps réguliers présents dans le plasma.

Infographie - Le système de groupe sanguin ABO _ Illustration des antigènes et des anticorps

Ces anticorps réguliers, naturellement présents dans le plasma, agissent contre les antigènes ABO qui ne sont pas présents sur les globules rouges propres à l’individu. Par exemple, une personne de groupe A possède des anticorps anti-B, et inversement. Les personnes de groupe O ont à la fois des anticorps anti-A et anti-B, tandis que celles du groupe AB n’en ont aucun.

En dehors du système ABO, il existe d’autres groupes sanguins, comme les systèmes Rhésus, Kell, Duffy, Kidd, etc. Ces systèmes sont associés à la production d’anticorps irréguliers, qui ne sont pas naturellement présents dans le plasma. Ils peuvent se former en réponse à une exposition antérieure à des antigènes étrangers, soit lors d’une transfusion antérieure, soit pendant une grossesse. Vous trouverez plus d’informations dans l’article dédié aux composants sanguins et leur rôle dans la transfusion.

Ces anticorps irréguliers ne constituent pas une barrière immunologique systématique, comme dans le système ABO, mais plutôt occasionnelle, dépendant de l’exposition préalable de l’individu aux antigènes étrangers.

Le CUPT est une étape cruciale avant la transfusion. Il vise à prévenir les incompatibilités ABO. Ce contrôle vise spécifiquement à détecter les incompatibilités dans le système ABO, car elles représentent le risque le plus immédiat et grave pour le patient. Le CUPT ne protège pas des anticorps irréguliers, dont le respect repose sur la prise en compte des tests pré-transfusionnels.

Le système ABO représente donc la barrière immunologique principale et permanente en matière de transfusion sanguine. Les autres groupes sanguins et leurs anticorps irréguliers sont des considérations secondaires, mais non moins importantes, pour assurer la compatibilité et la sécurité des transfusions.

Infographie - Tableau des compatibilités transfusionnelles selon le Système ABO et Rhésus

Dans le cadre d’une incompatibilité ABO, voici ce qu’il se passe dans le sang :

Infographie - Les conséquences d'une incompatibilité ABO lors d'une transfusion sanguine

Les deux étapes du contrôle ultime pré-transfusionnel (CUPT)

Le contrôle ultime pré-transfusionnel (CUPT) est structuré en deux étapes distinctes : la vérification de la concordance et le test de compatibilité.

Le CUPT doit respecter :

  1. Unité de lieu : toujours en présence du patient.
  2. Unité de temps : contrôle simultané de l’identification du receveur et du PSL à transfuser.
  3. Unité d’action : réalisation de l’ensemble des contrôles par la même personne.
  4. Le contrôle est renouvelé pour chaque nouveau CGR transfusé au rythme de leur pose.

1) Le contrôle ultime de concordance

Cette première étape de la procédure de transfusion sanguine assure la sécurité du patient. Elle vise à garantir une compatibilité entre le patient et le produit sanguin labile (PSL) à transfuser. Cette étape, si elle est correctement réalisée, prévient la majorité des transfusions incompatibles, et réduit considérablement le risque de réactions graves.

La vérification détaillée comprend plusieurs éléments : 5

  • Vérification de l’identité du patient : cette étape nécessite une attention particulière. Il est demandé au patient, dans la mesure du possible, de décliner son identité par une question ouverte : « Pouvez-vous m’épeler votre nom de naissance et nom d’usage, prénom, et me donner votre date de naissance, sexe ? ». Dans les cas où l’identification directe est impossible, la procédure mise en place dans l’établissement de santé ou de transfusion sanguine doit permettre de relier les documents au patient, même en cas d’identité incomplète, approximative ou de demande d’anonymat.
  • Concordance de l’identité sur les documents : il faut vérifier l’identité du patient sur plusieurs documents, tels que la prescription médicale de PSL, la fiche de délivrance, les documents de phénotypage érythrocytaire ABO-RH-KEL1, le résultat de RAI, et, si présente, l’étiquette complémentaire de compatibilité des CGR.
  • Compatibilité du phénotype érythrocytaire : Il est nécessaire de vérifier la concordance du phénotype érythrocytaire du PSL indiqué sur son étiquette avec celui figurant sur la fiche de délivrance, et de s’assurer de sa compatibilité avec le phénotypage érythrocytaire du patient mentionné dans les résultats d’analyse.
  • Vérification des données d’identification du PSL : cette vérification concerne les informations sur l’étiquette (numéro d’identification à 11 chiffres) et la fiche de délivrance du PSL, incluant le type de PSL, le numéro d’identification, le phénotypage, les qualifications et les transformations.
  • Contrôle de la date de péremption et du délai réglementaire : il est impératif de vérifier la date de péremption du PSL et de s’assurer que le délai réglementaire de 6 heures depuis sa réception dans le service de soins est respecté.
  • Conformité aux protocoles transfusionnels spécifiques du patient : enfin, il faut s’assurer que les protocoles transfusionnels spécifiques au patient sont conformes et correctement appliqués.

Cette étape de vérification est d’une importance capitale. Dans de nombreux pays, cette étape constitue l’unique mesure de contrôle avant la transfusion, et malgré cela, le taux de complications graves reste bas. Cela souligne son efficacité et son importance dans la prévention des erreurs de transfusion.

2) Le contrôle ultime de compatibilité

La deuxième étape est le test de compatibilité. Il concerne les concentrés de globules rouges (CGR) aussi appelés concentrés érythrocytaires.

La carte CUPT, utilisée dans le processus de transfusion sanguine, est systématiquement organisée en quatre zones : 4 

  • Identification du patient : pour enregistrer les informations du patient.
  • Identification de la poche de sang : détails spécifiques de la poche de sang pour assurer la correspondance avec le patient.
  • Les zones de test : divisées pour le sang du patient et le sang du culot globulaire, pour évaluer la compatibilité.
  • Traçabilité : documentation des étapes de transfusion pour la sécurité et la conformité.

Les plus utilisées en France sont : ABTest Card®, la carte SERAFOL® et la SAFETY CARD AB®

Infographie - Les 3 cartes de contrôle ultime pré-transfusionnel (CUPT) les plus utilisées en France

Cet outil visuel aide l’infirmier(e) à identifier rapidement la compatibilité du sang du donneur avec celui du patient receveur. Le test s’effectue en plusieurs temps : les échantillons sont préparés et les réactifs sont ajoutés, puis les résultats, qui déterminent l’issue de la transfusion, sont lus (il s’agit de l’interprétation). L’interprétation dépend de la carte que vous utiliserez.

Connaître et comprendre les règles de compatibilité ABO et les autres groupes sanguins d’intérêt transfusionnel sont essentiels pour prévenir les réactions transfusionnelles qui peuvent être fatales. Si vous souhaitez approfondir les notions sur les groupes sanguins d’intérêt transfusionnel, nous avons rédigé un article sur les prérequis en immuno-hématologie pour une transfusion effectuée en toute sécurité. 

L’ABTestCard®, la Safety Card AB® et la carte Serafol ABO® sont les outils majeurs utilisés pour ce test. L’IDE devra s’adapter à la carte CUPT en vigueur dans son établissement. Nous allons détailler ici les spécificités et l’utilisation de ces trois cartes. 1.3.5.6.7.8.9

Le test pré-transfusionnel avec l’ABTest Card®

Infographie - Contrôle ultime pré-transfusionnel (CUPT) _ l’ABTestCard®

1) Vérifications préalables

  • Commencer par contrôler l’intégrité et la péremption de votre kit de test pré-transfusionnel. 
  • Noter l’identité du patient ou coller les étiquettes dont vous disposez pour le patient 
  • Coller les étiquettes décollables de la poche qui indique le numéro du CGR à transfuser à l’endroit renseigné. (Ne surtout pas retranscrire manuellement l’identification du CGR.)

2) Test 8

  • Utiliser le flacon fourni pour hydrater les zones Anti-A et Anti-B (cette étape active les réactifs). La couleur des zones doit devenir intégralement verte. Si des teintes bleues ou jaunes persistent, ajouter une deuxième goutte de la solution.
  • Utiliser le pique-doigt fourni pour obtenir une goutte d’environ 3 mm de sang du patient. Le contact direct du doigt du patient avec les zones Anti-A et Anti-B est sans risque de contamination croisée.
  • Homogénéiser soigneusement la tubulure du CGR avant le prélèvement. Si la zone réactive s’assèche, ajouter une seconde goutte de solution fournie. Une homogénéisation incorrecte peut compliquer l’interprétation des résultats. Déposer une goutte de sang de la tubulure sur chaque zone réactive avec le pique tubulure. Éviter l’excès de sang.
  • Attendre l’absorption complète du sang dans chaque zone réactive avant le lavage. La révélation des zones réactives consiste à un lavage de celles-ci : remplir totalement chaque puits avec la solution du kit et attendre l’absorption complète du liquide.
  • S’il persiste des résidus de sang, un deuxième lavage est autorisé lorsqu’il est réalisé immédiatement après le premier lavage.
  • Confirmer la procédure en cochant la case appropriée sur le kit

3) Interprétation des résultats

  • Observer les changements de couleur pour déterminer la compatibilité.
    • Zone rouge/rose homogène : indique un résultat positif.
    • Zone verte à blanche : suggère un résultat négatif.
  • Une réaction positive avec le CGR et négative avec le patient indique une incompatibilité et interdit la transfusion. Cocher la case appropriée pour indiquer si la transfusion peut se poursuivre ou non.
  • Pour assurer la traçabilité, détacher et coller l’étiquette du dispositif dans le dossier transfusionnel du patient.
Infographie - Interprétation des résultats du contrôle ultime pré-transfusionnel avec l’ABTestCard®

4) Conclusion : “Je transfuse ou je ne transfuse pas.”

  • Noter soigneusement le résultat du test de compatibilité ABO sur l’étiquette fournie, en suivant précisément les indications. S’assurer de remplir tous les renseignements demandés.
  • Comparer les résultats obtenus avec la carte de groupe sanguin du patient et les derniers résultats de laboratoire. Cette étape est cruciale pour confirmer la compatibilité sanguine.
  • Voici les trois situations possibles :
    • 1. Compatible isogroupe : le sang du patient et du CGR sont du même groupe sanguin, indiquant une compatibilité directe.
    • 2. Compatible non isogroupe : le sang du patient et du CGR sont de groupes sanguins différents, mais compatibles selon les règles de transfusion. 
    • 3. Incompatible : une incompatibilité est détectée entre le sang du patient et le CGR. Dans ce cas, il est impératif d’arrêter immédiatement le processus.
  • En cas de doute ou de résultat incompatible, arrêter le processus de transfusion et demander une validation médicale. Si nécessaire, contacter l’Établissement Français du Sang (EFS) pour confirmation.
  • Conserver la carte de test pendant au moins quatre heures après le test. Cela permettra de la comparer avec des analyses supplémentaires si nécessaire.

Le test pré-transfusionnel avec la Safety Card AB®

Infographie - Contrôle ultime pré-transfusionnel (CUPT) _ la SAFETY CARD AB®

1) Vérification du matériel

  • Commencer par contrôler l’intégrité et la péremption de votre kit de test pré-transfusionnel. 
  • Noter l’identité du patient ou coller les étiquettes dont vous disposez pour le patient 
  • Coller les étiquettes décollables de la poche qui indique le numéro du CGR à transfuser à l’endroit renseigné. (Ne surtout pas retranscrire manuellement l’identification du CGR.)

2) Test7

  • Hydrater les réactifs avec une goutte de sérum physiologique (NaCl 0,9 %), en évitant tout contact entre le berlingot et le réactif.
  • Homogénéiser la tubulure du CGR avant utilisation. Percer la tubulure et déposer une goutte de sang à l’emplacement correspondant, au-dessus des ronds où se feront les tests.
  • Utiliser le pique-doigt pour prélever et déposer une grosse goutte de sang du patient à l’emplacement indiqué, au-dessus des ronds où se feront les tests.
  • Mélanger le sang avec les réactifs à l’aide d’une spatule. Utiliser une spatule différente pour chaque réactif.
  • Faire chalouper la carte pendant 30 secondes avec un mouvement circulaire lent pour homogénéiser le mélange.

3) Interprétation des résultats

  • Observer les zones réactives pour détecter l’agglutination.
  • Si la zone réactive est rose/rouge de manière homogène, la réaction est négative.
  • Si la zone réactive comporte des amas d’hématies apparaissant comme des points ou des masses rouges sur un fond plus clair, voire blanc, ce sont des agglutinats et la réaction est positive.
Infographie - Interprétation des résultats du contrôle ultime pré-transfusionnel avec la Safety Card AB®

4) Conclusion : “Je transfuse ou je ne transfuse pas.”

  • Noter soigneusement le résultat du test de compatibilité ABO en suivant les indications précisément. S’assurer de remplir tous les renseignements demandés.
  • Comparer les résultats obtenus avec la carte de groupe sanguin du patient et les derniers résultats de laboratoire. Cette étape est cruciale pour confirmer la compatibilité sanguine.
  • Voici les trois situations possibles :
    • 1. Compatible isogroupe : le sang du patient et du CGR sont du même groupe sanguin, indiquant une compatibilité directe.
    • 2. Compatible non isogroupe : le sang du patient et du CGR sont de groupes sanguins différents, mais compatibles selon les règles de transfusion. 
    • 3. Incompatible : une incompatibilité est détectée entre le sang du patient et le CGR. Dans ce cas, il est impératif d’arrêter immédiatement le processus.
  • En cas de doute ou de résultat incompatible, arrêter le processus de transfusion et demander une validation médicale. Si nécessaire, contacter l’Établissement Français du Sang (EFS) pour confirmation.
  • Conserver la carte de test pendant au moins quatre heures après le test. Cela permettra de la comparer avec des analyses supplémentaires si nécessaire.

Le test pré-transfusionnel avec la Carte SERAFOL®

Infographie - Contrôle ultime pré-transfusionnel (CUPT) _ la carte SERAFOL®

Pour l’utilisation de la carte SERAFOL®, il est important de noter que le test s’effectue à l’horizontale en ligne, et non verticalement comme cela est le cas pour d’autres tests.

1) Vérification du matériel

  • Avant d’entamer le processus, vérifier la péremption de la carte SERAFOL® sur l’emballage.
  • Lire attentivement la notice d’utilisation située au dos de l’emballage.
  • Ouvrir la carte en déchirant le bas de l’emballage à l’endroit de l’encoche prévue à cet effet. Une fois sortie, placer la carte sur une surface plane à proximité du patient.
  • Le kit doit comprendre : la carte SERAFOL®, une pipette de transfert, un perce-tubulure, un pique-doigt, une dosette d’eau physiologique à 0,9 %, et quatre agitateurs.9

2) Test9

  • Remplir la partie traçabilité, indiquer l’identité du patient (nom, prénom, date de naissance), le numéro du CGR, le nom du médecin prescripteur ainsi que les informations demandées sur l’opérateur. Vous pouvez utiliser une étiquette patient.
  • Recueillir le sang du receveur. Désinfecter le doigt du patient et utiliser le pique-doigt pour prélever une goutte de sang. Prendre la goutte à l’aide de la pipette de transfert et la déposer dans le carré rouge destiné au receveur sur la carte.
  • Recueillir le sang de la poche. Homogénéiser la tubulure du CGR, la percer, et déposer une goutte de sang dans le carré bleu destiné à la poche sur la carte.
  • Ajouter une goutte d’eau physiologique dans chaque champ réactionnel. 
  • Mélanger le sang avec les réactifs à l’aide d’une spatule. Prendre soin de ne pas contaminer les puits et utiliser quatre agitateurs différents pour les quatre champs réactionnels. 

3) Interprétation des résultats

  • Après avoir homogénéisé la carte par rotation et basculement délicats pendant environ 30 secondes, observer les zones réactives pour détecter l’agglutination.
  • Noter la présence ou l’absence d’agglutination sur la partie basse de la carte, en utilisant un « + » pour une agglutination et un « – » pour une absence d’agglutination.
Infographie - Interprétation des résultats du contrôle ultime pré-transfusionnel avec la carte SERAFOL®

4) Conclusion : “Je transfuse ou je ne transfuse pas”

  • En fonction des résultats observés, décider de la possibilité de transfuser le CGR au patient, conformément aux règles de compatibilité du système ABO.
  • En cas de doute ou de résultat incompatible, arrêter immédiatement le processus et demander une validation médicale.
  • 2 heures après la transfusion, détacher la partie des réactions, la jeter dans la poubelle DASRI, et conserver la partie traçabilité du contrôle ultime dans le dossier transfusionnel du patient.

Rôle de l’infirmier(e) et test de compatibilité

Lors du contrôle ultime pré-transfusionnel, l’infirmier(e) joue un rôle central dans le processus de transfusion sanguine, pour la réaliser, mais aussi comme dernier contrôleur de la sécurité transfusionnelle. 

Voici les différentes responsabilités concernant le contrôle pré-transfusionnel : 3.7

  • Vérification de l’identité et du groupe sanguin : avant toute transfusion, l’infirmier(e) doit s’assurer que le sang transfusé est bien celui destiné au patient en question, en vérifiant les étiquettes et les documents accompagnant le sang. Cela comprend la concordance entre le groupe sanguin du patient et celui du don.
  • Utilisation correcte des dispositifs de test : les infirmier(e)s doivent maîtriser l’utilisation des dispositifs de tests pré-transfusionnels, et s’assurer que toutes les étapes du protocole sont rigoureusement suivies.
  • Interprétation des résultats : après la réalisation du test, il est de la responsabilité de l’infirmier(e) d’interpréter les résultats avant de procéder à la transfusion.
  • En situation de transfusions urgentes : pour chaque poche de sang transfusée, un test pré-transfusionnel doit être effectué, en veillant à ce que l’échantillon testé corresponde bien à la poche à transfuser.
  • Gestion des dispositifs médicaux : les lancettes et aiguilles utilisées doivent être éliminées de façon sécuritaire dans un conteneur réservé aux objets piquants ou tranchants.

Le CUPT : un élément clé de la sécurité transfusionnelle

Le contrôle ultime pré-transfusionnel (CUPT) est un maillon essentiel de la chaîne de sécurité transfusionnelle, au rôle déterminant dans la prévention des réactions d’incompatibilité transfusionnelles.

En tant qu’infirmier(e)s, votre rôle est fondamental pour la garantie de la sécurité du patient tout au long du processus de transfusion. La maîtrise des différentes étapes du CUPT et la compréhension des interactions immuno-hématologiques entre donneur et receveur sont les gages d’une transfusion sécuritaire. En vous appuyant sur les connaissances que vous avez acquises et en pratiquant régulièrement, vous contribuerez efficacement à la réduction des risques associés aux transfusions sanguines.

Nous espérons que ce guide vous aura aidé(e) à mieux comprendre ce sujet et à vous sentir plus à l’aise avec le processus du CUPT. Si vous souhaitez davantage d’informations sur l’acte transfusionnel, nous avons rédigé un Guide infirmier : la transfusion.

Remerciements :

Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude au Docteur Jean-Yves PY, secrétaire général de la Société Francophone de Transfusion Sanguine (SFTS), pour sa relecture attentive de cet article et sa précieuse contribution.

Chez Réussis ton IFSI, nous nous engageons à proposer des contenus d’une fiabilité inégalée. En complément de l’expertise interne de notre équipe habituelle, nous valorisons l’apport de professionnels extérieurs qualifiés qui enrichissent nos articles de perspectives nouvelles et essentielles.

Sources

  1. Conférence Nationale des Coordonnateurs Régionaux d’Hémovigilance et de sécurité transfusionnelle (CNCRH) « Contrôle pré transfusionnel ultime » 17/10/2006
  2. Direction des affaires juridiques – Assistance Publique – Hôpitaux de Paris « Circulaire DGS/DHOS/AFSSAPS n° 2003-582 du 15 décembre 2003 relative à la réalisation de l’acte transfusionnel » 15/12/2003
  3. Hôpitaux universitaires de Genève « Contrôle pré-transfusionnel au lit du patient safety card AB » 02/2016
  4. Fasquel, Claire « La transfusion sanguine pour l’infirmier »  aux éditions Vuibert – paru le 10/09/2019
  5. Ministère des solidarités et de la santé  « Instruction n° DGS/PP4/DGOS/PF2/2021/230 du 16 novembre 2021 relative à la réalisation de l’acte transfusionnel » 16/11/2021
  6. Conférence Nationale des Coordonnateurs Régionaux d’Hémovigilance et de sécurité transfusionnelle (CNCRH) « Contrôle ultime pré-transfusionnel Travail interrégional Alsace – Franche-Comté » 16/12/2008
  7. Diagast « Sécurité transfusionnelle Safety Test ABO Produits et protocoles » consulté le 05/01/2024
  8. Diagast « Sécurité transfusionnelle ABTest Card produits et protocoles » consulté le 05/01/2024
  9. Bio-Rad Laboratories « Carte SERAFOL® – Informations concernant l‘utilisation pour le personnel spécialisé