La chirurgie digestive, également connue sous le nom de chirurgie viscérale, est une branche spécialisée de la chirurgie qui s’intéresse aux affections de l’abdomen et du pelvis. Elle couvre un large éventail de domaines, tels que la chirurgie colorectale, la chirurgie biliaire, la chirurgie des hernies et des éventrations et la chirurgie d’urgence abdominale. Certains actes, comme les cures de hernies par voie coelioscopique ou les cholécystectomies, sont même réalisés en ambulatoire.

La complexité et la diversité des interventions en chirurgie digestive en font un domaine diversifié en apprentissages pour les étudiants infirmiers. Que ce soit la prise en charge de pathologies lourdes comme le cancer de l’appareil digestif ou des interventions plus courantes comme l’ablation de la vésicule biliaire, le stage en chirurgie digestive offre une expérience unique et enrichissante.

Dans cet article, nous aborderons tout ce que vous devez savoir avant de débuter un stage en chirurgie digestive, des pathologies rencontrées jusqu’aux compétences à valider.

Infographie - stage infirmier en chirurgie digestive

Typologie du lieu de stage et particularités du service de chirurgie digestive

Le stage en chirurgie digestive s’inscrit dans la typologie des soins de courte durée (SCD), avec une durée moyenne de séjour des patients de 5 jours.1.2 Le service de chirurgie digestive fonctionne en continu, les infirmier(e)s en chirurgie digestive travaillent en quarts de 7 heures 302.3 ou de 12 heures4.5, avec une organisation en horaires de jour et de nuit, ainsi que pendant les week-ends et jours fériés.

L’admission des patients est programmée dans 90% des cas5, les autres admissions peuvent se faire via les urgences ou par transfert d’un autre établissement.2.5

Quant à la charge de travail, il n’existe aucune réglementation légale fixant un nombre minimal ou maximal de patients par infirmier(e) en chirurgie digestive.6 Néanmoins, dans la pratique, chaque infirmier(e) se voit généralement attribuer une charge de travail de l’ordre de 10 à 15 patients.3.4.5

En ce qui concerne le type de patients, le service de chirurgie digestive adulte accueille des patients âgés d’au moins 15 ans et 3 mois, sans limite d’âge supérieur. Après une chirurgie lourde, certains patients peuvent être transférés vers un service de rééducation, tandis que d’autres peuvent être jugés aptes à poursuivre leur convalescence à domicile.

Lexique en chirurgie digestive

Chaque service médical a son propre jargon, composé d’une variété d’acronymes et de termes techniques spécifiques à la spécialité. 

Par exemple, lors de votre stage en chirurgie digestive, vous entendrez :

  • ADK : adénocarcinome 
  • AG : anesthésie générale
  • ALR : anesthésie locorégionale
  • ASP : radiographie de l’abdomen sans préparation
  • ATB : antibiotique
  • ATCD : antécédent
  • BHRe : bactérie hautement résistante émergente 
  • BMR : bactérie multi-résistante 
  • BU : bandelette urinaire
  • BYC : bouillon yaourt compote
  • Coelio : coelioscopie
  • CPRE : cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique
  • CRP : protéine C-réactive 
  • EBD  : eau bouillon dessert
  • EBT : eau bouillon tisane 
  • ECBU : examen cytobactériologique des urines
  • ED : épargne digestive 
  • GPR : gastrostomie percutanée radiologique
  • GPE : gastrostomie percutanée endoscopique
  • Hb : hémoglobine
  • INR : international normalized ratio
  • KSC : kyste sacro-coccygien
  • KSP : kyste sinus pilonidal 
  • Laparo : laparotomie
  • Méta : métastase
  • Mid : Midline  
  • OH : éthylisme
  • PCA : patient-controlled analgesia (analgésie contrôlée par le patient)
  • PEC : prise en charge
  • Picc : PICC Line 
  • PST : pansement
  • RAD : retour à domicile
  • SC : sous-cutané
  • SMR : soins médicaux et de réadaptation
  • SNG : sonde naso-gastrique
  • SR : sans résidu
  • SRS: sans résidu strict
  • SSPI : salle de surveillance post-interventionnelle 
  • TDM : tomodensitométrie (scanner) 
  • TR : toucher rectal
  • USC : unité de surveillance continue

Cette liste d’acronymes n’est pas exhaustive et vous aurez l’opportunité de vous familiariser avec elle pendant le stage. Si vous rencontrez des difficultés pour comprendre certains termes, n’hésitez pas à demander des explications aux professionnels de santé qui vous encadrent. 

Pathologies rencontrées et facteurs de risque en chirurgie digestive

Pathologies rencontrées en chirurgie digestive

Les infirmier(e)s en chirurgie viscérale prennent en charge une variété de patients présentant diverses pathologies. 2.3.4.7.8

Pathologies inflammatoires du tube digestif :

  • Colite
  • Diverticulose
  • Maladie de Crohn
  • Rectocolite hémorragique
  • Reflux gastro-œsophagien et hernie hiatale
  • Sigmoïdite
  • Iléite

Pathologies pariétales :

  • Éventration
  • Hernie crurale
  • Hernie de la ligne blanche
  • Hernie inguinale
  • Hernie ombilicale

Pathologies oncologiques :

  • Cancer de l’estomac
  • Cancer de l’oesophage
  • Cancer du canal anal
  • Cancer du côlon
  • Cancer du rectum
  • Carcinome hépatocellulaire

Pathologies hépato-biliaires :

  • Cholécystite / angiocholite
  • Lithiase biliaire

Pathologies proctologiques :

  • Abcès de la marge anale
  • Fissure anale 
  • Fistule anale
  • Hémorroïdes
  • Prolapsus rectal

Pathologies d’urgence :

  • Appendicite
  • Infarctus mésentérique
  • Péritonite
  • Syndrome occlusif
  • Traumatismes abdominaux
Infographie - Les différents types de hernies

Facteurs de risques des pathologies rencontrées en chirurgie digestive

Les pathologies digestives présentent divers facteurs de risques. 2.9

Facteurs liés au mode de vie :

  • Alimentation inadaptée
  • Consommation d’alcool
  • Manque d’activité physique
  • Stress
  • Tabagisme

Facteurs physiologiques :

  • Grossesse
  • Obésité

Facteurs médicaux :

  • Antécédents chirurgicaux
  • Exposition aux rayonnements ionisants
  • Infections, comme l’infection à Helicobacter pylori

Facteurs génétiques :

  • Antécédents familiaux
  • Présence de certains gènes

Facteurs environnementaux :

  • Agents infectieux
  • Exposition à des substances toxiques ou cancérigènes

Facteurs démographiques :

  • Âge avancé

Il est essentiel que vous soyez informé(e) des facteurs de risque et des pathologies associées, afin de dispenser des conseils de qualité aux patients. Vous pourrez, par exemple, leur donner des recommandations pour l’alimentation à poursuivre en cas de récidive de sigmoïdite par exemple. Il est important de prévenir les patients des diverses complications qui suivent une chirurgie afin qu’ils observent les signes une fois rentrés à domicile afin de savoir quand consulter.

Spécificités de la chirurgie digestive

Dans le cadre de la chirurgie digestive, les patients se présentent à l’hôpital pour subir une intervention chirurgicale. Au cœur de ce processus, les soins infirmiers occupent une place essentielle et se structurent essentiellement autour de deux phases cruciales : le préopératoire et le post-opératoire. En plus de ces éléments, nous examinerons les différentes interventions chirurgicales digestives pour fournir une vue d’ensemble exhaustive de ce domaine complexe.

Le préopératoire

La phase préopératoire est la période qui s’étend depuis la décision d’opérer jusqu’à l’intervention elle-même.

En premier lieu, la période préopératoire comprend les consultations avec le chirurgien et l’anesthésiste, qui sont obligatoires au moins 48 heures avant l’opération (sauf urgence). Durant ces consultations, le patient est informé des détails de l’intervention et son consentement éclairé est recueilli en conformité avec le Code de la santé publique.10

  • Un bilan préopératoire complet est réalisé, comprenant divers examens tels que le bilan biologique, radiologique, échocardiographie, un ECG, entre autres.
  • Des préparations spécifiques sont nécessaires avant l’opération. Elles peuvent inclure une douche antiseptique, une dépilation selon le protocole du chirurgien et une période de jeûne.
  • Des check-lists très détaillées sont utilisées par le personnel infirmier pour s’assurer que le patient est prêt pour le bloc opératoire. Ces listes de contrôle couvrent une gamme de questions, allant de la vérification de la douche préopératoire à la confirmation de l’absence de vernis à ongles.

Il existe deux types d’admissions pour la chirurgie : urgente, comme pour l’appendicite, et programmée, comme pour une chirurgie oncologique. Chacune a ses propres protocoles et préparations.

Il convient de noter que, dans certains cas, la chirurgie peut être évitée ou reportée. Ainsi, en présence d’une cholécystite, il est souvent recommandé d’opérer « à froid », c’est-à-dire après la maîtrise du syndrome inflammatoire associé. Dans de telles situations, l’intervention est repoussée. Le patient pourra alors être opéré 1 à 2 mois plus tard, soit en chirurgie ambulatoire, soit en chirurgie conventionnelle, selon l’avis de l’anesthésiste.

Le post-opératoire

La phase post-opératoire commence immédiatement après l’intervention et se poursuit jusqu’à ce que le patient retrouve son équilibre biologique et physiologique.

La surveillance initiale du patient s’effectue en salle de réveil, avant son transfert en service de chirurgie digestive.

Complications et surveillances post-opératoires :

La période post-opératoire s’étend jusqu’à ce que le patient retrouve son autonomie. L’un des principaux rôles de l’infirmier(e) pendant la période post-opératoire est de le surveiller afin d’identifier rapidement tout signe de complication suite à l’intervention. Les risques liés à la chirurgie digestive et à l’anesthésie peuvent varier considérablement, comprenant notamment :

  • Risque d’hypertension artérielle 
  • Risque de nausées/vomissements 
  • Risque de maux de gorge liés à l’intubation 
  • Risque de troubles de la vigilance, de la mémoire et de la concentration 
  • Risque de traumatismes dentaires liés à l’intubation
  • Risque hémorragique 
  • Risque de déstabilisation des maladies chroniques (diabète, maladie cardiaque, maladie pulmonaire, vasculaire…)
  • Risque de douleur 
  • Risque de thrombose veineuse 
  • Risque d’asthénie
  • Risque de complication de décubitus dorsal
  • Risque de complication psychologique liée à l’hospitalisation ou à la chirurgie
  • Il est crucial de surveiller attentivement les signes de saignement, de douleur.
  • Certaines complications, comme l’iléus paralytique en chirurgie viscérale, peuvent ne se manifester que 24 à 48 heures après la procédure.
  • D’autres, comme les infections, peuvent survenir plusieurs jours, semaines, voire années après une intervention (par exemple, les infections liées aux prothèses dans le cadre de hernies ombilicales). 

Système de drainage :

Pour soutenir le processus de guérison, surveiller le risque hémorragique et/ou infectieux, différents systèmes de drainage sont utilisés après l’opération. La quantité et la qualité de l’exsudat sont des indicateurs cruciaux de la cicatrisation et du succès de l’opération.

Il existe différents systèmes de drainage : 

  • Drain de Cook
  • Drain de Pedinielli
  • Drain de Kehr
  • Drain d’Escat
  • Drain de Blake
  • Redon
  • Monovac, le Drainobag
  • Drain Jackson-Pratt
  • Lame multitubulaire (ou lame de Delbet, Penrose) 
  • Sac de Mikulicz

Régimes spécifiques : 

La surveillance de la reprise du transit est essentielle pour les infirmier(e)s en chirurgie digestive, nécessitant une adaptation de l’alimentation. Des régimes alimentaires spécifiques, prescrits par le chirurgien ou basés sur un protocole, sont mis en place avant ou après une intervention pour réduire la charge de travail sur le système digestif et éviter les complications. Parmi ces régimes, l’EBD (Eau Bouillon Dessert) et l’EBT (Eau Bouillon Tisane) permettent une réintroduction graduelle des aliments après une opération. Bien que temporaires, il est crucial de les respecter. Une fois la période prescrite écoulée, les patients reprennent progressivement une alimentation normale.

Les différentes chirurgies digestives

La chirurgie digestive englobe une large variété d’interventions chirurgicales visant à traiter des affections du tube digestif. 3.4

Il existe deux méthodes opératoires

  • Cœlioscopie : introduction d’un tube optique via une incision ombilicale, permettant une visualisation sur moniteur. L’insufflation de CO2 crée un espace opératoire. Des trocarts facilitent l’introduction d’instruments chirurgicaux.
  • Laparotomie : chirurgie via une incision abdominale.

Les deux procédures présentent des particularités intrinsèques, à peser en fonction de la pathologie et de l’état général du patient.

Voici une liste non exhaustive de certaines interventions couramment pratiquées en chirurgie digestive :

Estomac :

  • Bypass gastrique (chirurgie bariatrique)
  • Gastrectomie (partielle ou totale)
  • Gastrostomie (création d’une ouverture stomiale pour la nutrition)
  • Sleeve

Intestin grêle :

  • Anastomose intestinale
  • Entérectomie (résection d’une partie de l’intestin grêle)
  • Iléostomie (création d’une ouverture stomiale)

Côlon et rectum :

  • Chirurgie pour la maladie diverticulaire
  • Colectomie (partielle, totale, hémicolectomie droite ou gauche)
  • Colostomie (création d’une ouverture stomiale)
  • Rectopexie (pour rectum prolapsé)
  • Rectosigmoïdectomie

Appendice :

  • Appendicectomie (ablation de l’appendice, souvent par laparoscopie)

Hernies :

  • Cure de hernies (inguinale, fémorale, ombilicale, incisionnelle)

Hépato-biliaire :

  • Hépatectomie (résection partielle ou totale du foie)
  • Chirurgie des métastases hépatiques
  • Drainage d’abcès hépatique
  • Cholécystectomie (ablation de la vésicule biliaire, souvent par laparoscopie)
  • Anastomose bilio-digestive

Pancréas :

  • Pancréatectomie (partielle ou totale, incluant la procédure de Whipple)
  • Drainage d’abcès pancréatique
  • Chirurgie pour pseudo-kystes 

Autres :

  • Chirurgie des tumeurs du système digestif
  • Chirurgie pour la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique
  • Chirurgies pour obstructions ou perforations intestinales
  • Résection d’endométriose digestive (chez les femmes)

Cette liste est loin d’être exhaustive, car le domaine de la chirurgie digestive est vaste et en constante évolution.

Infographie - La cœlioscopie

Actes et soins infirmiers effectués en chirurgie digestive

Au cours de votre journée de travail, vous serez amené(e) à effectuer de nombreux actes et soins, parmi lesquels on peut citer : 2.3.4.5

  • Ablation de sutures (fils ou agrafes). 
  • Administration et surveillance des traitements par voies IV, SC ou PO.
  • Éducation thérapeutique sur la gestion des stomies et règles hygiéno-diététiques.
  • Évaluation de la douleur (avec différentes échelles EN, EVA, Algoplus, Doloplus suivant le patient).
  • Gestion des priorités, planification des soins et gestion de situations d’urgence…
  • Mesure des paramètres vitaux (tension artérielle, pouls, température, saturation, poids, taille, transit).
  • Organisation de la sortie du patient (retour à domicile avec aides ou transfert inter-hospitalier).
  • Pose de bas et de bandes de contentions veineuses et artérielles. 
  • Pose et surveillance de cathéter intraveineux, aiguille de Huber et sous-cutanée.
  • Pose et surveillance de sondes naso-gastriques.
  • Pose et surveillance d’une sonde urinaire.
  • Préparation du patient au bloc opératoire (soins d’hygiène, dépilation, fiche de liaison bloc-service, gestion du dossier administratif, explications, réassurance…)
  • Préparation du patient pour les examens (scanner, ASP, échographie, IRM, coloscopie, fibroscopie…).
  • Réalisation de l’entrée du patient (gestion administrative du dossier, entretien d’accueil, visite de la chambre…).
  • Réalisation de pansements simples (plaies, stomies) et complexes (PICC Line, Midline, pansement de TPN, PICO, CI…).
  • Réalisation de prélèvements sanguins (prise de sang, gaz du sang).
  • Réalisation de tests à la gastrografine (lavement bariatrique).
  • Réalisation de transfusions (CGR, Plaquettes…).
  • Réalisation d’électrocardiogrammes.
  • Soins d’hygiène et de confort (effleurage, changement de position).
  • Surveillance, soins et ablation des systèmes de drainage (redons, lames, mèches).
  • Surveillance de l’alimentation, administration de l’alimentation entérale et parentérale… 
  • Surveillance de l’élimination : reprise du transit et reprise mictionnelle. 
  • Surveillances pré et post-opératoire.

Vous trouverez, dans l’unité d’enseignement 4.4 de Réussis ton IFSI, des renseignements approfondis sur la méthode de chacun de ces soins.

Infographie - La colostomie

Les traitements en chirurgie digestive

La pharmacologie en chirurgie digestive comprend une grande variété de médicaments tels que : 

  • Les anesthésiques généraux et locaux. 
  • Les antalgiques palier I, palier II et palier III/ antispasmodiques.
  • Les antiarythmiques et antiangoreux. 
  • Les antiasthmatiques.
  • Les antibiotiques, les antiviraux, les antifongiques et les antirétroviraux.
  • Les anticoagulants (héparines, antivitamines K, nouveaux anticoagulants oraux…).
  • Les antidépresseurs. 
  • Les antidiabétiques.
  • Les antihypertenseurs.
  • Les anti-inflammatoires (stéroïdiens et non stéroïdiens).
  • Les antiulcéreux, les antidiarrhéiques et les laxatifs.
  • Les anxiolytiques et les hypnotiques. 
  • Les hypolipémiants.
  • Les neuroleptiques et normothymiques. 

Dans un service de chirurgie digestive, assurer une prise en charge adéquate de la douleur durant les phases pré et post-opératoires est essentiel pour le bien-être et la récupération du patient.

De plus, la gestion judicieuse des antibiotiques est cruciale, particulièrement lors du traitement de pathologies chirurgicales telles que la sigmoïdite ou la cholécystite.

Toutes ces classes thérapeutiques sont traitées dans l’unité d’enseignement 2.11 sur la plateforme Réussis ton IFSI.

Connaissances spécifiques en chirurgie digestive

L’exercice infirmier en chirurgie digestive nécessite la maîtrise de certains prérequis : 2.3

  • Anatomie et physiologie : il est fondamental de maîtriser l’anatomie et la physiologie de l’appareil digestif. Cette connaissance permet non seulement de comprendre la nature des interventions, mais aussi d’expliquer au patient les soins qui lui sont prodigués et la raison des régimes alimentaires spécifiques qui pourraient lui être prescrits.
  • Les différentes chirurgies : la connaissance des différentes chirurgies et surveillances infirmières en lien.
  • Les différents traitements : les traitements, en raison de leurs effets secondaires potentiels, doivent être bien connus. L’étudiant(e) doit pouvoir surveiller les patients pour détecter rapidement tout effet indésirable et intervenir en conséquence.
  • Les paramètres biologiques : la surveillance des paramètres biologiques spécifiques aux pathologies digestives, tels que la CRP, les leucocytes, l’hémoglobine et le bilan hépatique, est essentielle. Ces indicateurs peuvent signaler des complications ou des évolutions nécessitant l’intervention des chirurgiens ou des anesthésistes.
  • Les protocoles d’alimentation : l’étudiant(e) doit prendre connaissance des protocoles d’alimentation liés aux différentes pathologies digestives et être capable de surveiller et d’ajuster ces protocoles selon les besoins du patient.
  • Les types de drainage : l’étudiant(e) doit être familiarisé(e) avec les différents types de drainages rencontrés en chirurgie digestive, car leur gestion est un aspect courant des soins infirmiers dans ce domaine.
Infographie - Anatomie du système digestif

Objectifs de stage en chirurgie digestive

En stage de chirurgie digestive, vous pourrez acquérir et valider différentes compétences, en fonction de votre niveau et de vos objectifs comme : 2.3.4

  • Administrer des médicaments par différentes voies (IV, SC, PO), tout en surveillant les effets attendus et effets secondaires potentiels.
  • Analyser le niveau de connaissance du patient concernant sa pathologie et initier une éducation thérapeutique appropriée.
  • Assurer un accueil complet du patient, incluant le recueil de données, la gestion administrative, la prise de paramètres vitaux et d’autres démarches.
  • Avoir une connaissance solide de l’anatomie de l’appareil digestif.
  • Comprendre, maîtriser et mettre en œuvre les protocoles de soins spécifiques du service de chirurgie digestive.
  • Connaître en détail les différentes interventions chirurgicales et pathologies prévalentes en chirurgie digestive.
  • Connaître et être capable de réaliser un test à la gastrografine.
  • Connaître les différents risques post-opératoires inhérents à la chirurgie digestive et être capable de les prévenir. 
  • Établir une relation de confiance avec le patient et sa famille, adaptée au contexte et aux besoins de chacun.
  • Être capable d’élaborer un plan de soins personnalisé pour chaque patient, en anticipant ses besoins et ses priorités.
  • Être capable de concevoir et de réaliser une démarche de soins adaptée à chaque patient.
  • Évaluer systématiquement la douleur du patient en utilisant les échelles à disposition et en anticipant ses besoins en analgésie.
  • Maîtriser divers soins techniques, comme la réalisation de pansements (simples, complexes et stériles), la mise en place et la surveillance de dispositifs médicaux, l’ablation de fils et d’agrafes, et le suivi d’une pose de pansement par pression négative.
  • Maîtriser les calculs de dose pour administrer les médicaments de manière sûre et efficace.
  • Maîtriser les différentes étapes et techniques de la préparation préopératoire d’un patient.
  • Participer activement aux transmissions orales et rédiger des transmissions écrites claires et pertinentes.
  • Participer à des interventions chirurgicales pour comprendre le déroulement et les enjeux et collaborer avec l’infirmière stomathérapeute.
  • Réaliser une éducation thérapeutique sur la gestion et l’entretien d’une stomie.
  • Se familiariser avec les soins associés, comme la pose et la surveillance d’une aspiration gastrique, d’une alimentation parentérale ou entérale et d’une aiguille de Huber.

Le développement de ces compétences permettra à l’étudiant(e) infirmier(e) d’assurer une prise en charge complète et personnalisée du patient en chirurgie digestive.

Professionnels rencontrés en chirurgie digestive

Ceci dépend de l’établissement dans lequel vous serez en stage, mais, en général, vous rencontrerez : 2.5

  • Agents de service hospitaliers (ASH).
  • Aides-soignant(e)s.
  • Ambulancier(e)s.
  • Anesthésistes.
  • Assistant(e)s social(e)s.
  • Brancardier(e)s.
  • Cadre de santé.
  • Chirurgiens digestifs.
  • Diététicien(ne).
  • Infirmier(e)s Diplômé(e)s d’État.
  • Infirmier(e)s entérostoma-thérapeutes (ou IDE stomathérapeute). 
  • Infirmier(e)s responsable d’unité de soins / infirmier(e) coordinateur(trice).
  • Internes/externes.
  • Kinésithérapeute. 
  • L’attaché du « Prado » (Assurance maladie) 
  • Médecins spécialistes : gériatre, cardiologue, pneumologue, infectiologue, psychiatre…
  • Psychologues.
  • Secrétaires. 

Témoignage d’une infirmière en chirurgie digestive

Infographie - Témoignage d'une infirmière en chirurgie digestive

Dans le cadre de notre série « Guides de stage infirmiers », nous tenons à ce que chaque article soit rédigé par un infirmier expérimenté qui exerce dans le lieu de stage concerné. Pour ce guide du stage infirmier en chirurgie digestive, nous avons eu la chance de collaborer avec Sandrine, une infirmière aguerrie exerçant dans ce service.

Dans le cadre de la rédaction de cet article, Sandrine a non seulement contribué par son expertise, mais a généreusement accepté de partager son expérience personnelle en chirurgie digestive, ainsi que ses précieuses recommandations pour les étudiants sur le point de débuter un stage dans ce service : 

Pourquoi as-tu choisi de travailler en chirurgie digestive ?

Suite à trois années d’études ponctuées de divers stages, c’est finalement le dernier qui a résonné en moi. J’ai eu la chance d’intégrer une équipe pluridisciplinaire à la fois dynamique et enthousiaste. Ce stage a été une révélation sur mes compétences et m’a permis d’approfondir mes connaissances sur le système digestif. Mon désir d’apprendre n’a fait que croître et je demeure fascinée par la physiologie du système digestif.

Qu’est-ce qui te plaît le plus en chirurgie digestive ?

La diversité des pathologies et la complexité de leur prise en charge m’ont toujours captivée. Avec l’évolution constante des techniques chirurgicales et la mise à jour régulière des protocoles grâce aux nouvelles découvertes, mon intérêt n’a fait que d’augmenter. La dimension pluridisciplinaire enrichit cette approche. L’éducation thérapeutique, notamment dans le cadre des soins de stomies, est un défi passionnant qui conjugue relation soignant/soigné, expertise technique et transmission de connaissances. De plus, j’apprécie particulièrement les soins techniques. Bien qu’exigeants en temps, ils requièrent une concentration intense et une finesse relationnelle.

Quels conseils donnerais-tu à un(e) étudiant(e) sur le point de commencer un stage en chirurgie digestive ?

Exerçant aujourd’hui dans le même service où j’ai autrefois été stagiaire, je suis convaincue que la maîtrise de la physiopathologie du système digestif est essentielle avant d’entamer ce stage. Une compréhension approfondie de son fonctionnement facilite l’anticipation des complications, la compréhension des traitements et la mise en place des surveillances adéquates. L’adage « Être acteur de son stage », souvent répété à l’IFSI, résonne encore en moi. Il est crucial de saisir chaque opportunité de poser des questions, car cela favorise l’apprentissage et la compréhension. Cette curiosité, je la cultive encore, en m’interrogeant constamment sur ma pratique. Adopter une démarche réflexive, se demander « Pourquoi je fais cela ? Quel est mon objectif ? Comment procéder pour ce soin ? » est essentiel pour l’étudiant(e) comme pour l’infirmier(e) confirmé(e). Il est également vital de consacrer du temps en dehors du service pour renforcer ses connaissances. La pharmacologie, par exemple, est cruciale. Comprendre la catégorie d’un médicament et son mécanisme d’action aide à anticiper ses effets secondaires. Enfin, la motivation et l’enthousiasme d’un(e) étudiant(e) sont, à mon sens, des indicateurs clés de la réussite d’un stage. Ils reflètent un réel engagement, une volonté d’être pleinement impliqué(e) et l’aspiration à devenir un professionnel compétent.

Devenir infirmier(e) en chirurgie digestive

Le stage en chirurgie digestive ou viscérale permet d’améliorer sa dextérité lors de la réalisation de soins techniques et stériles, tout en approfondissant la compréhension du système digestif et de sa complexité. Il met également l’accent sur l’éducation thérapeutique du patient, en particulier dans l’accompagnement de la gestion des stomies. La chirurgie, en laissant des marques tant physiques que psychologiques, bouleverse l’image corporelle du patient. Une intervention urgente, telle que la procédure de « Hartmann », a des répercussions profondes, tant physiques qu’émotionnelles. La différence entre être informé d’une stomie préopératoire et la découvrir sur son propre corps est immense. Accompagner le patient dans l’acceptation de ces changements et dans la prise en charge de ses soins est essentiel, et c’est là que l’expertise de l’équipe pluridisciplinaire en chirurgie prend tout son sens. Pour les infirmier(e)s souhaitant se spécialiser en chirurgie viscérale, il existe des opportunités de formation continue, notamment des Diplômes Universitaires (DU) et des certificats. Par exemple, un certificat clinique en stomathérapie peut mener à une spécialisation en entérostoma-thérapie.11.12 D’autres DU, tels que « plaies et cicatrisation » ou « éducation thérapeutique », offrent la possibilité de devenir expert dans un domaine spécifique, que ce soit au sein de votre service ou de votre établissement.

Sources

  1. Centre Hospitalier Sud Francilien « Chirurgie digestive, oncologique et métabolique » 22/09/2022
  2. Hôpitaux universitaire Paris Nord Val-de-Seine « Livret d’accueil du service de chirurgie digestive » 06/2018
  3. Centre Hospitalier d’Avignon « Livret d’accueil de l’étudiant – chirurgie digestive » 15/12/2014
  4. Centre Hospitalier Louis Giorgi « Livret d’accueil des étudiants infirmiers – service de chirurgie B » consulté le 10/08/2023
  5. Groupe hospitalier Paris Saint Joseph « Livret de présentation – service de chirurgie digestive et de proctologie » 06/04/2012
  6. Senat « Proposition de loi relative à l’instauration d’un nombre minimum de soignants par patient hospitalisé » 25/01/2023
  7. Groupe hospitalier Diaconnesses Croix St Simon « Chirurgie digestive » 03/04/2023 
  8. Hôpitaux Universitaires Est Parisien « Pathologies chirurgicales » 01/2013
  9. Concilio « Maladies digestives : quelles sont-elles ? » 05/05/2018
  10. Legifrance « Artcile L111-4 – Code de la santé publique » 01/10/2020
  11. Association française d’enterostomathérapeute « La stomathérapie »-  consulté le 10/08/2023
  12. Organisation Nationale des infirmière « Infirmier Stomathérapeute » 07/2023