La formation en soins infirmiers change en profondeur à la rentrée 2026. Le nouveau référentiel, fixé par l’arrêté du 20 février 2026, remplace celui de 2009 pour répondre aux besoins actuels du système de santé et des populations : prévention, coordination des parcours de soin, raisonnement clinique, santé mentale, santé de l’enfant.

Le cursus s’organise désormais autour de cinq domaines et de treize compétences. Le volume horaire atteint 4 620 heures, dont 66 semaines de stage. La psychiatrie et la santé de l’enfant deviennent des terrains de stage obligatoires. Le diplôme d’État, délivré par l’université, confère le grade de licence. La prescription infirmière entre dans la formation dès la troisième année.1

Ce guide présente chaque changement et son calendrier de mise en œuvre. Il s’adresse aussi bien aux futur(e)s candidat(e)s qui préparent leur entrée en institut de formation en soins infirmiers (IFSI) qu’aux étudiant(e)s déjà en parcours de formation, ainsi qu’aux infirmier(e)s qui encadreront les prochaines promotions en stage.

La réforme 2026 de la formation infirmière en bref

Le référentiel de la nouvelle formation remplace celui de 2009 dès la rentrée de septembre 2026. Fixé par l’arrêté du 20 février 2026, il s’inscrit dans la continuité de la loi du 27 juin 2025 sur l’évolution de la profession infirmière.1

Les principaux changements à retenir

Référentiel 20092Référentiel 20261
Compétences10 compétences13 compétences réparties en 5 domaines
Volume horaire4 200 h4 620 h
Formation clinique (stages et simulation)2 100 h (60 semaines)2 310 h (66 semaines)
Stages psychiatrie et santé de l’enfantPas de durée minimale imposée par disciplineObligatoires (5 semaines min. chacun)
Délivrance du diplôme d’ÉtatPréfet de région (via la DREETS)Université accréditée
Prescription infirmièreLimitée à des périmètres spécifiques (vaccination)Élargie : prescriptions initiales, renouvellements, adaptations de traitement
Personnalisation du parcoursPas de cadre formalisé dédiéCadre de consolidation (38 ECTS) adossé au projet professionnel, dès le semestre 4

Le calendrier de mise en œuvre

Le nouveau référentiel entre en vigueur à la rentrée de septembre 2026 pour tous les étudiant(e)s qui débutent leur première année de formation. Les étudiant(e)s déjà en cursus restent sous le régime de l’arrêté de 2009.3

Les dispositions transitoires, les dates spécifiques pour l’outre-mer et les cas particuliers (redoublement, césure, conventions IFSI-universités) sont détaillés dans la section suivante.

Qui est concerné par la réforme de la formation infirmière 

La réforme ne s’applique pas à tous/toutes les étudiant(e)s en soins infirmiers en même temps. La date d’entrée en première année détermine le référentiel applicable et les conditions d’obtention du diplôme.

Les deux référentiels coexisteront dans les IFSI pendant deux ans, jusqu’à la sortie de la dernière promotion formée sous l’arrêté de 2009.

Étudiant(e)s en cursus avant septembre 2026

Les étudiant(e)s déjà engagé(e)s dans le cursus avant la rentrée 2026 poursuivent leur parcours de formation sous le régime de l’arrêté du 31 juillet 2009.1

La réforme des études ne modifie ni leurs enseignements, ni l’organisation de leurs stages, ni les modalités de validation de leur diplôme d’État. Qu’ils soient en deuxième ou en troisième année de formation lors la mise en œuvre du nouveau texte, rien ne change pour eux et elles.3

Étudiant(e)s entrant en formation à la rentrée 2026

Les étudiant(e)s qui débutent leur première année en septembre 2026 relèvent intégralement du nouveau référentiel. Leur formation s’organise autour de cinq domaines de compétences et de nouvelles exigences en matière de pratique professionnelle et de stages.1

Le diplôme d’État leur sera délivré par l’université accréditée, et non plus par le préfet de région via la Direction régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS). L’accès à la formation initiale se fait toujours via Parcoursup.1

Pour les candidat(e)s en formation professionnelle continue, les épreuves de sélection (entretien et épreuve écrite) sont adaptées au nouveau cadre.1 

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Remarque : 1

Le calendrier est identique pour la métropole et l’outre-mer, à une exception : en Nouvelle-Calédonie, l’entrée en vigueur est fixée au 1er janvier 2027.

Situations particulières : redoublement, césure ou reprise d’études

Les étudiant(e)s ayant commencé sous le référentiel de 2009, mais en situation de redoublement, de césure ou de reprise d’études après septembre 2026 ne restent pas automatiquement sous l’ancien régime. L’instance compétente de l’institut examine chaque dossier et détermine les conditions d’intégration (ou pas) dans le nouveau cursus.1

Dans le nouveau référentiel, le passage en année supérieure nécessite 51 crédits sur 60, et l’étudiant(e) qui redouble conserve les crédits acquis. La césure ne compte pas dans la limite des six inscriptions autorisées. Pour que l’étudiant(e) conserve le bénéfice des notes obtenues, l’interruption de formation ne peut excéder trois ans.1

Remarque :

Jusqu’au 1er septembre 2028, la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles assure la transition entre les deux régimes.

Les modalités d’équivalence entre les ECTS de l’ancien et du nouveau référentiel ne sont pas encore définies.

Le nouveau référentiel de compétences infirmières

Le référentiel de 2026 restructure la formation autour de cinq domaines et de treize compétences. Cette nouvelle architecture remplace les dix compétences du référentiel de 2009 pour mieux répondre aux évolutions et aux besoins de santé actuels : raisonnement clinique, prévention, coordination des soins, recherche en sciences infirmières et usage du numérique en santé.

Domaines et compétences de la formation infirmière présentant les 5 domaines et les 13 compétences du référentiel.

Le détail des compétences par domaine 

Les intitulés ci-dessous sont une synthèse des compétences définies dans l’annexe I de l’arrêté du 20 février 2026. Les formulations officielles complètes sont consultables dans le texte de l’arrêté.1

Domaine A : sciences infirmières et raisonnement clinique

Ce domaine couvre les savoirs fondamentaux de la prise de décision clinique infirmière.

  • C1 : Élaborer le diagnostic infirmier pour une personne ou un groupe de personnes afin d’identifier les interventions adaptées à mettre en œuvre.

  • C2 : Définir les interventions à mener dans le respect de la déontologie et de l’éthique professionnelle, et dans le cadre d’une co-construction, afin de répondre aux problématiques identifiées.

Domaine B : pratiques cliniques infirmières, qualité et gestion des risques

Ce domaine porte sur la réalisation des soins et la sécurité du patient, et va de la prévention à la prise en charge palliative.

  • C3 : Réaliser des soins à visée de dépistage, préventive, diagnostique, thérapeutique et palliative pour une personne ou un groupe de personnes.

  • C4 : Prescrire des produits de santé et des examens complémentaires.

La réforme du métier élargit le champ des actes accessibles à l’infirmier(e), comme la certification de décès sous conditions. Les nouveaux actes et prescriptions issus de la réforme infirmière 2026 sont détaillés dans notre synthèse des arrêtés du 26 juin 2026.

Domaine C : prévention et promotion de la santé

Ce domaine intègre la santé publique, l’éducation thérapeutique et les enjeux environnementaux dans la pratique professionnelle.

  • C5 : Concevoir et conduire une démarche de promotion et d’éducation à la santé à l’échelle communautaire et populationnelle.

  • C6 : Concevoir et co-construire une démarche d’éducation thérapeutique, de prévention et de repérage pour une personne.

  • C7 : Concevoir et conduire des projets d’éco-soins et des actions liées au développement durable et aux enjeux environnementaux.

Domaine D : communication, travail en équipe et leadership

Ce domaine couvre la collaboration au sein d’une équipe pluriprofessionnelle, l’encadrement des pairs et l’organisation des activités de soins.

  • C8 : Gérer ou organiser une structure d’exercice individuel ou collectif en optimisant les ressources.

  • C9 : Organiser les activités de soins en utilisant les outils numériques au sein d’une équipe pluriprofessionnelle.

  • C10 : Accompagner les pairs, les apprenants et les autres professionnels dans le développement de leurs compétences.

Domaine E : démarche scientifique, initiation à la recherche et méthodologie

Ce domaine vise l’utilisation de données probantes et l’amélioration continue de la pratique infirmière.

  • C11 : Mettre en œuvre le processus d’amélioration continue des soins et de sa pratique professionnelle.

  • C12 : Analyser des données scientifiques et professionnelles pour optimiser sa pratique et son expertise.

  • C13 : Formaliser des documents professionnels dans le cadre d’une démarche scientifique d’amélioration continue.

Une acquisition progressive sur trois ans

L’acquisition des compétences se fait sur l’ensemble du parcours de formation, de la première à la troisième année. L’étudiant(e) progresse de situations de soins simples vers des environnements complexes ou soins en phase aiguë.1

Le référentiel distingue trois types de compétences : 1

  • Les compétences spécifiques : propres à la discipline infirmière et à sa pratique professionnelle.

  • Génériques : communes à plusieurs filières paramédicales (connaissances, savoir-faire et attitudes partagées dans le domaine de la santé).

  • Psychosociales : capacités cognitives, émotionnelles et sociales qui favorisent l’autonomie et les interactions constructives.

Chaque compétence est validée par la réussite aux unités d’enseignement et par l’acquisition des éléments évalués en enseignement clinique (stage sur le terrain). 

Quatre actes font l’objet d’une évaluation normative obligatoire en troisième année : la consultation infirmière avec prescription, l’injection dans un dispositif d’accès veineux central, la pose de transfusion sanguine et la prescription avec calculs de doses. 1

Volume de formation, stages et rémunération

Parcours de formation infirmière en IFSI présentant les trois années d'études, les ECTS et les stages.

Le nouveau référentiel porte le volume horaire total de la formation à 4 620 heures, contre 4 200 dans le référentiel de 2009. La durée du cursus reste de trois ans (six semestres, 180 ECTS), mais la répartition entre enseignements, stages et travail en autonomie évolue.1.2

Répartition du volume horaire et des ECTS

La formation se décompose en trois blocs horaires : 1

  • 1 890 heures d’enseignement et d’encadrement pédagogique (cours, travaux dirigés, travaux pratiques).

  • 2 310 heures d’enseignement clinique (stages en milieu professionnel).

  • 420 heures de travail d’appropriation des connaissances en autonomie, soit 70 heures par semestre.

Le travail personnel complémentaire est estimé à 780 heures au maximum. La charge de travail globale de l’étudiant(e) se situe donc entre 4 620 et 5 400 heures sur l’ensemble du parcours de formation.1

Le cursus se structure autour de deux cadres : 1

Le cadre national (142 ECTS) constitue le socle commun de la formation, identique dans tous les IFSI : 86 ECTS d’enseignements théoriques et pratiques, 56 ECTS de stages. 

Le cadre de consolidation (38 ECTS), introduit à partir du semestre 4, permet à l’étudiant(e) de personnaliser son parcours en fonction de son projet professionnel : 25 ECTS d’enseignements, 3 ECTS d’unités libres et 10 ECTS de stages.

Chaque groupement propose au moins deux thématiques liées à des secteurs prioritaires ou en tension : soins critiques, psychiatrie, pédiatrie, soins palliatifs et fin de vie.

Le dispositif est présenté dès le début de la formation. Le choix repose sur une démarche active et motivée de l’étudiant(e), engagée au plus tard en début de semestre 3.

Stages : typologies et nouvelles obligations

La formation en milieu professionnel passe de 2 100 à 2 310 heures, soit 66 semaines réparties sur les trois années : 12 semaines en première année, 26 en deuxième année et 28 en troisième année. La durée hebdomadaire est fixée à 35 heures, dont 5 heures d’appropriation personnelle.1

Le parcours de stage doit couvrir quatre typologies avec une durée minimale de cinq semaines pour chacune : 1

  • Soins en phase aiguë (altération physique ou psychique).
  • Soins en phase stabilisée (altération physique ou psychique).
  • Soins de premier recours.
  • Accompagnement de la vulnérabilité, de la dépendance et de l’exclusion.

Deux stages disciplinaires deviennent obligatoires : au moins cinq semaines en psychiatrie (de préférence auprès d’adultes, éventuellement auprès d’enfants ou d’adolescents) et cinq semaines en santé de l’enfant (pédiatrie, PMI, santé scolaire). 

Une page dédiée regroupe nos guides de préparation classés par terrain de stage.

Le passage en année supérieure requiert la validation de 51 crédits sur 60. L’entrée en troisième année nécessite la validation des semestres 1 et 2.

Remarque : 1

En première année, les stages sont encadrés par des critères spécifiques : durée de 7 h par jour, sans travail de nuit ni le week-end.La présence en stage est obligatoire, avec un minimum de 80 % du temps prévu pour valider chaque période. La simulation en santé peut se substituer à une partie du temps de stage, dans la limite de 10 % du volume total (soit six semaines).

Indemnités de stage et frais de transport 

L’indemnité de stage est calculée sur une base de 35 heures hebdomadaires. Elle est fixée à 36 € par semaine en première année, 46 € en deuxième année et 60 € en troisième année. Ces montants sont identiques à ceux prévus par l’arrêté de 2009. Les étudiant(e)s rémunéré(e)s par leur employeur ne peuvent pas bénéficier de cette indemnité.1.2

Les frais de transport entre le site du stage et l’institut de formation (ou le domicile, s’il est plus proche) sont pris en charge lorsque le stage se déroule hors de la commune de l’IFSI. Le remboursement s’effectue sur justificatif, sur la base d’un trajet aller-retour quotidien.

L’universitarisation du diplôme d’État infirmier

La réforme ancre plus profondément la formation infirmière dans l’enseignement supérieur. Avec la réforme du diplôme, le cursus pédagogique et la gouvernance des instituts évoluent.

Les dispositions ci-dessous sont issues de l’arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d’État d’infirmier (articles 3, 27, 51 et 58).1

Délivrance du diplôme et grade de licence

Le diplôme d’État d’infirmier est désormais délivré par l’université accréditée, et non plus par le Préfet de région (via la DREETS). Il est enregistré au niveau 6 du cadre national des certifications professionnelles et confère le grade de licence, qui ouvre l’accès aux formations de niveau master.

L’obtention du diplôme est conditionnée par la validation de l’ensemble des compétences et la détention de l’AFGSU de niveau 2.

Le groupement IFSI-université-région

Chaque institut de formation intègre un groupement qui réunit une université accréditée  disposant d’une composante santé, les IFSI du territoire et le conseil régional. Une convention définit les responsabilités, les ressources partagées et le dispositif d’aide à la réussite étudiante. Elle doit être établie au plus tard le 1er septembre 2028.

Place de la recherche et des enseignants-chercheurs

La coordination des enseignements est placée sous la responsabilité d’au moins un enseignant-chercheur en sciences infirmières, désigné par le président de l’université. Le jury du diplôme d’État est présidé par un enseignant-chercheur.

Le cursus intègre des unités d’enseignement libres (3 ECTS) choisies dans l’offre de l’université partenaire. Le domaine E du référentiel structure l’initiation à la recherche sur les trois années de formation.

Impact de la réforme sur le métier d’infirmier(e) 

Le nouveau référentiel ne modifie pas seulement les études : il transforme l’exercice de la profession. Les compétences acquises en formation préparent l’infirmier aux nouvelles missions qu’il pourra assumer sur le terrain dès l’obtention de son diplôme.

Avant (référentiel 2009)Après (référentiel 2026)
Consultation infirmièreNon structurée dans le référentielStructurée : entretien, examen clinique, conseils, prescription
PrescriptionAbsente du champ infirmier généralistePrescriptions initiales, renouvellements, adaptations de traitement
Supervision des actes déléguésNon formalisée dans la formationEnseignée : supervision et évaluation des actes et soins délégués
Prévention et santé publiqueEnseignée (UE santé publique, UE soins éducatifs et préventifs, service sanitaire)Domaine C dédié : ETP, santé communautaire, éco-soins
Numérique en santéIntroduit progressivement (socle commun en cours de déploiement depuis 2022, obligatoire à partir de 2024)4UE dédiée : télésanté, IA, cybersécurité
Données probantesInitiation limitéeStructurée sur 3 ans : Evidence-Based Nursing, démarche scientifique
Leadership Non formaliséDomaine D : coordination, encadrement, travail en équipe

Les évolutions décrites ci-dessous découlent des compétences et des missions élargies, définies par l’arrêté du 20 février 2026 et la loi du 27 juin 2025.1.5

Autonomie et prescription infirmières

Le référentiel forme l’étudiant(e) afin qu’il/elle mène des consultations infirmières structurées :

  • Entretien et recueil de données.
  • Examen clinique : inspection, palpation, percussion, auscultation.
  • Délivrance de conseils et prescriptions.
  • Orientation vers un(e) autre professionnel(le) de santé, le cas échéant.

L’activité 4 de l’annexe I couvre les prescriptions initiales, les renouvellements à l’identique et les adaptations de traitement selon des critères précis. Cette évolution marque un changement majeur dans l’autonomie de l’infirmier(e) au sein du système de santé.

Les arrêtés du 26 juin 2026 détaillent le périmètre exact de ces prescriptions et les nouveaux actes accessibles à l’infirmier(e) dès l’obtention du diplôme.

Coordination, encadrement et nouvelles responsabilités

La formation intègre trois dimensions dans l’exercice quotidien du métier :

  • La supervision et l’évaluation des actes et soins délégués.

  • La coordination au sein d’équipes pluriprofessionnelles et la prise en charge coordonnée des parcours de soins.

  • Le développement d’un leadership au service de la qualité et de la sécurité du patient.

L’infirmier(e) diplômé(e) du nouveau référentiel est formé(e) afin de pouvoir organiser les activités de soins et d’accompagner les pairs et les apprenant(e)s dans le développement de leurs compétences.

Prévention, numérique et données probantes

Trois axes permettent de renforcer la place de l’infirmier(e) parmi les professionnel(le)s de santé : 

La prévention et la promotion de la santé occupent un domaine entier du référentiel, avec l’éducation thérapeutique et les éco-soins.

Le numérique en santé fait l’objet d’une unité d’enseignement dédiée couvrant la télésanté (téléconsultation, télésoin, téléexpertise), l’intelligence artificielle appliquée au raisonnement clinique et la cybersécurité.

L’utilisation de données probantes (Evidence-Based Nursing) et la démarche scientifique structurent l’évolution des pratiques de soins sur les trois années de formation.

Ce que les étudiant(e)s peuvent en attendre

Le grade de licence ouvre l’accès aux formations master, puis doctorat. Le cadre de consolidation permet, dès le semestre 4, d’orienter son choix vers un domaine d’exercice : soins critiques, santé mentale, pédiatrie, premier recours.

Cette reconnaissance universitaire renforce l’attractivité de la profession et accompagne la transformation du métier d’infirmier(e).

Bien préparer la réforme dans votre parcours IFSI 

Le nouveau référentiel structure la formation autour de sept principes pédagogiques : participation active, analyse réflexive, interprofessionnalité, évolution des savoirs, personnalisation du parcours, accompagnement de la réussite et du bien-être étudiant.

Chaque étudiant(e) bénéficie d’un suivi pédagogique personnalisé, de séances de remédiation en petits groupes en cas de difficulté, d’évaluations formatives régulières et de dispositifs de tutorat et de mentorat.

Choisir sa thématique de consolidation. 

Le cadre de consolidation impose un choix actif de l’étudiant(e), engagé au plus tard en début de semestre 3. Soins critiques, psychiatrie, pédiatrie, soins palliatifs et fin de vie : chaque groupement propose au moins deux thématiques liées à des secteurs prioritaires ou en tension. Ce choix oriente principalement les stages et les UE libres à partir du semestre 4. Y réfléchir avant même l’entrée en formation permet de mieux exploiter les deux premières années.

Comprendre l’Evidence-Based Nursing

Le terme revient dans tout le domaine E du référentiel. Il désigne la capacité à fonder ses décisions cliniques sur des données de recherche validées plutôt que sur la tradition et/ou l’habitude. Concrètement, cela change la façon d’aborder les unités d’enseignement : recherche documentaire, lecture critique d’articles, utilisation de données probantes pour justifier une pratique de soin.

Se préparer à la simulation

La simulation en santé peut remplacer jusqu’à 10 % du volume clinique, soit six semaines. Être évalué(e) en simulation ne mobilise pas les mêmes compétences qu’un stage sur le terrain : le cadre est standardisé et la préparation diffère. Quatre actes font d’ailleurs l’objet d’une évaluation normative obligatoire en troisième année : consultation infirmière avec prescription, injection dans un dispositif d’accès veineux central, pose de transfusion sanguine et prescription avec calculs de doses.

Témoignages de formateurs et formatrices en IFSI

Nous avons recueilli le témoignage de plusieurs formatrices/formateurs en IFSI sur ce que ces changements impliquent concrètement pour les étudiant(e)s qui entreront en formation dès la rentrée 2026.

« Nous favorisons le développement de compétences par la simulation et la pratique » 

Ce nouveau programme est une évolution nécessaire au regard des nouvelles compétences attendues. Le programme de 2009 a été beaucoup décrié, parfois à tort, mais je pense qu’il a initié beaucoup d’évolutions favorables. 

Par celui de 2026, nous favorisons le développement de compétences par le biais de la simulation, de la pratique et même par le fait que certains IFSI ouvriront le champ des lieux de stage, parfois trop restreint. 

L’avantage aussi est que si l’organisation est régionale, les ESOI pourront naviguer sur un autre IFSI pour travailler sur des cours optionnels qui répondront plus à leurs propres attentes et à leur projet. 

Isabelle Bataille – formatrice en IFSI  

« En seize ans, le métier infirmier a profondément évolué »

Seize ans séparent le référentiel de 2009 de celui de 2026. En seize ans, le métier infirmier a profondément évolué : les responsabilités se sont élargies, les contextes d’exercice se sont diversifiés et la complexité des parcours de soins s’est accrue. Une mise à jour du référentiel de formation n’était plus une option.

Ce qui me frappe dans ce nouveau texte, c’est la place faite au leadership en santé et à l’Evidence-Based Nursing. L’infirmier s’est affranchi depuis longtemps d’une subordination stricte à la hiérarchie médicale, mais affirmer un rôle central dans les organisations de soins, à l’hôpital comme en ville, suppose une formation qui en pose explicitement les bases. C’est ce que fait ce référentiel.

En ce sens, la prescription infirmière et la consultation structurée ne sont pas des gadgets : elles traduisent des réalités de terrain que la formation rattrapait avec retard.

Flavien ALBARRAS – ancien formateur en IFSI, directeur adjoint d’instituts de formation en santé

Questions fréquentes sur la réforme de la formation infirmière 

La réforme s’applique-t-elle aux étudiant(e)s ayant commencé en 2024 ou 2025 ?

Non. Les étudiant(e)s ayant débuté leur formation avant septembre 2026 poursuivent et terminent leur cursus sous le régime de l’arrêté du 31 juillet 2009.

Le concours d’entrée en IFSI change-t-il avec la réforme ?

L’accès par Parcoursup pour la formation initiale est maintenu. Pour les candidat(e)s en formation professionnelle continue, les épreuves de sélection sont adaptées au nouveau cadre : un entretien et une épreuve écrite comprenant une sous-épreuve rédactionnelle et une sous-épreuve de calculs simples.

La durée des études passe-t-elle à quatre ans ?

Non. La formation reste organisée sur trois ans et six semestres. Le volume horaire augmente (4 620 h contre 4 200 h), mais la durée du cursus est inchangée.

Les UE disparaissent-elles avec la réforme IFSI 2026 ?

Non. Les unités d’enseignement ne disparaissent pas avec la réforme IFSI 2026. Elles restent utilisées pour organiser les enseignements, les évaluations et l’attribution des crédits ECTS.

La nouveauté principale concerne l’organisation du diplôme : la formation est désormais structurée autour de cinq domaines de compétences. Les UE sont donc à comprendre comme des enseignements rattachés à ces domaines, et non comme des éléments séparés des compétences infirmières.

Peut-on choisir ses stages avec le nouveau référentiel ?

Le cursus de stage est construit par l’institut de formation. L’étudiant(e) ne choisit pas librement ses affectations, mais le cadre de consolidation à partir du semestre 4 permet d’orienter les stages vers un domaine d’exercice en lien avec son projet professionnel.

Que se passe-t-il si je redouble après septembre 2026 sous l’ancien référentiel ?

La situation est étudiée individuellement par l’instance compétente de l’institut, qui détermine les critères d’intégration dans le nouveau cursus. Jusqu’au 1er septembre 2028, c’est la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles qui assure cette transition.

Les conditions d’accès en IFSI changent-elles avec la réforme ?

Non. Il faut toujours avoir 17 ans minimum et être titulaire du baccalauréat ou d’une équivalence. L’accès en formation initiale reste organisé via Parcoursup. La nouveauté : les candidat(e)s sans baccalauréat peuvent désormais solliciter une validation des acquis personnels et professionnels (VAPP) auprès de l’université.

Conclusion

La réforme s’appliquera à partir de septembre 2026. Elle remplace le référentiel de 2009 par un cadre organisé autour de cinq domaines, treize compétences et 4 620 heures de formation.

Les stages en psychiatrie et en santé de l’enfant deviennent obligatoires. Le diplôme d’État sera délivré par l’université, et la prescription infirmière entre dans le cursus.

Les étudiant(e)s qui intégreront un IFSI à la rentrée 2026 suivront ce nouveau référentiel. Ceux et celles déjà engagé(e)s dans la formation resteront sous le régime de 2009 jusqu’à la fin de leurs études.

Remerciements

Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à Isabelle BATAILLE (cadre de santé et formatrice en IFSI), Flavien ALBARRAS, (ancien formateur en IFSI, directeur adjoint d’un institut de formation en santé) pour leur témoignage.

Nous remercions également Jonas HAURET-CLOS (infirmier spécialisé en SMR respiratoire et polyvalent), Aude PALLIER (formatrice et référente en santé), Marielle LABORDE (formatrice en santé) et Badia JABRANE (cadre de santé) pour leur relecture et leur contribution à la qualité pédagogique de ces contenus. 

Chez Réussis ton IFSI, nous nous engageons à proposer des contenus d’une fiabilité inégalée. En complément de l’expertise de notre équipe habituelle, nous valorisons l’apport de professionnel(le)s extérieur(e)s qualifié(e)s qui enrichit nos articles de perspectives nouvelles.

Sources

  1. Légifrance (2026). Arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d’État d’infirmier
  2. Légifrance (2009). Arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d’État d’infirmier
  3. Légifrance (2026). Décret n° 2026-130 du 20 février 2026 relatif aux modalités de délivrance du diplôme d’État d’infirmier
  4. G.NIUS (2021). Réglementation des formations initiales
  5. Légifrance (2025). Loi n° 2025-581 du 27 juin 2025 sur la profession d’infirmier